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FLASH // Quart des brumes

Publie le 09/09/2018

Alors que le jour s’est enfin levé après une première nuit de près de onze heures, c’est dans une purée de pois que la flotte progresse encore au louvoyage vers la pointe Estaca de Barès. Après l’incertitude nocturne, voici un quart de doutes et d’interrogations pour anticiper les réactions des différents clans qui se sont formés au fil des heures.

Une quarantaine de milles en une demie journée : le bilan de cette première nuit n’est pas fameux et les prévisions météorologiques à venir n’ont pas l’air d’arranger la situation. Cette première étape se déroule à la vitesse d’un légionnaire au pas le 14 juillet… Et avant d’en finir avec les effets de site et les perturbations du relief, il y a tout de même l’immense baie de La Corogne à traverser, puis l’escalade du cap Ortegal qui ouvre réellement les portes du golfe de Gascogne. En attendant, c’est toujours au près face à un vent de Nord-Est faiblard et cyclothymique qu’il faut progresser avec une meute aux trousses.

Des marches à suivre

Car à l’exception de quelques maraudeurs partis chercher des vents incertains, le peloton est groupé en moins de trois milles avec des divergences d’approche homéopathiques : un coup à droite, un coup à gauche en fonction d’un vague refus du vent, et surtout pour grappiller du terrain face à cette brise peu coopérative. Ça croise et ça décroise pour finalement converger vers une ligne virtuelle similaire, la route directe. Car il ne faut pas trop s’attendre à un grand éventail dans le « golfe des peines » : dans l’après-midi de ce dimanche, la brise doit s’installer plus conséquemment au secteur Nord, puis Nord-Est, imposant une route « en escalier ». Il y aura donc des « marches » entre les groupes, mais chacun observant l’autre, les clans vont jouer les paliers…

Dans une ambiance digne d’une pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, les solitaires n’ont plus que l’AIS (système permettant d’identifier un bateau à moins de vingt milles) pour tenter de comprendre ce qui se passe sur l’eau. Mais deux groupes semblent se former à l’approche de la baie de La Corogne : on se souvient qu’une partie de l’armada napoléonienne fut bloqué à Ferrol par les vaisseaux de Sa Majesté avant de pouvoir rallier Trafalgar… Est-ce un prélude à un retour historique ? Au large, Éric Péron (Finistère Mer Vent) emmène une tribu à plus de six nœuds de moyenne vers un Nord qui apparait plus radieux. Car à l’Est Vincent Biarnes (Baie de Saint-Brieuc) se rapproche certes plus de la route directe, mais dans un flux qui s’est envolé ! Y verra-t-on plus clair dans ce brouillard épais, tant sur mer que sur ces choix stratégiques, quand le vent de Nord viendra enfin décanter ces options ?

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