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Les explications à chaud

Publie le 12/06/2019

Les solitaires s’expriment après leur arrivée au ponton de Roscoff : cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro a été particulièrement variée par ses conditions météorologiques depuis le départ de Kinsale… Une manche qui chamboule aussi le classement général cumulé.

Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé) 4ème à Roscoff
« Je suis content ! J’ai un peu attaqué tout au long de ce parcours et je me suis fait plaisir : c’est bien. Dès le bord de dégagement devant Kinsale, et dès la première nuit sous spinnaker. C’était intéressant. J’ai pu partir avec le groupe de devant et le peloton n’a jamais vraiment pu revenir. C’est le jeu de la régate. Il y a eu un petit regroupement dans le coup de mistoufle des Needles, mais j’avais déjà l’idée de passer dans le Sud du DST des Casquets depuis le début : j’ai envoyé mon gennaker alors que les autres étaient sous spinnaker. Et quand j’ai vu Adrien (Hardy) empanner, puis Jérémie (Béyou), je me suis conforté dans mon option.
C’était une belle étape où on s’est bien tiré la bourre. Il fallait aussi savoir gérer ses phases de repos. À la fin, c’était la galère avec les paquets d’algues ! Je m’étais juré de ne pas plonger… Mais j’ai fait des marches arrières. Il y a eu de bonnes glissades et on a découvert le bateau dans les conditions musclés : il est très tonique, mais ça va très vite, même avec peu de toile. Et on a eu toutes les conditions météo : bravo à tous mes prédécesseurs et à Jérémie qui est bien revenu. C’est bon pour le moral après la première étape !
»

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) 7ème à Roscoff

« C’est une étape plus satisfaisante que la première en terme de construction. J’ai passé les trois quarts de la course aux avant-postes. Et aux Needles, je n’ai pas vraiment hésité car le vent rentre de Nord déjà bien établi et je me dis que ce n’est pas à moi de prendre le risque d’aller de l’autre côté, mais plutôt à ceux qui sont loin au classement. Là oùje m’en veux c’est qu’il aurait fallu empanner au Nord du DST et on a trop tardé. C’est vrai que le vent était fort mais ce n’est pas une excuse, il y avait des molles à 20 nœuds. C’est le problème de ces étapes où on arrive en butée de validation des fichiers Grib avec en plus une situation instable de dépression orageuse. J’ai un peu loupé la fin avec deux ou trois empannages au dernier moment et Xavier m’a mis une bonne distance.

J’ai pris du goût avec de belles vitesses et on a eu des beaux passages, en Irlande, aux Scilly. Entre les grains de pluie, il y a toujours un rayon de soleil. La côte anglaise aussi, lorsque je suis allé virer à la côte, je voyais les vaches, les gens se balader, c’était joli.

C’est plutôt une bonne opération au général mais Yoann a l’air un peu au dessus du lot. Derrière, je m’accroche. On avu que sur ce bateau rapide avec de longs parcours, il peut y avoir de gros écarts. »

Morgan Lagravière (Voile d’engagement) 6ème à Roscoff

« J’ai pas l’impression d’avoir mieux navigué que sur la première, plutôt l’inverse. Les conditions étaient plus dures, avec plus de manœuvres et c’est là que tu fais les petites erreurs. Là où il faut que je progresse, c’est sur les choix stratégiques, je ne suis pas assez incisif, je me cherche, j’intègre beaucoup la flotte dans mes choix. C’est un bateau qui doit s’adapter à tes objectifs grâce au jeu de voiles très complet. Le problème, c’est que si tu n’en as pas, ou qu’ils ne sont pas clairs, tu ne peux compter que sur ta vitesse. De ce point de vue là, j’ai toujours pas mal d’aisance, comme en Figaro 2, mais il va falloir que je monte d’un cran au niveau de la prise de décision pour exploiter la quintessence du bateau.

La première nuit, à la descente d’Irlande, c’était sensé être un bord tout droit. On a tous envoyé les gennakers et tout le monde s’est entêté à faire la route en restant très loffé. Comme on attendait une transition et une rotation du vent, je suis mis à l’angle idéal du gennaker pour aller le plus vite possible et gagner dans l’Est. Et au final, cette transition est arrivée un peu plus tôt et on a commencé à tendre l’élastique avec quelques longueurs d’avance. C’était un bon coup parce que j’avais complètement raté le départ ! »

Alexis Loison (Région Normandie) 8ème à Roscoff

« C’est beaucoup mieux que l’étape d’avant mais c’était pas dur. J’ai pas eu beaucoup de réussite car la porte s’est refermée aux Scilly. Quand c’est reparti, je me suis mis comme objectif d’être premier de mon groupe et c’était le cas aux Needles donc je suis content, d’autant qu’il n’y avais pas n’importe qui autour de moi et qu’il fallait bien s’occuper du bateau. Je connais bien la côte anglaise et j’ai fait quelques bons coups, notamment à Start Point en me décalant. Ensuite j’ai fait un super bord de spi avec Xavier. J’ai pas tout copris après, on s’est perdu de vue. C’est un peu dommage car j’étais avec Xavier, j’empanne une première fois et c’était mon idée mais je suis retourné au large.

