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Les réactions des skippers au changement de parcours

Publie le 09/06/2019

Suite à l’annonce du changement de parcours ce dimanche matin, les skippers étaient conviés pour la présentation d’une nouvelle étape, toujours en direction de Roscoff mais via les îles Scilly et l’île de Wight. Réactions à chaud, plutôt positives dans l'ensemble.

Yoann Richomme (Hellowork-Groupe Télégramme)

« C’est une bonne nouvelle. Hier soir, mon coeur balançait en effet à cause de la sécurité. C’est la première fois que je me fais un briefing personnel de sécurité. J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’obstacles sur le parcours, zones d’éoliennes, puits de pétrole, de gaz et très peu de ports pour relâcher en cas de pépin. Tu rajoutes le trafic maritime là-dessus et notre bateau qu’on ne connait pas dans ces conditions, ça fait beaucoup quand même. Je crois que l’étape sera plus belle finalement comme ça. Et on aura quand même un bord de bourrin pour tester le Figaro 3 et mieux le connaître !».

Alain Gautier (Merci pour ces 30 ans)

« Ce n’est pas une question d’être déçu, c’est une question d’organisation. A partir du moment où le départ était décalé à 18 h, on avait le temps de faire un briefing ce matin et d’attendre les dernières informations météo. Globalement et c’est le cas de toutes les courses, on se fie trop à la météo qui reste une science inexacte. Plus on prend d’avance sur les informations, plus on prend ce risque. Les coureurs sont aussi responsables car ils veulent préparer très tôt leur étape avec l’armada et les équipes à terre le plus tôt possible. Personnellement, je n’ai pas de préparateur, je dois être ici et là en même temps, ce changement complique pas mal la journée. Après, je n’ai jamais eu 25 noeuds au portant avec le bateau, donc je ne vais pas me permettre de juger. Mais on aurait pu choisir un autre parcours, avec un peu moins de Manche car l’étape 3 en propose aussi beaucoup. Mais on est 47 et il peut y avoir 47 avis différents … »

Michel Desjoyeaux (Lumibird)

« On savait depuis quelques jours qu’on aurait un gros flux de Nord bien alimenté sur toute la descente de l’île de Man jusqu’à Lands End ce qui représente une belle glissade. Visiblement, Francis Le Goff a eu les nouveaux fichiers ce matin et a considéré que ce n’était pas raisonnable pour une première saison en Figaro 3. Donc on ne va tergiverser . Il faut s’adapter,… et vite. C’est plutôt cool car la Direction de Course nous envoie tous les way-points, ce qui facilite le boulot. On revient en terrain connu mais il reste du jeu car le parcours n’est pas canalisé notamment au niveau des DST et sur de longs segments. Il y aura plus de stratégie et d’écarts sur ce parcours que sur celui initialement prévu. Donc on arrête de se prendre le chou et on y va ! »

Clément Commagnac (Espoir Grain de Sable)

« Sur cette étape, je vais moins jouer de grandes options que celle de l’Ouest que j’ai réalisé en début de course avec Thomas Ruyant. J’ai vu que rester isolé, sans contact VHF, c’était compliqué. Je vais essayer de rester avec mon groupe, tenter des petits coups. Peut-être qu’il faudra rester agressif à la fin. »

Martin Le Pape (Skipper Macif 2017)

« Cette modification du parcours de la deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro change tout ! La décision de la Direction de Course est la bonne : c’était très chaud d’aller à l’île de Man avec des conditions très difficiles sur de nouveaux bateaux. Même si ce changement est tardif (quelques heures avant le coup de canon), c’était nécessaire à mon avis. Forcément, le tracé est plus court, moins ouvert, les portions de parcours sont plus petites. Et on aura moins de vent, mais on va jouer dans les courants de la Manche, avec des transitions, des passages à niveau : il faudra être dans les bons coups tout le temps ! »

Corentin Douguet (NF Habitat)

« Ce changement de parcours modifie la physionomie de cette deuxième étape, voire de La Solitaire dans son ensemble. Mais ce sont encore 530 milles et plein de coups à jouer ! C’est la décision du Directeur de Course et je pense que c’est une sage décision : on ne se rend pas compte que le canal Saint-Georges, c’est toujours pire que ce qui est annoncé dans les fichiers météo. Envoyer 45 bateaux tout neufs et que personne ne connaît dans ces conditions, ce n’était pas raisonnable… Ce vent-là au milieu du golfe de Gascogne, pas trop de problèmes ; mais en mer d’Irlande, dans une zone très restreinte en longitude, ce n’est pas bon : ce cumul de facteurs pouvait provoquer des incidents graves. Et ça ne s’est pas transformé en régate de quartier : il y a de la route à faire avec des zones complexes. Comme dit Darwin : « ceux qui survivent sont ceux qui s’adaptent ». Alors on va partir là-dessus… »

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