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Un sprint pas sans conséquences

Publie le 16/06/2017

La course au large n’est pas une science exacte et la Solitaire URGO Le Figaro encore moins ! Si ce sprint de seulement 150 milles avalés en 21 heures conforte globalement le classement général de la 48ème édition, il en creuse assez nettement certains écarts, plus que ne l’avait fait la longue traversée de Gijon à Concarneau. Nicolas Lunven (Generali) signe une trajectoire parfaite et confirme sa suprématie. Côté bizuths, Julien Pulvé voit revenir dans son tableau arrière, Tanguy Le Turquais. Rien n’est joué

La cartographie et le vent capricieux avaient beau jouer avec les nerfs des spectateurs ce matin à Concarneau, c’est bel et bien Nicolas Lunven qui rentrait en grand vainqueur dans la baie de La Forêt sur le coup des dix heures. En avance sur le timing pour cause de vent soutenu toute la soirée, le skipper de Generali s’offre ainsi sa deuxième victoire d’étape sur une Solitaire, toutes deux acquises sur cette 48ème édition. Ce malgré le vent incertain en fin de course, malgré les attaques répétées de Gildas Mahé (Agir contre la faim) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) qui complètent le podium, et malgré la fatigue accumulée des dix premiers jours de course. Toujours placé, il a pris les commandes de l’étape en fin de journée hier, à l’issue d’un joyeux bord de spi vers Sud Guérande où son option médiane entre Belle-île et la terre s’est révélé payante, et il ne l’a pas quitté.

Un déclic qui se confirme. 
Faisons les comptes : premier, troisième, premier, autant dire que le skipper de Generali ne laisse pas grand chose à ses concurrents sur cette 48ème Solitaire URGO Le Figaro. Plutôt sur la réserve à l’accoutumée, il se sent fort, libéré et le déclare bouteille de champagne en mains : « Ca se passe plutôt comme dans un rêve cette Solitaire même si elle n’est pas finie. Il y a peut être eu un petit déclic en effet, quelque chose d’inexplicable et qui restera inexpliqué ! Faudrait me brancher des électrodes sur le cerveau pour voir ce qui se passe là haut ! » 
Adrien Hardy saluait la performance en débarquant au ponton et notait « qu’il faudra être parfait pour battre Nicolas sur la dernière étape ». Second au général provisoire, le skipper d’Agir Recouvrement est désormais à 24 minutes du leader qui compte une heure d’avance sur le troisième Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), 8ème d’une étape qui ne lui a pas souri. Il est talonné au général par Sébastien Simon (Bretagne Crédit Mutuel Performance, à moins de 3 minutes…



Miracle, vous avez dit Miracle ?


S’il y en a un qui ne cachait pas sa joie à l’arrivée, c’est le second de l’étape Gildas Mahé (Action contre la faim). Toujours communicatif, le concarnois avait de bonnes raisons d’être satisfait de son résultat. Il signe une étape solide avec une belle intuition ce matin lorsqu’il garde la gauche du plan d’eau à l’approche des Glénans. Une seconde place qui a des accents de victoire pour cet habitué de la Solitaire parti sans le sou de Bordeaux et venu d’abord pour le plaisir « C’est une opération miraculeuse cette étape. Il fallait être devant dès le début et avoir un peu de réussite ». Le skipper d’Action contre la faim grappille en effet deux places au général et s’installe cinquième.



Regroupement chez les Bizuths


On savait que l’étape serait rapide, mais pas forcément qu’elle génèrerait plus d’écarts que la précédente, longue de trois jours. En 21 heures de course, la flotte est restée très groupée jusqu’à la tombée de la nuit où les dix premiers se tenaient en un petit mille. Mais la remontée dans la baie de Quiberon et surtout le louvoyage devant Groix au lever du jour a eu raison de certains espoirs. Yann Eliès (Queguiner Leucémie Espoir) termine par exemple 18ème à 38 minutes du leader, Benjamin Dutreux perd dix places en une heure sur la fin et Julien Pulvé (Team Vendée Formation) coupe la ligne en 27ème position…Les bizuths, parlons-en justement !
 C’est Tanguy Le Turquais (Nibelis) bien inspiré d’aller coller à la pointe de Trévignon sur la fin de parcours qui l’emporte et réalise la meilleure opération au classement. Il réduit très sensiblement son retard sur Julien Pulvé qui perd quatre places au général. Voilà ces deux brillants bizuths séparés désormais d’un gros quart d’heure. Autant dire que rien n’est fait d’ici Dieppe…
En tous cas, chacun va pouvoir refaire ses comptes et surtout emmagasiner le maximum de repos avec trois nuits consécutives à venir à Concarneau, ce qui n’est pas arrivé depuis Gijon. Ca tombe bien car après le sprint, l’ultime étape qui part lundi vers Dieppe sera une course de fond ; au programme, peu de vent, du courant, et 525 milles pour maintenir le suspense jusqu’au bout.

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