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Les mots des marins avant l’appareillage

Publie le 19/06/2017

Ils sont fin prêts à attaquer l'ultime étape de la 48e édition de La Solitaire URGO Le Figaro. Une étape de tous les dangers rythmée par une météo incertaine et qui devrait livrer de nombreux rebondissements ! Ils nous ont raconté avant de partir....

Nicolas Lunven, Generali, 1er au général

« C’est une étape très compliquée qui s’annonce, notamment le début avec du vent très faible. Du départ jusqu’à la bouée de Portsall, il y aura peu de vent et beaucoup de courant. Ca ne peut pas être pire que ce que les modèles prévoient ! En fait, on ne sait pas… Il va se passer pas mal de rebondissements, j’ai des idées dans la tête, mais il va falloir réactualiser en permanence. Je n’ai pas de stratégie définie, mais des idées clés que j’espère concrétiser. Je vais observer mes adversaires, mais on ne peut pas marquer tout le monde dans ces conditions météo. Il faut faire du bateau à voile et non du jeu d’échec. »

Alexis Loison, Custopol, 13ème, à 2 h 35 du leader.

« J’embarque 15 litres d’eau, ce qui est le maximum autorisé en poids mobile. J’ai fait mes petits calculs et ça passe. Ce n’est pas pour les lyophilisés, c’est uniquement de l’eau à boire, car ça risque d’être long. Je me vois quand arriver à Dieppe ? Avant les autres ! Non sérieusement, l’ETA est très délicate, notamment parce que le début est très aléatoire. Une météo annonce un peu de vent, l’autre pas du tout. Dans 24 heures, on pourrait être pas bien loin d’ici… Entre avant-hier, hier et aujourd’hui, on est passé d’une étape exclusivement au près, un mix près-portant et maintenant du portant dès Wolf Rock ! Bref, on en saura plus demain. Et puis, comme d’habitude, ça va aller un peu plus vite que les routages, alors pourquoi pas être à Dieppe vendredi midi… Finir sur une bonne note, voir excellente, c’est tout ce qui pourrait me consoler. J’avais des objectifs vraiment élevés sur cette Solitaire que je ne suis pas arrivé à remplir. Alors là, je veux faire une « putain » d’étape ! Ca changera nécessairement la donne au général. Je suis à vingt minutes du 7ème. Vue la configuration jusqu’à Dieppe, c’est comme si on partait à égalité. »

Sébastien Simon, Bretagne Crédit Mutuel Performance, 4ème à 1h 04 du leader.

« Je ne sais pas où est l’issue de ce parcours. Le courant va être au dessus de la pile et c’est lui qui risque de créer le vent. Les modèles ne voient pas trop les effets thermiques, c’est très bizarre. Tant que le vent de Sud-Ouest prévu mercredi ne rentre pas, c’est simple, il n’ y a rien. Ca va être dur pour les nerfs, mais en même temps il va y avoir beaucoup de jeu. Alors, je suis prêt à jouer. Je vais prendre ce qu’il y a sur le moment et essayer de faire avancer vite le bateau. J’aborde étape comme si c’était la première. J’ai beaucoup à gagner peu à perdre. J’ai à coeur de faire une belle étape, j’ai besoin de ça et arriver en ne regrettant rien. Il faudra avoir un peu de réussite et savoir la provoquer. Je vais me donner à fond comme si c’était la première étape. Je ne vois pas trop Nicolas craquer, mais ça ne dépendra pas non plus que de lui… »

Gildas Mahé, Action Contre la Faim, 5ème à 1h30

« Il n’y aura pas beaucoup de vent pour partir. Après, normalement, la brise rentrera un peu et on devrait tirer des bord avant d’atteindre Penmarc’h puis l’Occidentale de Sein. Là, ce sera sans vent avec courant contre dans la nuit. Ensuite, on passera dans le Four avec le courant et ça risque de partir fort par devant. Il y aura un flux de Nord-Est en manche et plus on sera Nord, plus on aura le vent tôt. Les écarts seront importants dès la traversée de la Manche. Le long des côtes anglaises ce sera bien compliqué. Il y a aura pas mal de jeu. Et en arrivant sur Dieppe, il y aura un rapprochement de la flotte… Ca va être long !

Erwan Tabarly, Armor Lux, 35ème à 8h 48 du leader

« C’est incertain, on va avoir très peu de vent au début. Donc, il est difficile d’estimer notre vitesse de progression. Une journée ou une journée et demi à l’Occidentale de Sein ? On a du mal à se projeter dans le futur. Donc les phénomènes arrivent différemment et c’est délicat d’établir une stratégie. Il va falloir réactualiser très régulièrement les routages. Le vent va nécessairement passer portant mais est-ce qu’on va mettre du temps à l’avoir, on ne sait pas. Dans ces petits airs, la moindre risée peut doubler la vitesse des bateaux. Donc c’est très piégeux. Quand on est leader, c’est sûr que c’est stressant. Pour ceux qui sont derrière, ce n’est pas très drôle non plus, mais ça ouvre les portes. Pour ceux qui veulent briller, c’est pas mal. C’est mon objectif, arriver en tête à Dieppe si possible »

Tolga Pamir, Freedom Services à Domicile 1j 1h 1 arbre, 38ème au général à 10h52 du leader

« On part avec du petit temps, donc je règle mon gréement en fonction. La météo va changer, elle n’arrête pas de changer d’ailleurs. Il va y avoir des surprises. On passe par tous les types de météo sur cette Solitaire. Je vais essayer de bien naviguer, de me concentrer, j’ai l’impression de recommencer une autre Solitaire. Cette quatrième étape peut tout changer et j’espère qu’elle se fera dans le bon sens pour moi. »

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