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INTERVIEW // Tanguy Le Turquais : “J’y crois fort pour la quatrième étape”

Publie le 18/06/2019

24 heures après s'être échoué sur un rocher à l'est d'Aurigny, Tanguy Le Turquais est arrivé ce mardi à 14h35 dans le port du Bloscon, à Roscoff. S'il est forcément marqué par l'incident, le skipper de Groupe Quéguiner-Kayak entend bien être au départ de la quatrième étape de La Solitaire URGO Le Figaro samedi.

Comment va le moral, 24 heures après cet échouement à Aurigny ?
Je t’avoue que ça a été mieux, ce n’est pas une super expérience. En fait, ce qu’il s’est passé, c’est qu’on était dans un passage un peu délicat, la porte était en train de se refermer à Alderney, il y avait peut-être un coup à jouer en allant tricoter dans les cailloux pour passer l’île à contre-courant pour ensuite profiter du courant et se retrouver dans la même situation que les trois qui sont devant en ce moment. Il fallait être un peu audacieux, toute la flotte a été jouer dans les cailloux, j’étais avec eux. Le courant nous a alors fait déraper sur un caillou, on est nombreux à avoir talonné sur ce caillou, pas de chance pour moi, ma quille s’est bloquée entre deux têtes de roche. J’ai essayé de me dégager en bordant mon spi pour faire gîter le bateau, mais la mer est descendue trop vite et je n’ai pas réussi à repartir. Je suis resté échoué, j’ai tout fait pour sécuriser le bateau, ça a été assez dur à vivre. Après, c’est le jeu, en Figaro, on sait qu’on joue souvent le feu avec les cailloux, là, ce n’est malheureusement pas passé.

Au début, tu as malgré tout poursuivi l’étape, pourquoi as-tu finalement décidé de rentrer sur Roscoff ?
J’ai voulu continuer la course, parce que c’était important pour moi et pour mon partenaire de m’accrocher, je n’avais pas envie de lâcher. Mais au milieu de la remontée, j’ai perdu un morceau de safran tribord, le bateau devenait impossible à barrer sous voile, ce n’était donc plus possible de continuer parce que le bateau ne devenait plus manoeuvrable. C’est peut-être une bonne décision au final, parce que j’ai plus de chance pour réparer le bateau et espérer être au départ de la quatrième étape pour bien finir cette Solitaire.

Quelle est l’étendue des dégâts sur ton Groupe Quéguiner-Kayak ?
Heureusement le bateau n’a pas grand-chose, on va le sortir de l’eau pour voir si c’est possible de prendre le départ de la quatrième, mais je pense que oui, parce qu’il n’y a rien de cassé à part du plomb. Il n’y a pas de dégâts importants, le bateau n’est pas percé, les varangues n’ont pas sauté, aucune strat’ n’a sauté, donc a priori, on ne va pas sortir de résine, c’est une très bonne nouvelle. Les foils n’ont rien, il y a juste un safran qui est cassé. Quant au bulbe que j’ai pu observer avec ma caméra, il est complètement explosé, mais ce n’est que du plomb, ce n’est pas très grave. J’ai vraiment eu chaud, parce qu’il y avait une tête de roche à un mètre et le courant m’emmenait dessus, j’ai réussi à ne pas aller dessus, je ne sais pas grâce à quoi, donc j’y crois fort pour la quatrième étape.

Un mot sur ton début de course avant d’arriver sur Aurigny ?
Le début de course était bien, j’ai fait une super première nuit, j’enroule bien Videcoq, j’étais content, en phase avec le bateau. J’avais conscience qu’une porte allait se fermer et je ne savais pas si on allait pouvoir la passer, mais j’étais serein sur le fait de faire une belle course, même si je n’aurais pas forcément réussi à être avec les gars qui sont loin devant. Les étoiles ne sont pas alignées, c’est le jeu, mais va il falloir trouver l’énergie pour rebondir et revenir plus fort.

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