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Des chiffres et des êtres

Publie le 27/06/2019

Disputée en quatre étapes qui ont totalisé cette année plus de 2000 milles effectifs, la Solitaire URGO Le Figaro reste une course par élimination. Si elle consacre la suprématie de Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme), grand vainqueur hier à Dieppe, elle ne doit pas occulter quelques trajectoires remarquables qui se cachent parfois dans les méandres du classement général, reflet statistique d’un mois de lutte sans merci.

Sept ans de réflexion

Faites la moyenne du nombre de participations des dix premiers au classement général avant le départ de Nantes le 2 juin dernier, et vous tomberez sur le chiffre 7. L’arrivée du Figaro Bénéteau 3 et le plateau de skippers à l’exceptionnelle variété cette année n’ont rien changé à l’affaire. La Solitaire URGO Le Figaro ne se gagne pas en claquant des doigts. C’était la huitième participation de Yoann Richomme, tout comme pour le troisième Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) et la neuvième pour Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé) qui termine sur la seconde marche du podium.

De la maturité, il en fallait pour déjouer les pièges d’un parcours qui renouait avec quatre longues étapes à la météo très aléatoire, trouver rapidement la vitesse du nouveau monotype et ne pas accumuler les erreurs. Michel Desjoyeaux (Lumibird) de résumer : « C’était une édition trop peu académique pour que les jeunes talentueux s’en sortent … ». Il fallait être fort mentalement pour ne pas s’effondrer psychologiquement après les cinglantes défaites auxquelles quasiment aucun concurrent n’a échappé au hasard des quatre étapes. Dans ce domaine, le retour de Gildas Mahé et d’Anthony Marchand sur le podium après leur première manche où ils émargeaient à la 31ème et 34ème place à près de 9 heures du leader restera un marqueur fort de cette édition. Et un souvenir à conserver à l’esprit pour les générations futures !

Attention, talent !

Au milieu de ce top ten composé de gros bras de la Solitaire, les trajectoires de Pierre Leboucher (Guyot Environnement) et Benjamin Schwartz premier bizuth et sixième au général méritent le détour.

Le talentueux Pierre Leboucher n’a donc pas mis longtemps à trouver le bon tempo de la Solitaire, lui qui n’en était qu’à sa troisième participation. Encore sur le podium au départ de la troisième étape après deux très belles manches, Leboucher perd des plumes au passage de la bouée le Videcoq dans la troisième étape. 30ème à Roscoff, 20ème à Dieppe, il termine neuvième au général, sa meilleure performance en trois ans.

Quant à Benjamin Schwartz, il faut remonter, à l’ère du Figaro 2 en 2003 pour trouver meilleure performance d’un Bizuth (Marc Émig avait alors terminé cinquième).

« Schwartz a impressionné tout le monde » s’exclame Alexis Loison (Région Normandie) du haut de ses quatorze participations. Eric Péron, vainqueur de la dernière étape à Dieppe qui a couru avec le bizuth la Sardinha Cup, confirme « Ce n’est pas forcément le meilleur barreur, mais il sait tirer la quintessence de son pilote, il est précis, va vite et toujours là où il faut … ». S’il portait dans ses voiles le joli message d’Action contre la faim, Benjamin Schwartz disputait sa première course en solitaire, et avec un budget minimal. Redressé dans la deuxième manche suite à son abordage par Alain Gautier (Merci pour ces 30 ans !), il tire profit de sa régularité sur les étapes 1 et 3 où il termine 10ème et 8ème.

La prime de la régularité

Elle revient bien entendu à Yoann Richomme qui, avec le score de 1/2/13/4, n’a pas fait beaucoup de détails et s’impose sans partage pour sa deuxième victoire en quatre éditions. Mais derrière l’intraitable vainqueur, il faut souligner la jolie constance de Corentin Douguet qui échoue de 3 min 50 s au pied du podium, après avoir écopé d’une pénalité d’un quart d’heure pour avoir perdu son mouillage aux Casquets lors de la terrible troisième étape. 5/17/11/3, voilà un joli score pour le Nantais à l’occasion de sa dixième participation, et personne à part lui ne semble douter qu’il revienne l’an prochain pour remettre sur l’ouvrage.

Enfin dans ce domaine, difficile d’ignorer Martin Le Pape qui signe trois manches dans les dix premiers et risque de ruminer longtemps son abandon entre Kinsale et Roscoff suite à la voie d’eau due à ses trappes de ballasts défectueuses, abandon qui le condamne au général « L’important, c’est la reconnaissance des pairs » préfère retenir de cette édition le Skipper Macif 2017. « J’ai su me remobiliser après cet épisode difficile à digérer mentalement et je reviendrai plus fort » conclue celui que l’on retrouvera l’an prochain sous d’autres couleurs, après trois saisons passées sous celles de la Macif.

Rendez-vous manqués

Cruelle, La Solitaire l’est chaque année et cette édition est loin de faire exception. Certains favoris au départ de Nantes n’ont pas été au rendez-vous cette année, pour des raisons variées. Chez Yann Eliès (St Michel), seizième au général, la sanction de la première étape a pesé lourd sur la suite des opérations. On ne retrouvait finalement le skipper à son niveau que lors de la dernière manche. C’est un peu le même schéma pour Jérémie Beyou (Charal), auteur de deux belles manches, mais trop irrégulier pour faire mieux que 20ème au général. Des très gros CV de la course au large, c’est finalement Armel Le Cléac’h qui tire le mieux son épingle du jeu, dixième au général et qui entend bien revenir l’an prochain pour transformer son « essai ». Une démarche en deux saisons qui est aussi celle de Fabien Delahaye (Loubsol) et pourrait rappeler celle d’un certain Nicolas Lunven en 2016-2017.

Quant aux légendes la course au large – la triplette Peyron/Gautier/Desjoyeaux - qui donnait au plateau 2019 un relief tout particulier, c’est le skipper de Lumibird qui signe la plus belle copie. Toujours auteur de bons coups, Michel Desjoyeaux s’est montré incisif sur les départs (premier à la bouée Radio France à Kinsale) et souvent inspiré. Même si de mémoire de triple vainqueur, « 2019 a été l’édition la plus dingue », Mich Desj a vendu chèrement sa peau, signé deux étapes dans les dix et termine douzième à Dieppe, ce qui force le respect.

Rappel des podiums d’étapes :

Etape 1 : Nantes-Kinsale (550 milles)

1-Yoann Richomme 2-Tom Laperche 3-Pierre Leboucher

Etape 2 : Kinsale-Roscoff (565 milles)

1- Adrien Hardy. 2- Yoann Richomme. 3- Xavier Macaire

Etape 3 : Roscoff-Roscoff (410 milles)

1-Anthony Marchand. 2- Gildas Mahé. 3- Alexis Loison

Etape 4 : Roscoff Dieppe (510 milles)

1- Eric Péron. 2-Armel Le Cléac’h. 3-Corentin Douguet.

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