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ANALYSE // Jeux et enjeux

Publie le 12/09/2018

A l’issue de cette troisième étape de petit temps, presque tout le monde s’accorde à dire que la victoire finale aura du mal à échapper à Sébastien Simon qui possède plus de 35 minutes d’avance sur son dauphin, Xavier Macaire… Mais le podium n’est pas pour autant acquis avec Anthony Marchand en embuscade à cinq minutes du deuxième, Charlie Dalin à onze minutes et Thierry Chabagny à quatorze minutes ! Sans parler des huit suivants qui se tiennent en dix minutes…

Depuis 1970, La Solitaire du Figaro s’est parfois gagnée dès la première étape, parfois définie dès la deuxième, parfois dénouée dès la troisième et parfois conclue lors de l’ultime étape. À chaque fois avec un scénario différent. Il serait donc présomptueux de proclamer l’affaire entendue et la victoire acquise pour Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) : comme dans tout sport, la part d’incertitude peut chambouler les schémas dans les dernières minutes… Mais avec plus d’une demi-heure de marge, le skipper qui cumule deux étapes victorieuses sur trois, est sans conteste rapide à toutes les allures, intelligent sur l’eau, réactif en permanence et mentalement blindé.

La meilleure défense…

… C’est l’attaque ! De Sun Tzu à Napoléon, les paraboles guerrières ont parfois des notations constructives pour le sport : « tout le succès d’une opération réside dans sa préparation…. Car celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surviennent. » indiquait le stratège chinois. Tout comme le général Bonaparte qui attaqua Carcare, puis Savone et Arcole : « la meilleure défense c’est l’attaque ! » Mais la particularité de La Solitaire URGO Le Figaro réside dans la multiplication des adversaires : contrôler c’est marquer, et marquer c’est se focaliser sur un seul concurrent. Lorsqu’il y en a plus d’un, voire une dizaine dans la configuration actuelle de la course, le souci devient patent.

Car pour ce parcours final de 160 milles au départ de Saint-Gilles Croix-de-Vie, passant par le pont de l’île de Ré, le plateau de Rochebonne et l’île d’Yeu pour revenir au point d’origine, le vent de Nord à Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds s’annonce stable pour la descente vers la Charente avant de tourner progressivement au Nord-Est en début de nuit. Pour diminuer très sensiblement au cœur des ténèbres du côté de Ré… Avec encore 92 de coefficient et une marée basse vers 3h00 du matin, il peut y avoir des arrêt-buffet derrière l’île et quelques surprises ! Avec un retour de brise au lever du jour. Il peut donc finalement y avoir plus d’écart en temps réel sur cette manche courte (24 heures environ) que sur les trois premières étapes plutôt compactes à l’arrivée. C’est exactement ce qui s’était passé l’an dernier sur ce même format au départ de Concarneau.

Deux fauteuils pour quatre

« Je suis à moins de 20 minutes de la deuxième place, à 9 minutes de la troisième… Dans l’absolu, un podium est encore jouable. » précise Thierry Chabagny, cinquième au classement provisoire cumulé. Car ils sont au moins quatre à pouvoir prétendre aux deux autres marches du podium : Xavier Macaire (Groupe SNEF, à 35’45 du premier), Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire à 40’ 31 du leader), Charlie Dalin (Skipper MACIF 2015 à 46’ 53 du premier), Thierry Chabagny (Gedimat à 49’ 29 du leader).

Il ne faut donc pas se leurrer : il risque fort jeudi à 18h30 devant Saint-Gilles Croix-de-Vie, d’y avoir plusieurs rappels généraux (comme en Espagne) avant de pouvoir envoyer la flotte se déchirer car il y aura de la pression sur la ligne de départ. Ensuite, c’est cette descente sous spinnaker qui va créer la structure des matches dans le match. En fonction de sa position après le coup de canon, en fonction des adversaires au contact ou non, la stratégie de chacun va s’adapter. Et le véritable contrôle d’un autre solitaire ne devrait prendre effet qu’à la sortie de l’île de Ré, dans ce bord de vent de travers vers Rochebonne.

Un bleu dans le top ten ?

Mais trouver son ou plutôt ses compagnons de lutte ne suffira pas à résoudre l’équation : qui maintenir derrière et à combien de minutes pour conforter sa place ou à l’inverse pour grignoter des positions au classement général ? « Il va falloir être tout de suite dans le match. Le podium est déjà fait je pense, mais j’ai moyen de grappiller des places ». dixit Pierre Leboucher (Guyot Environnement, 7ème à 1h18’ du leader). De fait, ils sont huit en moins de dix minutes entre le 6ème, Corentin Douguet (NF Habitat à 1h17’35 du leader) et le 13ème, Alan Roberts (Seacat Services à 1h27’04 du premier) !

La bagarre pour finir dans les dix premiers va donc être âpre et dans ce pack, notons la douzième place du novice Thomas Cardrin (Team Vendée Formation) qui ne rend que sept minutes au sixième… Ce premier « bleu » semble hors de portée du deuxième « bizuth » de la course : Loïs Berrehar (Bretagne CMB Espoir) pointe à la 17ème place avec 42’18 d’écart sur Cardrin… Un différentiel difficile à combler sur une course de 24 heures. Enfin chez les purs amateurs, le Britannique Hugh Brayshaw (Kamat, 19ème à 3h 32’ 19 du leader) tient la corde devant Sébastien Petithuguenin (Le Défi-Ensemble contre le cancer) avec 32’ 25’’ d’avance…

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