La mauvaise note, c’est que juste à l’ile de Batz, ma drisse de gennaker s’est ouverte, il af un dans la quille et j’ai du perdre 20 minutes sur Morgan qui était avec moi j’ai fait une marche arrière pour la récupérer et je n’étais plus très loin des cailloux

Jérémie Beyou (Charal) 5ème à Roscoff

« Bonjour Roscoff ! On a bien mérité notre escale après cette course complète. Ce parcours alternatif était plutôt très bien. Les conditions ont été très variées. Il faut être dessus tout le temps avec beaucoup de changements de voile. La fin de la première nuit, je suis resté complètement posé avec CMB performance. On a payé cher ! Dans cette course, il ne faut jamais se démotiver. Et cette nuit, j’ai tenté le coup au Sud des Casquets et me permet de faire une super seconde place qui me rassure bien.

Adrien et Gildas étaient bien engagés assez sud et n’avaient pas trop le choix. Moi j’ai empanné pour y aller, j’ai tout mis sur la table. Les conditions étaient maniables et on a bien progressé. J’ai fait un routage courant et c’est ce qui passait le mieux. Comme les prévisions de vent ne sont pas super pointues, je préférais privilégier ça.

Le bateau va vite, foile parfois et les moyennes sont élevées pour la taille. Je le trouve très humide mais plutôt marin. Certains bateaux ont eu des soucis. Mais Charal est bien préparé ! »

Pierre Leboucher (Guyot environnement), 9ème à Roscoff

« J’ai accusé le retard de la première nuit longtemps. Ensuite, dans le vent fort ca s’est bien passé malgré les problèmes d’électronique tout comme cette nuit. Dans la brafougne, j’ai fait quelques bons plantés mais ça s’est toujours bien terminé. Après, je ne sais pas si ça va tenir très longtemps. Je ne regarde pas le général, il ne faut compter qu’à la fin ! Les gens ne sont pas loin. La belle opération, c’est celle de Yoann. Il s’est extirpé de la molle en mer d’Irlande et fait une belle course. La petite transition qui je crois était un thermique aux Needles nous a un peu sauvé. »

Fabien Delahaye (Loubsol), 10ème à Roscoff

« C’est l’étape de beaucoup de premières pour nous avec ce Figaro Bénéteau 3. Des conditions nouvelles, des manœuvres qu’on avait jamais fait, du pilote dans la brise. Des conditions où normalement tu restes au port, mais là on était en mer et il fallait faire avec !

Je perds quelques places sur la fin car je suis parti du mauvais côté aux Needles. Quand le vent est rentré, j’étais bloqué par le DST, j’aurais bien voulu passer au Sud et finalement, j’ai tiré la barre. J’ai appris beaucoup de choses et je suis globalement content de ma place pour mon retour en Figaro. J’ai un peu de casse mais ce sont des bricoles. La nuit était un peu stressante, je n’étais pas serein, avec l’impossibilité d’abattre ou d’affaler à cause du DST. En revanche, on n’avait pas à empanner et c’ était plutôt bien. Je me suis refait avec quelques bons petits coups ce matin et ça aurait pu être bien pire. J’ai fait 15ème et 10ème, c’est pas mal mais il e manque encore de la confiance, la capacité à engager les décisions en premier. Ca fait quatre ans que je n’ai pas régaté à part sur des gros projets en équipages, donc c’est pas mal et j’engrange plein de bonnes choses pour revenir très fort l’an prochain ».

Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir), 18ème à Roscoff et deuxième bizuth

« Je suis content parce que j’ai réussi à être dans le coup plusieurs fois : des fois je recule mais j’arrive à revenir dans le bon groupe. Bon, il y a eu une petite échappée qui nous a coûté un peu d’avance après les Scilly : on ne les a pas revu ! Bravo à Yoann parce qu’il fait un bond au classement général. En « bizuth », Seb Marsset me passe devant sur cette étape : j’étais pourtant devant à la nuit, mais ce matin avec les empannages, en arrivant sur la pointe bretonne, je suis parti une fois sur le mauvais côté… La fin était à la queue-leu-leu avec beaucoup d’algues. Mais ça me plaît bien cette course, ce rythme : je suis paré pour la suite. Mais attention à la troisième manche, dans les cailloux tout le temps, ce sera plus exigeant. J’appréhende plus le côtier que le large. Et les algues, c’est une grosse galère ! »

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