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À la recherche du temps perdu

Publie le 12/06/2017

Alors que les leaders toujours emmenés par Sébastien Simon naviguent au large de Penmarc’h, certains solitaires qui avaient scoré lors de la première étape de La Solitaire URGO Le Figaro sont en ballottage très défavorable ! Leur objectif est clairement de limiter les dégâts à l’arrivée à Concarneau après un passage de la Chaussée de Sein en soirée, puis un parcours raccourci par un tour de Belle-Île au lieu d’aller jusqu’à Yeu.

À l’orée d’une troisième nuit plus taquine que câline, dès lors que notre étoile s’éteindra derrière la grande ligne bleutée pour laisser place aux dards d’une Lune voilée par une résille cotonneuse annonciatrice d’une révolution éolienne, que les gardiens de la mer lanceront nocturnement leurs minces pinceaux lumineux pour guider les tristes marins vouées aux gémonies de Dieux miséreux si ce n’est misérables, hors de ces champs de houle qui oscillent au gré des humeurs poséidonniennes refermant les portes d’airain brumeuses et monotones de la prison des déchus, survint l’innommable doute qui étreint l’esprit du plus juste des justes quand la réponse s’efflore de ces pétales de certitudes comme un cœur de pissenlit bravant les mugissements grondants d’une tempête printanière : Sébastien se fait-il la belle ?

À quel Sein se vouer ?

Car si les dés ne sont pas encore jetés, les cartes ne sont pas en faveur de certaines têtes de série qui avaient réussi à sauver les meubles lors de la première étape entre Bordeaux et Gijón. À l’image d’Alexis Loison (Custo Pol) qui, en choisissant de se décaler le plus à l’Ouest dès la première nuit venue, a pris une « claque » terrible au point d’être en queue de peloton avec une dorsale anticyclonique qui le rattrape ! Pas de chance pour le skipper qui a vu le vent revenir par le centre de la flotte et qui l’a laissé pantois, collé double face sans rien pouvoir faire à moins de cent milles de Gijón… Le Cherbourgeois est sans conteste le plus sanctionné, lui qui avait fini la première manche à la sixième place avec 48’26 de retard sur le vainqueur d’alors, Nicolas Lunven (Generali).

Celui-ci n’est pas à la fête non plus même si son positionnement à la dixième place en cette fin d’après-midi est nettement moins catastrophique, mais il concède à Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) qu’il devançait à Gijón de 27’46, plus de sept milles ce qui correspond actuellement, à plus d’une heure de débours… Seul Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) est à même de limiter les dégâts avec un peu plus de trois milles de retard alors qu’il n’avait que 1’07 de delta sur Sébastien Simon.

Car derrière, les « vieux briscards » de La Solitaire sont en grosse difficulté : Adrien Hardy (Agir Recouvrement) est à plus de dix milles du leader de cette deuxième étape et sa position sous le vent de la flotte ne lui est pas très favorable pour revenir aux avant-postes avant Sein. Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir), cinquième à Gijón avec 11’38 d’écart sur Simon, est noyé dans le ventre mou du peloton à la 29ème place à plus de vingt milles de la tête de flotte ! Tout comme Xavier Macaire (Groupe SNEF) qui navigue à ses côtés…

Et un tour de Belle-Île !

Ainsi parmi les dix premiers en Espagne, ce sont finalement trois jeunes skippers qui tirent leur épingle du jeu : Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS) et Julien Pulvé (Team Vendée Formation) sont au coude à coude sur les traces du leader avec seulement deux milles de débours quand la Suissesse Justine Mettraux (TeamWork) est toujours dans le « Top Ten » aux côtés de Nicolas Lunven qui ferme la marche du groupe de tête. Car non seulement le premier a du gras sur ses poursuivants directs, mais en sus, les dix premiers ont fait le break sur un deuxième groupe sept milles sous le vent et emmené par le bizuth tchèque Milan Kolacek (Czeching The Edge) et Adrien Hardy ! Or ce deuxième sous-ensemble a largement distancé une troisième « bande » qui peine encore à longer la zone de tir interdite à la navigation… et qui progresse à plus de quinze milles du leader.

Or avec une brise qui prend de la gauche en approchant des côtes bretonnes, les leaders creusent encore plus un delta qui va devenir très conséquent vis à vis du peloton. Ainsi Sébastien Simon a pu passer à la bordée les dangers de Penmarc’h tout comme ses poursuivants directs, ce qui ne devrait pas être le cas pour le deuxième groupe et encore moins pour la troisième bande ! À une trentaine de milles de l’Occidentale de Sein en fin d’après-midi, la tête de course est attendue à cette première marque de parcours au coucher du soleil lorsque la brise thermique va laisser place à un flux de Nord-Est lié au passage de la dorsale açorienne. C’est donc un double et long bord de vent de travers qui attend les solitaires après la Chaussée de Sein en direction de Belle-Île, puis de Concarneau, la Direction de Course ayant décidé de réduire le parcours initial prévu jusqu’à l’île d’Yeu, soit une réduction d’environ 100 milles. Le vainqueur est donc attendu devant la Ville Close demain mardi entre 20h00 et 23h00…

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