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Tout tenter dans le final

Publie le 13/06/2017

Dans quel état allons retrouver ce soir nos 43 skippers de la Solitaire Urgo Le Figaro ?

Une étape pas aussi facile qu’elle en a l’air

Cette étape longue de 80 heures à peu près, ne semble pas avoir été trop physique. Comparée à la première étape dantesque, avec un vent de 50 nœuds, des creux de 5m et une humidité permanente, celle-ci s’apparenterait presque à une croisière, si ce n’était pas une course. Pourtant, la magie de cette course, c’est qu’il n’ y a jamais de parcours facile. L’objectif étant d’arriver avant les autres, les skippers mettent toute leur énergie disponible dans la marche du bateau. Les derniers bords vers Concarneau après avoir passé la nuit à lutter contre le courant et en jouant avec les oscillations du vent, laisseront forcément des traces dans les organismes.

Une course psychologique

Lors des vacations des jours précédents, ils ont tous indiqué s’être bien reposés et bien alimentés dans la remontée du golfe de Gascogne. Un long bord de près, proche de l’axe du vent, permet au pilote automatique de mieux barrer que les marins, perturbés par la longue houle.

Psychologiquement, cette étape est incroyable, les écarts en temps entre les concurrents sont importants à l’échelle d’une solitaire, le 10ème concurrent à plus d’une demie heure, le 20ème à plus de deux heures….

Ces écarts ne sont que des projections de ce qui se passerait s’ils restaient ainsi, or il reste encore quelques heures de course, des opportunités pour revenir ou pour perdre d’avantage.

Dans la tête des marins, ça doit être horrible. Le leader qui navigue sans erreur depuis le départ sait que la moindre défaillance sera exploitée par la meute qui l’observe avancer. Nous en avons eu la preuve cette nuit à l’occidentale de Sein. Les suiveurs observaient tranquillement le leader s’embourber contre le courant et affinèrent leur route pour éviter cet écueil. La physionomie de la course en a été bouleversée.

Tout tenter dans le final

Les prétendants à la victoire finale savent que de tels écarts ne sont pas compatibles avec le succès, ils vont donc tout tenter dans le final pour grappiller des centimètres puis des mètres, espérant pouvoir limiter la casse sur cette étape.

La troisième nuit en mer est souvent révélatrice de l’état des marins, c’est généralement le moment des remontées ou des dégringolades. Les skippers doivent cogiter sec entre garder son schéma de base, faire son étape, ou tout tenter, sortir des sentiers battus, jouer son va tout. La lucidité ou la fatigue de l’instant décidera de cette fin de course.

Un autre facteur à prendre en compte est la projection vers l’étape suivante. Ils vont arriver dans la nuit de mardi à mercredi et repartir jeudi après midi. Ils savent qu’ils jouent une course contre la montre dans laquelle la récupération physique et psychologique sera essentielle.

Nous risquons de retrouver sur le ponton des marins désabusés, dégoûtes, vexés, et pourtant il faudra vite se remobiliser, oublier, digérer et se projeter, des qualités nécessaires au sportif de haut niveau.

La mer, l’isolement et la fatigue majorent les émotions. La joie devient euphorie tandis que la peine peut prendre la couleur des abîmes. Il n’y aura qu’un vainqueur, nous ne pouvons qu’imaginer l’état des 42 autres concurrents.

Les 36 heures de présence à terre (pour les premiers) risquent d’être très intenses pour nous, l’équipe médicale AG2R LA MONDIALE, mais c’est avec plaisir et tout notre enthousiasme que nous nous efforcerons de donner le meilleur de nous mêmes.

Aymeric Rabadeux

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