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Quelle était la stratégie d’Adrien Hardy ?

Publie le 22/06/2017

On le pressentait depuis 16 h 00. Mais maintenant que les concurrents convergent à 11 nœuds de moyenne vers la cardinale Sud Owers, tout le monde a compris que « l’option » Sud d’Adrien Hardy ne passerait pas. Mais s’agissait-il vraiment d’une option ? Ce positionnement extrême qui pourrait bien mettre le skipper d’Agir Recouvrement en balotage pour le podium n’est-il pas plutôt le fruit d’un concours de circonstances. Petit rappel des faits avant les explications de l’intéressé demain matin sur les pontons de Dieppe.

Acte 1 : Passage de Wolf Rock

3ème au passage du phare, Adrien Hardy est en position de chassé. Avec 12 minutes d’avance sur Generali, il comble virtuellement la moitié de son retard sur Nicolas Lunven au général. Dans un vent d’Ouest, Sud-Ouest, il empanne comme toute la flotte pour faire le bord rapprochant vers l’île de Wight et se faire accompagner en eaux profondes par le gros du courant de flot.

Acte 2 : Simon optionne :

Etonné de voir les concurrents plus lofés que lui, Sébastien Simon (Bretagne Crédit Mutuel
Performance) interroge la direction de course sur une modification de parcours
qui lui aurait échappé. Rassuré, il est le premier à empanner, à 22 h00. Même
dans le vent assez bien établi d’une douzaine de nœuds, il joue la variable
courant et va se protéger à terre du jusant qui va durer près de 6 heures.

Acte 3 : Le verdict du matin :

Au petit matin, le vent a pris un tout petit peu de droite, Sébastien Simon semble enfermé au Nord. Gedimat a pris le commandement avec une trajectoire milieu. Adrien Hardy est décalé de quelques milles au Sud, petite histoire de placement, pas de quoi fouetter un chat.

Acte 4 : Le recalage de Nicolas Lunven :

Très rapide toute la nuit, le skipper de Generali a raccroché les wagons. Il a comblé la moitié de son retard et après avoir talonné Charal, il met dans son viseur Hardy qu’il rejoint en deux empannages parfaitement positionnés dans le vent un peu oscillant. La météo tombe : un front est promis aux concurrents en début d’après-midi avec renforcement du vent et rotation franche à droite (Ouest puis Nord-Ouest). Lunven commente à la VHF « Je ne me suis pas fait de nœuds au cerveau en allant chercher Adrien car c’est au Sud que j’ai envie de me positionner en préparation de la bascule ».

Acte 5 : Le déboulé de Sébastien Simon

A 14 h 00, on commence à voir débouler Sébastien Simon, complètement largué trois heures plus tôt au Nord (comment les concurrents, eux, l’ont vu alors qu’il était hors de portée AIS est une autre histoire, on leur posera la question à Dieppe !). Delta de vitesse de 2,5 nœuds, meilleur angle, moins de courant, le vendéen a tout bon ! Il avale la baie de Weymouth à la vitesse de la pensée. Les tenants de l’option médiane – Chabagny, Loison, Dalin) ne réfléchissent pas longtemps et toute la flotte empanne pour lui barrer la route.

Acte 6 : Adrien persiste et signe

Que s’est-il passé dans la tête d’Adrien quand il a vu Generali empanner ? A 170 milles de l’arrivée avec des bords obligatoires pour finir entre Owers, Antifer et Dieppe, peut-on reprendre 24 minutes à la régulière à un Nicolas Lunven impérial dans toutes les conditions ? Peut-être qu’Adrien n’a pas optionné mais s’est tout simplement dit, par défaut, et en comptant encore sur cette fichue bascule qui n’arrivera jamais, que sa seule chance était de s’isoler en restant tribord amures.

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