FRENG

Actualités

Goutte à goutte

Publie le 06/06/2017

Après une deuxième nuit mouvementée, la flotte s’est décantée en plusieurs petits groupes plus ou moins au vent ou sous le vent de la route. En tête, une bande de six solitaires cravachent pour le podium dans une mer encore très mouvementée et un vent d’Ouest à Nord-Ouest d’une bonne vingtaine de nœuds…

Accrochez-vous ! Ce sont les montagnes rosses, de celles qui vous désarçonnent dans ce rodéo gascon… D’un côté, les vieilles vagues de Sud-Ouest, de l’autre la grand houle d’Ouest, et un troisième train de Nord-Ouest qui suit la nouvelle brise derrière le front. L’étrave pointe au ciel, pour retomber brusquement dans les entrailles humides d’une pyramide poisseuse : droite-gauche, avant-arrière, entre roulis et tangage, les solitaires se font secouer comme des pruniers, les jambes tétanisées sur les cale-pieds, un bras crispé sur une filière et l’autre sur la barre, la tête emmitouflée dans un ciré dégoulinant, quand un goutte à goutte s’immisce vicieusement jusqu’aux profondeurs du corps.

Adrien Hardy (Agir Recouvrement) avait réussi à prendre le commandement à l’issue d’une bordée extrême vers l’Ouest, histoire de toucher la bascule en premier : jackpot ! Mais dans son sillage, cinq autres lascars prenaient son tableau arrière en référence. Or à une centaine de milles de l’arrivée, ce long (très long) bord de débridé ne permettait pas de prendre de repos puisque chacun d’entre eux visait la victoire sur cette première manche. Un score important pour la suite de cette 48ème édition de La Solitaire URGO Le Figaro car les écarts s’annoncent conséquents entre le premier et le quinzième…

Et Nicolas Lunven (Generali) n’a rien lâché : c’est à la force des bras et à la détermination de l’esprit qu’il a fallu se forcer à renvoyer la grand-voile, puis certains ont même changé le foc solent pour le génois… À l’image de Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) qui se glissait sous le duo Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) et Alexis Loison (Custo Pol) pour venir inquiéter Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance). En ce milieu d’après-midi, alors qu’il ne reste plus qu’une soixantaine de milles, le podium est donc très incertain au sein de ce groupe qui espère le maintien de ce flux de Nord-Ouest jusqu’aux côtes espagnoles. Ce ne sera de toutes façons qu’au cœur de la nuit que la hiérarchie sera établie, avec une série d’arrivées au goutte à goutte jusqu’au petit matin blafard…

Share

Contenus similaires