FRENG

Actualités

Le point zig-zag

Publie le 24/06/2019

Dans une ambiance de Terre-Neuvas, les 46 solitaires encore en course enchaînent les empannages dans une brise de secteur ouest à sud-ouest d’une quinzaine de nœuds. Mais la visibilité est franchement réduite par une épaisse brume et l’AIS rend bien des services. Et après Alexis Loison, c’est Armel Le Cléac’h qui donnait le tempo des changements de cap, en compagnie de l’Anglais Will Harris, alors que les deux options de la nuit ont convergé après Start Point.

Le coup passa si près que son chapeau tomba… La bataille d’Hernani fait encore rage en ces eaux troublées par un brouillard aussi dense que pénétrant : les « romantiques » venus en tricotant du Devon et les « classiques » partis au large cherchant un vent nouveau, se sont finalement retrouvés au large de Start Point. Un point de convergence qui n’a pas mis en exergue l’une ou l’autre de ces options : les uns ont peiné à tirer des bords le long des falaises anglaises en refoulant le jusant ; les autres ont patienté des heures jusqu’à l’arrivée d’une brise d’ouest qui ne s’est levée qu’à l’aurore en enrobant l’horizon d’une nappe prégnante.

Alors dans cette atmosphère qui confine à une ambiance de Terre-Neuvas, où seul l’AIS permet d’éviter une collision, sur une mer parfois couverte d’un champ de poissons morts qu’un chalutier sans vergognes a largués au matin en tapinois, ce souffle occidental fait du bien à tout le monde, même si la polaire est de rigueur et le cache-col bienvenu… Ce début de semaine commence par un point glissé sous grand spinnaker à plus de huit nœuds en direction de Portland Bill pour profiter encore du flot.

Faire le point

Car couture anglaise ou ourlet hexagonal arrivèrent au même point : le quarteron anglais emmené par Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur !) et Pierre Leboucher (Guyot environnement) a finalement réalisé un point de croix sur la route du peloton guidé par Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), Corentin Douguet (NF Habitat) et Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé). Alors les empannages suivent d’autres empannages au gré des petites bascules et renforcements de cette brise d’ouest à sud-ouest d’une quinzaine de nœuds. Alors tous (ou presque) ont choisi le point zig-zag pour s’approcher au plus vite de cette bouée Owers dans l’est de l’île de Wight, et qui va être bien longue à contourner !

Le groupe avance désormais de concert à près de dix nœuds de moyenne en direction de la presqu’île de Portland Bill, où une zone interdite a été définie ce jour pour cause de tirs de la Navy britannique. Mais il faudra donc à un moment ou à un autre replonger vers le large. Probablement avec la renverse car les courants, même avec de petits coefficients, sont conséquents dans ces parages. Quant à savoir si l’un (ou plusieurs) des solitaires aura la témérité de s’engager dans le Solent, ce bras de mer qui entoure l’île de Wight, c’est certainement la marée qui en décidera : la pleine mer à Cowes ayant lieu à 17h17, il est fort peu probable qu’aucun impétrant ne se risque dans ce boyau…

Enfin si Clément Commagnac (Grain de sable) a bien déclaré officiellement son abandon pour cause de problème physique (il fait route vers Saint-Malo), il n’en est rien pour Matthieu Damerval (Klaxoon-M). Le jeune navigateur a choisi le point de videlle, une technique de gabier pour réparer une voile déchirée en revenant sur le point d’origine. Le « bizuth » a ainsi opté pour un passage sous le DST des Casquets, c’est-à-dire du côté de la grande bouilloire du Raz Blanchard ! Celui-là même qui a coûté tant d’heures à la majorité lors de la troisième étape de La Solitaire URGO Le Figaro… Alors que des bulles chaudes sans vent remontent de la presqu’île du Cotentin, la voie est courageuse si elle n’est pas désespérée. Bilan à la bouée Owers que les premiers n’enrouleront pas avant minuit ce lundi… si tout va bien !

Share