FRENG

Actualités

De l’addiction à La Solitaire (1)

Publie le 02/06/2017

Avec 43 concurrents pour cette 48ème édition, La Solitaire URGO Le Figaro regroupe dix novices de l’épreuve mais qui ont tous déjà un bagage nautique conséquent. À l’image de Tanguy Le Turquais (Nibelis) qui, pour sa 1ère participation, conclut son escale bordelaise par une place parmi les cinq finalistes des « runs » organisés depuis dimanche face au Port de la Lune…

Pourquoi certains coureurs sont totalement addicts de cette course ?

« Pourquoi certains skippers font quinze ou vingt fois La Solitaire ? Je ne pourrais pas répondre parce je suis novice… Alors pourquoi je participe à mon premier Figaro ? Quand on a envie d’être marin, au large, en solitaire, c’est un passage obligé. Venant du Mini Transat où il n’y a pas de monotypie, je voulais voir ce que cela représentait, une flotte au contact permanent. Je connais la régate à armes égales à la journée comme en J-80, mais au large, sur plusieurs jours, c’est un exercice particulier et il n’y a que La Solitaire URGO qui l’offre… Et je ne suis pas déçu parce que sur l’eau, c’est une expérience très particulière : on apprend énormément de choses sur le bonhomme, sur sa gestion, sur la régate. »

Mais on dit tout de même que tous les bateaux n’ont pas la même vitesse…
« En fait, plus il y a de règles, plus le sportif cherche à s’adapter et à optimiser son bateau selon ce règlement. Finalement, il y a des tandems bateau-skipper qui vont plus vite parce qu’ils ont mis plus de moyens et passé plus de temps pour trouver les petits détails qui font la différence. Et nous avons tous le choix de notre voilerie, donc du réglage de notre moteur… Après, il faut régler et certains vont plus vite parce qu’ils sont plus réactifs, plus pointus, plus exigeants. Je me suis beaucoup entraîné avec un mois de manœuvres pour d’abord appréhender le bateau et ensuite, je me suis focalisé sur la vitesse. »

Et ça à l’air d’aller puisque tu es l’un des cinq finalistes des « runs » !
« Il ne faut pas tirer de conclusions de ces « runs » : j’ai juste tiré un petit bord le long de la berge en prenant un peu plus de risques pour ma quille. Ce n’est pas sur la vitesse. Mais j’ai constaté que sur l’avant-saison, j’ai commencé difficilement ce qui m’a permis de me remettre en question. Aujourd’hui, je suis plutôt serein sur ma vitesse, sachant qu’à certains moments, ça n’ira pas… Et ce sera de ma faute, pas celle de mon bateau. »

Cette 48ème édition a un format particulier avec trois étapes de 500 milles et un sprint en plein milieu du match !
« J’adore les manches au large, même si c’est plutôt similaire à une Transgascogne qu’à une première étape de la Mini-Transat. C’est un format qui me convient parce qu’il faut d’abord se focaliser sur la vitesse, plus que sur l’étape courte qui sera du rase-cailloux avec de la stratégie rapprochée. Ce qui m’inquiète, c’est de me faire décrocher… Je me suis préparé à ça, à ne pas lâcher côté vitesse. »

Une première étape compliquée après la Chaussée de Sein avec une dorsale à traverser et plutôt du tout petit temps sur l’arrivée…
« Il faut d’abord être en super forme pour l’atterrissage sur l’Espagne ! Les côtes asturiennes sont toujours compliquées à appréhender mais il faut se méfier des fichiers météo que nous avons aujourd’hui à six jours… Mais la priorité est d’arriver frais en Espagne. Pour autant, il ne faut pas s’empêcher d’être dans le pack de tête ! En gardant à l’esprit que le match s’achève à l’arrivée. Et en se disant, si je suis derrière, qu’il va encore se passer des choses à la côte. »

Il y a dix « bleus » sur les 43 solitaires dont certains ont plus de quinze participations au compteur. Quel objectif raisonnable sachant qu’être premier « bizuth » c’est bien, mais il faut tout de même être dans le « Top 20 » pour une première participation…
« Bien sûr qu’il faut être sur le podium des « bizuths » parce que cela marque les esprits et rassure les partenaires. Mais je suis d’accord : un bon résultat pour une première participation passe par une bonne place au classement général et avec un écart au premier raisonnable ! Être dans les vingt premiers est déjà un bel objectif : j’ai fini 16ème de la Solo Maître CoQ qui est aussi une course à étapes et quand j’ai vu les quinze coureurs qui étaient devant moi, je me suis dis que c’était pas mal ! Faire la même chose sur La Solitaire me rendrait très heureux. »

Et cela veut aussi dire que tu es déjà addict de cette course !
« Je ne sais pas si je ferais quinze saisons de Figaro… Je ne suis pas encore addict même si j’aime beaucoup et que j’apprends plein de choses. Mais j’ai besoin d’aventures, ce que j’aimais beaucoup dans la Mini-Transat. On en reparle dans quatre ou cinq ans ! »

Share

Contenus similaires