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Un golfe à trous

Publie le 09/06/2017

Après le swing de la première étape, c’est plutôt par petits coups que la flotte des quarante-trois solitaires va progresser vers Concarneau : pas ou très peu de vent devant Gijón samedi à 15h00 pour le départ de ce qui s’annonce comme un marathon. Car la suite est directement liée au déplacement d’une dorsale sans vent qui devrait s’installer en travers du golfe de Gascogne…

Il va falloir « putter » entre les « bunkers » ! Le golfe de Gascogne va en effet offrir un terrain de jeu plutôt cabossé entre trous de vent, brises évanescentes, dorsales éphémères, flux aléatoires et calmes blancs… Et la première nuit ibère s’annonce particulièrement pénible, si déjà les skippers arrivent à s’extirper de la côte hispanique puisque les prévisions météo prévoient un très, très léger souffle de secteur Nord autour de quatre nœuds. Et la suite laisse entendre que la progression vers la Chaussée de Sein s’effectuera essentiellement au près, sur un ou deux bords selon les routages… Quant à l’atterrage sur la pointe de Bretagne, cela pourrait s’avérer très compliqué si le vent est aux abonnés absents avec des coefficients de marée de 71 et 69 mardi, soit la probabilité d’un double passage à niveau au large du raz de Sein et devant les côtes rugueuses de Penmarc’h.

Vents d’ange

Les premiers milles vont être déterminants et donc prendre un bon départ sera une opportunité pour faire le break d’entrée de jeu. Car la situation météorologique est assez complexe et manque encore de clarté à 24 heures du coup de canon libérateur. Tout le monde s’accorde à prédire une sortie de baie de Gijón laborieuse même si la brise thermique pourrait générer un brin d’air, mais avec beaucoup de conditionnels au vu d’une couverture nuageuse modérée et de températures modestes pour un mois de juin. En fait, une dépression peu marquée se stabilise sur la péninsule ibérique quand une perturbation au large de l’Irlande s’étiole pour laisser place à une dorsale venue des Açores. Et en chemin, un front froid en dégénérescence va balayer le golfe de Gascogne d’Ouest en Est dans la nuit de dimanche à lundi…

Et si deux scénarii émergent à la veille du départ, rien n’est encore acquis car il faudra vraiment attendre samedi midi pour se faire une idée précise de la manière d’entamer cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro. La première projection annonce un bord de près direct vers la Chaussée de Sein avec une douzaine de nœuds de Nord-Ouest après une nuit d’enfer collé double face devant l’Espagne ; la seconde option décale la flotte vers le Nord-Est, là aussi pour un grand bord de près bâbord amure quasiment jusqu’à la latitude de l’estuaire de la Loire où une grosse bascule au Nord-Est permettrait d’aller à la bordée vers la pointe de Bretagne… Mais dans tous les cas, c’est sur une mer apaisée quoique encore houleuse, avec des phases de ralentissement, voire d’arrêt quasi total, que les solitaires vont peiner au moins jusqu’à lundi soir pour atteindre cette première marque de parcours…

Et une fois en « haut », le parcours ne s’annonce pas plus simple ! Encore des trous de vent, encore des effets de côte, en plus des brises thermiques et des courants alternatifs… Trois jours d’efforts pour un final entre les îles au dénouement aléatoire. À moins qu’un ou plusieurs solitaires ne réussissent à s’extraire des côtes espagnoles sans faire de bruit, pour aller toucher en premier ce vent de secteur Ouest : cinq cent mètres d’écart se transformerait alors très vite en deux milles d’avance, voire dix ! Même s’il y avait un arrêt buffet à la Chaussée de Sein, cela provoquerait un véritable tsunami psychologique pour tous ceux qui n’auraient pas accroché le train…

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