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Beyou : « J’ai pris des baffes au début… »

Publie le 03/05/2019

En parallèle de son projet Imoca, Jérémie Beyou a choisi de faire son retour sur le circuit Figaro et de tenter, en juin prochain, de remporter une quatrième victoire sur la Solitaire Urgo Le Figaro. Sur la Solo Maître CoQ, le skipper de Charal a déjà retrouvé de bonnes sensations.

Une manche de 2e mardi derrière Yann Eliès, on imagine que ça fait du bien ?
Oui, il était temps… C’était le bon moment pour en sortir une en solo. Avec cette 2e place, j’envoie un petit message à mes adversaires : il ne faut pas m’enterrer. Surtout que lors de la première journée, je méritais mieux que 21e. Après, il y a une part de réussite. Je suis dans le coup, je prends des bons départs, je fais de bons premiers bords, j’arrive à mettre les choses bout à bout. Yann et moi sommes différents. En début de saison, Yann est tout de suite “vite et bien”. Moi, je suis plus lent au démarrage. C’est historique. La Solo Maître Coq est une course importante pour la préparation. L’idée est d’être prêt pour la Solitaire début juin. Il reste un mois mais c’est bien de montrer qu’on est déjà dans le match ici en Vendée


Gérer un Imoca et un Figaro 3, n’est-ce pas un peu lourd ?

Ça fait beaucoup de boulot, il faut bien s’organiser, travailler avec les bonnes personnes. On vient d’ajouter une personne clé, Bertrand Pacé. On bosse notamment sur les réglages et les voiles, aussi bien en Imoca qu’en Figaro 3. Mon début de saison, les entraînements et la première course sur la Sardinha Cup n’étaient pas convaincants donc on a fait appel à ses services. J’en ai besoin pour comprendre les réglages, avoir quelqu’un qui regarde mes voiles de l’extérieur, celles des autres aussi, quelqu’un qui discute avec les voiliers. Tu peux gérer deux projets si tu t’organises de cette façon-là. Il est impossible de tout faire tout seul.


Bertrand Pacé vous coache-t-il pendant les courses ?


Oui, il est avec moi depuis trois jours aux Sables d’Olonne. Je suis entouré de Christopher Pratt, qui disputera la Transat Jacques Vabre avec moi. Christopher Pratt, Ewen Le Clech et Nicolas Andrieu ont tous les trois pris l’Imoca 100 % en main. Le 60 pieds navigue quasiment sans moi. Les rôles sont bien répartis.


Revenons au Figaro 3 : les premiers milles ont-ils été difficiles ?


Ce n’étais pas facile du tout, j’ai vraiment été dans le dur tout le début de saison. Depuis, la première manche ici aux Sables d’Olonne, ça va mieux. Bizarrement, ça va mieux quand je suis en solitaire. Je suis peut-être naturellement plus à l’aise en solo qu’en double. Cela dit, le bateau n’est pas évident. Sur les réglages du mât notamment, je n’arrivais pas forcément à trouver la bonne mise au point mais là, avec Bertrand Pacé, je pense qu’on a trouvé un réglage qui n’est pas mal. Après, peut-être que les autres ont trouvé ces réglages plus vite. Certains ont sans doute mieux bossé que mois ces deux premiers mois mais je pense que j’ai rattrapé ce retard-là.


Les voiles du Figaro 3, voilà un autre dossier….

On a beaucoup travaillé, on a regardé différentes voiles. Je m’attendais à ce que les autres bossent ce dossier-là et ils ont très bien bossé… (rires). L’idée est d’essayer des voiles et il y aura le choix final pour la Solitaire mais ça, c’est top-secret (rires). Après la Solo Maître Coq, il y aura une semaine de vacances. Ensuite, on recevra les voiles neuves, on aura un peu de boulot mais on va encore progresser d’ici au départ de la Solitaire.


La Solitaire justement fera deux escales à Roscoff, dans votre jardin de la baie de Morlaix. Armel Le Cléac’h a dit « une étape pour moi, une autre pour Jérémie » : ça vous va ?
Non, je lui laisse les deux et je prends celle de Dieppe (ndlr : arrivée de la 50e édition). C’est le classement général qui m’intéresse.


La 50e édition de la Solitaire Urgo - Le Figaro sans Jérémie Beyou, c’était inconcevable ?
Je sais que si je n’y suis pas, je vais être malade. Suivre la course derrière mon ordinateur pendant tout le mois de juin, je vais en crever. Pour autant, revenir n’est pas facile. Reprendre l’entraînement, y prendre des baffes, ça pique. Cela pique dans ton orgueil quand tu te retrouves 15e mais c’est là que tu retrouves de la motivation. La motivation est revenue progressivement. L’avant-saison n’a pas été facile, j’étais un peu perdu dans mes repères, mes réglages. Là, lors des deux premières manches de la Solo Maître Coq, je suis content car je n’ai pas baissé les bras. Dans l’état d’esprit, j’y suis. Je suis motivé. Vraiment. Et c’est primordial sur une Solitaire où tu sais que tu auras des hauts et des bas, des coups d’accordéon dans le bon et le mauvais sens mais tu dois être convaincu que tu peux revenir. Là, ça y est, je sais que je peux revenir.


Armel Le Cléac’h qui n’a pas terminé une course en 2018, Yann Eliès qui doit renoncer au Vendée Globe faute de partenaires, des « revenants » comme Michel Desjoyeaux, Loïck Peyron… C’est cette Solitaire-là qu’il faut gagner ?
Bien sûr qu’il y a du très beau monde mais il n’y a pas qu’eux. Il y a des marins comme Alexis Loison qui n’a jamais gagné mais qui navigue super bien, il y a un Anthony Marchand, qui a claqué deux étapes l’an passé, et qui gagnera la Solitaire un jour. On parle d’Eliès, de Le Cléac’h, de Beyou, etc mais je n’oublie pas tous ces gars-là. Ce sont eux les favoris et c’est à nous de nous mettre à leur niveau. Ce sont eux les cadors de la série et ils ont déjà trouvé les ficelles. Nous, on doit remettre en place une organisation autour de ce projet Figaro. Eux, ça fait dix ans qu’ils ont cette organisation parfaitement en place. Ils sont la référence et ça ne fait pas plaisir de se prendre des baffes avec eux. J’ai autant envie qu’eux mais j’ai plus à perdre. Eux, ils ont tout à gagner.


Quel est le programme de la grande course (1) de la Solo Maître CoQ ?

A priori, on va aller virer l’île de Ré, on remonte aux Birvideaux, on redescend à Noirmoutier pour monter aux Sables d’Olonne. Cela fait du portant jusqu’à Ré, du près jusqu’aux Birvideaux, ensuite, tu as une baisse de pression qui arrive. C’est « foirasse », le front passe, passe pas… C’est intéressant. Le truc important, c’est le comparatif de vitesse. Le point clé, c’est d’être bien tout le temps en termes de vitesse. Si tu vas vite… Le bateau n’est pas facile, tu as vite fait de t’arrêter.
(1) : départ jeudi 2 mai à 14 heures.


Article du : Le Telegramme - Philippe ELIES

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