FRENG

Actualités

Au courage

Publie le 16/06/2017

Le niveau de récupération en question Hier après midi, nos 43 skippers ont repris la mer, sur la troisième étape de la Solitaire Urgo Le Figaro. 36 heures de repos pour les premiers, bien moins pour les autres. C'est une course contre la montre qui s'est déroulée sous nos yeux ébahis sur le village de Concarneau. Réussir à concilier, sommeil, hydratation, alimentation et récupération, était la clé de cette escale.

Un massage, une sieste, et c’est reparti !

La journée de mercredi a été incroyable, chaque skipper voulant optimiser le temps imparti, nos téléphones sonnaient sans cesse pour trouver un créneau disponible sans se déplacer et se retrouver bredouille avec de précieuses minutes perdues.

Nos valeureux concurrents étaient bien fatigués mercredi. Les premiers sont arrivés tôt au cabinet, après cinq heures de sommeil tout au plus. L’adrénaline de la course, de la victoire, ne leur a pas permis de dormir plus. Ceux ci sont retournés à la sieste après un bon massage.

Une étape plus psychologique que physique

Nous sentions un sentiment de fierté chez chacun des skippers. Cette étape était dure, trois nuits en mer, quatre jours. La dernière journée de course permet d’aller au-delà de ce que le marin pensait atteindre, une sorte de métamorphose psychologique repoussant sans cesse les limites. Ce territoire d’exploration est assez mystérieux pour nous les terriens, mais néanmoins attirant. Cette étape précédente, avec finalement peu d’écarts à l’arrivée, a été le théâtre de bouleversements incessants dans une flotte compacte dans laquelle chacun a pu exprimer son potentiel. Ce segment de course marquera les esprits et restera dans les annales de la classique estivale de la course au large.

Nous n’avons pas eu de réels problèmes physiques, qui auraient pu contraindre à un abandon, mais plutôt de la douleur musculaire : l’étape 2 n’était pas très physique, plus psychologique.

Nous sommes trois masseurs kinésithérapeute, dont deux sont aussi ostéopathes, et un médecin pour accueillir nos 43 marins.

Réparer sans modifier la posture

La subtilité thérapeutique de cette étape est de les soigner, de les aider à récupérer, mais pas en trop grande profondeur, au risque de modifier leur posture, leurs appuis, leur corps et de les laisser partir avec un sentiment de déséquilibre. Il s’agit de rester concentré sur l’objectif de repartir peu de temps après, laisser les skippers dans leur dynamique du moment et leur rythme. Il nous faut travailler sur la circulation sanguine profonde, un drainage complet du corps, muscles et viscères, voire cerveau pour certains, pour obtenir une meilleur oxygénation cellulaire, entraînant une meilleure nutrition des tissus, une élasticité et une meilleure réponse musculaire à la sollicitation. Il n’existe pas d’études scientifiques sur le temps nécessaire pour recréer les stocks énergétiques et enzymatiques après une étape de la Solitaire. L’interrogation est totale sur leurs facultés physiques disponibles pour cette étape 3. Trois jours et demi de repos à Gijón ont permis de ne pas trop puiser dans les réserves sur la deuxième étape. La préparation physique d’avant saison prend tout son sens pour ce genre d’exercice. Enchaîner des efforts à haute intensité avec peu de repos. L’hygiène de vie tout au long de l’année (sommeil, alimentation…) aide aussi grandement à la récupération.

Derrière cette étape, ils auront quasiment trois jours plein de récupération avant d’aborder le sprint final. C’est assez confortable et nul doute qu’aucun d’entre eux ne fera de calcul en naviguant sur la réserve pour garder de l’influx à la dernière manche. Ce sera tout à fond, on constatera les dégâts à la fin, une sorte de course par élimination, que le veilleur gagne ! Hier après midi avant le départ, les visages étaient cernés, grimés par les étapes précédentes, le soleil, la fatigue… Nous sentions qu’ils ne sautaient pas de joie de repartir naviguer si précocement, au contraire de Bordeaux où ils piaffaient d’impatience de retrouver leur milieu. Beaucoup sont partis sur l’eau deux heures avant le départ pour se remettre tranquillement dans le bain, s’échauffer, retrouver ses repères, ses réglages, parce que même avec la fatigue, ils sont tous bien conscients que dès le départ donné, le rythme sera à nouveau élevé, sans round d’observation… Nous sommes impatients de les retrouver cet après midi pour continuer notre aventure humaine et sportive.

Aymeric Rabadeux

Tags

No tags were found

Share

Contenus similaires