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Bizuths et sans complexe

Publie le 08/06/2017

La première étape de La Solitaire URGO Le Figaro aura donné une première indication des forces en présence en ce qui concerne le classement des bizuths : 8e à Gijon, Julien Pulvé (Team Vendée Formation) a devancé Pierre Leboucher (Ardian) de 7 minutes, tandis que Tanguy le Turquais (Nibelis) et Milan Kolacek (Czeching The Edge) sont en embuscade à plus ou moins une demi-heure.

Julien Pulvé 8e, Pierre Leboucher 11e, Tanguy le Turquais 17e et Milan Kolacek 19e (tous avant jury), c’est un beau tir groupé dans le Top 20 qu’ont réussi quatre des dix bizuths engagés sur la 48e édition de La Solitaire URGO Le Figaro. Pour leur première, ils ont pourtant été servis avec une étape particulièrement copieuse qui leur a donné un panorama complet de ce que peut être une étape de Figaro, mais tous s’en sont bien sortis, particulièrement au moment du passage de front de la deuxième nuit après Rochebonne qui pouvait laisser craindre des dégâts parmi les « rookies », d’autant qu’ils n’avaient jamais affronté de telles conditions en solo.

“En Mini, on ne nous envoie pas là-dedans, c’était ma première expérience de ce genre, explique Tanguy Le Turquais, short, tongs et sourire « banane » au lendemain de son arrivée à Gijon. Sur le coup, je me demandais ce que je faisais là, j’avais hâte d’en sortir, mais à froid, je me dis que cela a été une très bonne expérience en tant que marin, un vrai bizutage.” Un bizutage pourtant guère agréable pour le skipper de Nibelis qui confie avoir “vomi une bonne trentaine de fois” dans l’affaire, mais n’a jamais craint pour son intégrité ni celle de son bateau. Même pas peur ! Le son de cloche est le même chez un Pierre Leboucher (Ardian) qui vivait lui aussi son baptême du feu dans la tempête, bien loin de ce qu’il avait connu lorsqu’il tournait entre trois bouées sur son 470. “Peur ? Non, c’est un gros bateau, vraiment safe, qui ne fait pas peur. Sous grand spi, j’ai pris 40 nœuds, ça tenait, ensuite au près, j’ai eu 52 à l’anémo, mais ça va, c’était au près, pas au reaching.”

L’intéressé est d’ailleurs sorti premier bizuth du passage de front, il a davantage subi après : “J’ai raté les 12 dernières heures. J’ai eu un petit trou de vitesse, j’ai eu du mal à trouver les commandes. Ce n’était ni du reaching ni du près, c’était entre les deux, je ne connaissais pas le bateau avec ça, du coup, je suis resté 4-5 heures beaucoup moins rapide que les autres. Mais Julien (Pulvé) a été très bon.” Effectivement, le skipper de Team Vendée Formation, ancien Ministe comme trois des quatre premiers bizuths au classement de la catégorie, a fait la différence dans le long bord vers Gijon, grappillant les places les unes après les autres pour terminer 8e. “Après le coup de vent, je me suis forcé à ne pas retourner dormir pour essayer de cravacher et revenir, je suis content que ça ait fonctionné, c’est cool, je n’ai rien lâché. Premier bizuth et 8e, c’est excellent, je suis ravi, pourvu que ça dure !”

Avec 7’06 d’avance sur Pierre Leboucher, 26’44 sur Tanguy Le Turquais et 31’42 sur Milan Kolacek, le Rochelais a frappé le premier, mais tous sont bien conscients que c’est sur la durée qu’il leur faudra tenir. “On va se bagarrer sévère jusqu’à la fin, la course est encore longue”, se réjouit Tanguy Le Turquais, qui conclut, à propos de cette belle entame de course des bizuths : “On n’a pas à être complexé, sinon on perd avant même d’être sur l’eau. On est là, sans doute et sans crainte, on a tous un bateau avec une voile et un mât.”

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