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L’air de rien

Publie le 11/06/2017

A quelques dizaines de milles du départ de Gijón, le vent a fait plus que défaut : il est parti en RTT jusqu’à la fin de la nuit ! Et si les fichiers météo offrent désormais plus d’opportunités depuis le lever du jour, la suite de cette remontée du golfe de Gascogne vers la Chaussée de Sein ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille… Il va falloir être au taquet jusqu’à l’arrivée à Concarneau pour cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro !

Rien. Ou presque. Ou si peu, si proche du zéro. Une sorte d’évaporation, d’aspiration, de vide intersidéral, d’occlusion aérienne, d’abréviation éolienne, d’apocope éthérée. Un ventre si mou qu’on pourrait s’y enliser. Un nettoyage au Karcher vélique. Un coup de Bissel sur la moquette atlantique. Pas une miette, pas un cheveu, pas un zest, pas un atome qui virevolte ! Un air de rien… Mais après cette première nuit, au large de Gijón alors que le halo asturien scintillait encore dans le Sud et que la lune quasi pleine illuminait une longue ondulation océane qui faisait battre la chamade à des voiles pendantes, un brin de souffle, un picotement aérien, un zéphyr asthmatique s’invitait au petit matin sous un voile bruineux.

Or ce vent de retour arrivait pile de l’axe du parcours : il fallait donc choisir son camp. La gauche pour ceux qui étaient alors en pointe et emmenés par Pierre Leboucher (Ardian) et Gildas Mahé (Action contre la Faim) ; le centre pour un pack de poursuivants d’où émergeaient Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS), Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) ; la droite pour les retardataires tels Jérémie Beyou (Charal), Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) ou le Britannique Alan Roberts (Seacat Services)…

Maille à partir

Et c’est finalement le centre qui s’en sortait le mieux, à la surprise de plusieurs concurrents qui « déboulaient » à près de sept nœuds quand leurs poursuivants peinaient encore à cinq nœuds… Bref ce vent nouveau provoquait un regroupement général vers le même but avec en pointe, six des dix premiers de la première étape : Alexis Loison (Custo Pol, 6ème à Gijón) était le grand perdant de cette double bascule du vent, relégué à la dernière place à près de 20 milles du leader ! Adrien Hardy (Agir Recouvrement, 2ème en Espagne) qui avait un temps mené la flotte, pointait à la quinzième place avec près de cinq milles de retard quand Xavier Macaire (Groupe SNEF, 7ème à Gijón) glissait à la 34ème position et Yann Éliès (5ème en Espagne) à la 29ème avec huit milles de décalage…

Pour autant, les quarante-trois solitaires ne sont pas sortis de l’auberge : certes le vent s’est installé à une huitaine de nœuds de Nord-Ouest imposant un long bord de près vers Concarneau. Mais le but est plus à l’Ouest, vers la Chaussée de Sein et il y a trois zones interdites à parer lors de ce louvoyage ! Et comme le souffle devrait s’orienter de plus en plus au secteur Nord en mollissant à cause d’une dorsale anticyclonique qui arrive des Açores, il y a encore plein de jeu sur ce terrain poisseux. Car Sébastien Simon qui mène le bal, n’a parcouru qu’une centaine de milles depuis Gijón et il reste 150 milles à avaler avant de tourner à droite vers le phare de Penmarc’h… Et la nuit prochaine ne va pas être simple à négocier dans une faible brise de Nord qui imposera de nombreux virements de bord. L’air de rien, cette deuxième étape pourrait chambouler toutes les prévisions et porter au pinacle un outsider si les favoris s’éliminent au fil des manches !

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