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La croix de Horraine

Publie le 16/06/2019

Après cinq heures de course, la flotte des 46 solitaires commençait à refouler le courant de marée qui s’est inversé au large de l’île de Bréhat. Dans cette bataille qui a débuté dès le plateau de la Méloine, puis entre les Sept îles et Ploumanac’h, il a fallu jouer avec le flot et surtout une brise assez volage : une série d’empannages en a suivi pour profiter de ces veines de vent et de courant…

Les routages qui promettaient une brise de Sud-Ouest certes mollissante, mais tout de même stable, semblent avoir tort : dès les Sept îles, le vent n’atteignait plus qu’une petite dizaine de nœuds avec un courant favorable d’au moins deux nœuds. Il fallait donc enchaîner les empannages pour aller chercher une bonne risée tout en profitant du flot. Délicate opération car parfois, le bord à terre apparaissait favorable, parfois l’écart au large semblait profitable. La hiérarchie prenait donc des allures de yo-yo avec des regroupements, suivis de divergences mais il fallait surtout rester dans le bon tempo quelque soit le choix.

Des Héaux et des bas

Julien Pulvé (Team Formation Vendée) était le plus à terre mais le coup ne portait pas immédiatement et à l’opposé, Xavier Macaire (Groupe SNEF) tentait le grand large sans pour autant marquer un avantage, jusqu’à ce qu’il traverse entièrement le plan d’eau… Le centre semblait donc la troisième voie de cette troisième étape de La Solitaire URGO Le Figaro ! Et en fin d’après-midi, au large des Héaux de Bréhat, Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir), le « bleu » qui avait frappé fort en Irlande, se montrait le plus percutant avec Yann Eliès (St Michel) et Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019).

En fait, au gré des risées qui ridaient une eau grisâtre sous un ciel de la même teinte, les positions variaient sensiblement mais le pack était encore compact avant la renverse. Car les écarts restaient tout de même réduits au sein du peloton, même si l’alarme sonnait déjà pour les deux Klaxoon : Cassandre Blandin revenue à Roscoff pour des soucis de pilote, était déjà à plus de quinze milles tandis que Matthieu Damerval qui avait déchiré son grand spi en baie de Morlaix, naviguait sous spi de brise à plus de dix milles des leaders…

Certes, la mer s’aplatissait au fil des milles, mais le vent s’écroulait aussi rendant ce grand bord de spinnaker de plus en plus laborieux. Et lorsque la renverse de courant s’installa sur zone (19h30 à Bréhat), le terrain de jeu s’avérait de plus en plus complexe à lire : le chemin de croix débutait au plateau de la Horraine ! Car avec 82 de coefficient, la mi-marée allait générer plus de trois nœuds de courant contraire à la tombée de la nuit. Mauvaise pioche pour larguer la sienne et mouiller par 40 mètres de fond… Mais il restait encore avant le coucher d’un soleil blafard, un souffle suffisant pour se battre contre un tapis roulant liquide, mais avec des vitesses inférieures à sept nœuds sur le fond. De quoi revoir totalement le programme concocté par les routages d’avant départ.

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