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De l’addiction à La Solitaire (4)

Publie le 02/06/2017

Ils ne sont que quatre sur cette 48ème édition de La Solitaire URGO Le Figaro à cumuler plus de quatorze participations : Yann Éliès, Jérémie Beyou, Erwan Tabarly et Thierry Chabagny. Ce dernier a déjà un podium à son actif et une victoire d’étape, justement la première en 2015 entre Bordeaux et Sanxenso : de quoi donner des ailes au skipper de Gedimat qui achève cette année son partenariat…

Déjà quinze participations ! Mais pourquoi ?

« Je ne sais pas… Ce n’est pas une habitude mais une envie. J’ai fait une interruption en 2010 : ne pas la faire m’a vraiment marqué même si je naviguais alors sur le maxi trimaran Banque Populaire. J’avais suivi la course heure par heure sur Internet et ce ne fut pas une expérience qui m’avait plu. Du coup je me suis attelé à trouver un nouveau partenaire, Gedimat, et depuis nous sommes ensemble… C’est une épreuve qui demande tellement d’engagement qu’on est obligé d’aller au bout de soit même, à chaque étape, en remettant le couvert quatre fois ! Ça demande tant qu’il y a la satisfaction de l’avoir bouclé. Comme un sommet pour un montagnard. »

Pourquoi plus cette course qu’une autre ?
« C’est la plus dure, la plus longue, la plus exigeante, la plus ancienne : c’est cette course qu’on a envie de gagner. S’il y a des coureurs du Vendée Globe ou d’autres épreuves majeures qui reviennent, c’est bien parce que le niveau est là, que la monotypie est respectée et que pour faire la différence, il faut tout donner. »

Et pourtant c’est quasiment six mois de préparation intensive, un à deux mois de récupération après…
« Ce n’est pas innocent, ni pour le physique, ni pour la tête. Mais il n’y a pas beaucoup de réussite dans le sport sans se faire de mal ! Certes, il y a le temps de récupération qui bouleverse le calendrier, mais pour moi, la prochaine course est fin août. Et puis quand tu fais La Solitaire, tu ne penses pas au temps que tu vas mettre pour récupérer… L’important, c’est l’engagement qu’on met. Et quand tu as goûté aux belles places, c’est une drogue supplémentaire : on a encore plus envie de mettre la flotte derrière soi et les multi-vainqueurs sont certainement les plus addicts. Avec l’étape que j’ai gagnée en 2015, je sais désormais que c’est possible de remporter La Solitaire ! »

Tu as fait podium en 2006 mais aussi des résultats que tu as dû trouver décevants…
« J’ai fait des dents de scie, mais les choix que j’ai faits, je ne les ai jamais regrettés. J’aime prendre des options parce qu’il y a une excitation énorme ! Et c’est encore possible de s’écarter de la flotte même avec l’AIS, surtout sur cette première étape entre Bordeaux et Gijón. »

Tu es l’un des plus anciens et tu es toujours parmi les favoris : il y a un âge limite ?
« On peut participer à La Solitaire pendant très longtemps, Jean-Paul Mouren en était un bel exemple. Je ne sais pas quel était l’âge du plus ancien vainqueur… Mais on voit bien aujourd’hui qu’il y a des joueurs de foot de plus de 35 ans ! Le sport progresse et permet des performances qu’on n’imaginait pas il n’y a pas si longtemps. En voile, il n’y a pas que l’aspect physique et je suis plutôt en très bonne forme. »

C’est ta dernière année avec ton partenaire, mais ce n’est pas ta dernière saison Figaro…
« Non, parce que je suis propriétaire de mon bateau et je pense bien être là en 2018. Ce sera aussi alors la dernière année du monotype Figaro 2. Après, avec le nouveau bateau, les choses sont plus floues… »

Un format particulier cette année…
« Je ne suis pas très fan : je préfère le format classique de quatre étapes équilibrées de 400 milles. Il sera dur de gérer la fatigue en milieu de match, surtout avec un jour de moins en Espagne pour récupérer, un nouveau départ à Concarneau pour une petite étape le lendemain de l’arrivée de la manche deux… Et une petite course côtière, cela peut être redoutable ! Il va falloir grappiller les minutes de sommeil… »

On sait que les solitaires se dégradent physiquement au fil des heures mais aussi au fil des étapes : comment on s’y prépare ?
« On ne sera pas pareil à Bordeaux et à Dieppe ! Mais une fois que c’est parti, il faut jouer avec ses batteries. Et la première étape s’annonce longue et tordue ! L’atterrissage sur les côtes espagnoles ne sera pas de tout repos… »

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