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Francis Le Goff : “Ne pas dénaturer l’étape”

Publie le 18/06/2019

Le directeur de course, Francis Le Goff, revient sur la journée puis la nuit de lundi sur la troisième étape de La Solitaire URGO Le Figaro et explique pourquoi il a décidé de réduire le parcours, supprimant le passage par la Chaussée de Sein.

« La journée de lundi a été particulièrement animée. A quelques mètres près, ils auraient pu être plus nombreux à passer Aurigny, ça a été très très dur pour ceux qui ont buté au dernier moment, la porte s’est refermée sur leur nez. Ensuite, ils ont essayé durant toute la durée de la marée de trouver la solution, soit par le large soit par la côte. A ce petit jeu, c’est au large que Michel Desjoyeaux et Martin Le Pape ont réussi à creuser un petit écart avec le gros groupe qui était plus près d’Aurigny, un endroit très très mal pavé, Tanguy (Le Turquais) en a fait la mauvaise expérience. C’était vraiment triste de voir ce bateau échoué sur un caillou, heureusement, il n’y a pas eu de grosses difficultés.

Ensuite, ça a été la double peine pour tous ceux qui sont passés avec la renverse : plus d’air du tout et le courant de nouveau contraire. Beaucoup de bateaux ont mouillé, certains avec 25 mètres de fond, d’autres 60 et plus, je vous laisse imaginer la débauche d’énergie après pour faire crocher tout ça puis remonter. On a vu Martin et Mich (Desjoyeaux) arrêtés, je pense que le mouillage de Mich a dû lâcher, parce qu’on l’a vu repartir avec le courant, il a alors fait parler toute son expérience pour ne pas rentrer dans le DST des Casquets, c’est assez remarquable de voir sa trace. Ils sont ensuite repartis avec un peu d’air quand c’est rentré cette nuit. C’est un scénario étonnant et épuisant parce qu’il n’y avait pas l’occasion de se reposer dans ces conditions, il y avait toujours l’espoir de passer Aurigny.

J’ai décidé de réduire le parcours au prix d’un véritable casse-tête, je ne le cache pas : j’ai chargé toutes les météos que je pouvais, fait tourner beaucoup de routages, avec l’idée à la fois de respecter ce qui est en train de se dérouler et rester dans ma cible de faire arriver le premier maximum mercredi avant 19h, sachant qu’avec les différents talonnages sur l’étape, il faudra sortir des bateaux et les préparer pour samedi. Tout ça mis bout à bout, j’avais plusieurs solutions : rentrer direct à la maison après Hands Deep, je me suis dit que ce n’était pas très juste, on avait aussi prévu dans les instructions de course de juste contourner Ouessant, en supprimant le passage de la Chaussée de Sein, c’est ce que j’ai retenu, ça devrait nous permettre d’arriver dans les temps impartis sans dénaturer cette étape. On enlève juste 50 milles.

Après, on aura encore un passage délicat dans le Fromveur, selon le timing de l’arrivée sur la zone : on peut imaginer que les premiers arrivent juste avant une renverse et qu’ils se retrouvent scotchés ou à l’inverse qu’ils réussissent à passer et que derrière, ça bloque. Il va falloir être rivé sur les fichiers, je reçois à l’instant la météo du jour : le vent va peu à peu rentrer est-nord-est, il faudra attendre l’après-midi de mardi pour avoir un peu d’air. Et ça semble plutôt favorable pour ceux qui descendent, ça risque encore d’être une prime à ceux qui sont devant, avec 12-15 nœuds de vent. Les premiers pourraient arriver mercredi après-midi, on pourrait être à juste trois jours de course, mais tout dépendra du passage du Fromveur, il y a encore une sacrée part d’incertitude. Et sur les bateaux, ça ne va pas chômer, avec du jeu partout, notamment pour le trio de tête (Alexis Loison, Gildas Mahé et Anthony Marchand), ils sont proches tous les trois, donc ils ne vont pas lâcher le morceau. Et ils doivent se dire à la lecture du classement que le premier au général est loin, ça va y aller ! On est pour l’instant sur des écarts aux alentours de six heures bien tassées entre les premiers et les autres, mais si ça remet un coup par devant, il va falloir surveiller ça sérieusement… »

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