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Roue de secours

Publie le 08/06/2017

Au fil des éditions de La Solitaire, les skippers ont compris que l’aspect physique et psychologique prenait de plus en plus d’importance. D’où le développement des Centre de Formation et depuis plus de deux décades, d’un suivi médical et kinésithérapeutique. Ainsi l’équipe AG2R La Mondiale intervient non seulement à terre mais aussi en mer…

Si les premiers skippers des années 70 étaient avant tout des marins, les solitaires du troisième millénaire sont aussi des sportifs de haut niveau. Et qui dit compétition, dit suivi médical car les navigateurs ont moult occasions de se faire mal, le plus souvent en raison de positions à la barre peu ergonomiques, mais aussi lorsqu’il leur faut déménager tout le matériel à l’intérieur, manœuvrer sur la plage avant, se protéger des embruns… C’est pourquoi un bateau médical est affrété par l’organisation de La Solitaire URGO Le Figaro, un catamaran à moteur où la médecin urgentiste Sophie Pourtal reste en veille 24h/24.

« J’étais médecin militaire sur les bateaux de la Marine Nationale comme intervenant embarqué. J’ai quitté l’armée il y a six mois et j’ai une formation d’urgentiste et de médecin du sport : la Fédération Française de Voile a décidé de créer un corps médical agréé. J’ai répondu présent pour être à bord du Santorini qui suit toute la course. »

Les solitaires disposent à bord d’une pharmacie très complète et nombre d’entre eux ont suivi une formation médicale au sein des centres d’entraînement. L’aspect santé est de plus en plus présent dans les esprits et chacun d’entre eux sait qu’il peut appeler à toute heure, le médecin de la course et disposer d’une intervention rapide par téléphone voir en mer.

« J’ai rencontré les coureurs avant la course pour connaître le dossier médical ainsi que les médecins des pôles course qui ont pu m’exposer les problèmes de certains coureurs. Sur le bateau accompagnateur, je fais surtout du relais médical mais si les conditions météo le permettent, je peux monter sur un Figaro pour les premiers soins si nécessaire. Sur cette première étape, il n’y a pas eu de « casse », que de la « bobologie »… À l’arrivée, il faut être disponible surtout les deux premiers jours d’escale après le réveil de leur premier repos à terre. Au niveau médical, j’ai eu à résoudre de petits problèmes de tendinite, une suspicion de facture qui a été écartée ce matin, de mauvaises plaies qui cicatrisent mal à cause de l’eau de mer, des hématomes musculaires à cause des coups. »

Le corps et l’esprit

« L’équipe kiné est présente depuis 25 ans sur La Solitaire : habituellement, nous intervenons une seule fois après chaque étape sur les coureurs. Or cette fois, nous sommes surbookés parce que les skippers reviennent plusieurs fois, parfois plusieurs fois par jour ! Même des solitaires que nous ne voyions pas les années précédentes. C’est une première étape qui a marqué, pas seulement les corps mais aussi les esprits : ils viennent parfois plus pour le psychologique que pour le physique. » indique l’ostéopathe Aymeric Rabadeux

Le réconfort est donc autant pour le corps que pour l’esprit : même sur une étape aussi rude, aucun skipper ne s’est réellement blessé mais beaucoup ont pris des coups ou connaissent des problèmes articulaires dus à la position bloquée à la barre. « On a beaucoup de cas de nuques coincées, de bas du dos et de torticolis. Les longs bords sont redoutables pour cela et cette année, c’est essentiellement sur bâbord que ça a coincé. Et il y a plus de bleus que d’habitude car nombre de solitaires se sont cassés la figure à l’intérieur du bateau ou dans le cockpit. Plus les corps sont fatigués, plus les coups sont nombreux et importants. »

Pour la deuxième étape, les corps auront eu le temps de se refaire une santé grâce à trois nuits à terre puisque la première manche écourtée à 420 milles (au lieu de 525 milles) a été plutôt rapide avec 2 jours 7 heures 31 minutes et 16 secondes pour le vainqueur Nicolas Lunven (Generali) et 2 jours 13 heures 40 minutes et 58 secondes pour le franco-turc Tolga Ekrem Pamir (Freedom Services à domicile/1 jour, 1 homme, 1 arbre) qui a été le 36ème et dernier skipper à franchir la ligne d’arrivée à Gijón.

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