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De l’addiction à La Solitaire (3)

Publie le 02/06/2017

Pour scorer, il faut persévérer : c’est bien le leitmotiv de Damien Guillou qui entame sa septième participation avec des résultats mitigés mais la volonté avec un nouveau partenaire, de démontrer que La Solitaire URGO Le Figaro ouvre toujours ses portes à la détermination et à la pugnacité. Car le manque de moyens et de temps pour s’entraîner a souvent été inhibiteur de résultat sur cette épreuve qui ne laisse d’opportunité à aucune faute si minime soit-elle.

Pourquoi on revient toujours à La Solitaire ?

« Ça rend addict. Et pour moi, c’est aussi parce que je n’ai pas encore réussi à réaliser le résultat que j’aimerai faire : je suis toujours enfoui dans le milieu de tableau et tant que je n’aurai pas passé le palier pour conclure correctement, je reviendrai. Et puis ça s’apparente à une drogue, La Solitaire : quand tu y as goûté, tu as du mal à t’en passer ! »

Alors il te faut monter dans le « top ten » !
« Oui, mais cette année, j’ai encore tout mis en place en retard, j’ai trouvé un partenaire au dernier moment juste avant La Solitaire. Je n’ai pas eu trop le temps de m’entraîner, de travailler sur les voiles : je n’ai pas eu le temps de faire une préparation dans les règles… Mais j’ai l’expérience aujourd’hui. »

Parce qu’il faut quasiment commencer à rentrer dans le match dès l’hiver ?
« Pour être « propre », il faut être en chantier la première partie de l’hiver et mettre le bateau à l’eau au mois de janvier. À partir de là, on peut se concentrer sur l’optimisation du jeu de voiles et sur la vitesse afin d’être prêt pour les courses d’avant-saison. »

C’est un peu Stakhanoviste !
« Pour être devant, il faut en passer par là : naviguer, et naviguer, et naviguer… Ce n’est pas facile d’être devant et il faut jouer sur les niveaux. Le prix à payer, c’est de travailler. L’expérience aide un peu évidemment, mais aujourd’hui, presque tous les coureurs sont prêts bien avant le coup de canon. Ça se joue au pouillème de vitesse ! »

Il y a désormais un format compressé en trois semaines au lieu d’un mois auparavant : il y a une nouvelle gestion avec en sus cette étape courte en milieu d’épreuve ?
« Chaque édition a un format différent au niveau des quatre étapes et on sait qu’on se dégrade physiquement au fil des jours. Les escales sont plus ou moins longues, mais quoiqu’il se passe, sur l’eau le rythme est toujours à 100%. On démarre avec les batteries pleines et au fur et à mesure qu’on avance on perd en énergie, mais tout le monde est pareil et c’est pourquoi il faut rester à 100% de son potentiel : le niveau ne diminue jamais au fur et à mesure que l’on avance sur les étapes. La Solitaire, c’est toujours à fond ! »

Mais à la fatigue physique est aussi associée une perte de lucidité : comment on gère cela ?
« L’implication sur le bateau est toujours maximale : il n’y a pas vraiment de baisse de rythme et on ne navigue pas plus à la cool parce qu’on est fatigué… C’est de plus en plus dur, mais ça ne change pas parce que ceux qui sont à côté participent à ce maintien du tempo : on va envoyer le spi pour un quart d’heure après deux jours et deux nuits en mer sans presque avoir dormi. Et tout le monde le fait. »

Avec le système AIS qui permet d’identifier un bateau à proximité avec son cap et sa vitesse, la donne a un peu changé ?
« Cela a rendu l’épreuve encore plus comme une course de vitesse pure. Aujourd’hui, il n’y a plus trop de grandes options stratégiques avec des coureurs qui partaient tout seul dans leur coin : la flotte est toujours très groupée. C’est rare de prendre une option tout seul parce que s’il y a une ouverture, tout le monde va se précipiter dessus ! Lors de ma première participation en 2010, il n’y avait pas l’AIS et la nuit, j’étais un peu perdu quand je ne voyais plus les feux de navigation de mes concurrents. »

Cela met encore plus de tension, encore plus de pression de savoir tout de suite comment se comporte la flotte…
« Ah ça oui ! On regarde tout le temps l’écran AIS pour savoir où vont les autres, quelle vitesse ils ont… »

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