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L’état de grâce

Publie le 14/06/2019

Déjà vainqueur par trois fois de La Solitaire, Yann Éliès est mal parti pour finir à Dieppe sur l’une des trois marches du podium de cette cinquantième édition. Il revient sur les raisons de ses deux prestations en demie teinte entre Nantes-Kinsale-Roscoff et sur sa capacité à scorer sur les deux prochaines étapes.

« Yoann (Richomme) a accroché ce fameux état de grâce ! Et ces deux premières étapes correspondent bien aussi à son caractère : entreprenant, attaquant, engagé, qui assume ses choix, qui est capable (comme Armel Le Cléac’h ou Adrien Hardy) de suivre son plan de bataille, de sortir du groupe. Et il y a aussi la physionomie de ces étapes qui lui va bien… Ce que je n’arrive pas vraiment à savoir : est-ce que ce nouveau bateau va avec ce genre de parcours, de stratégie (et je pense que oui quand même) ? Et cela amène un coureur au-dessus du lot qui a beaucoup d’avance. Et puis est-ce qu’on a vécu deux étapes exceptionnelles ou seront-elles toutes comme celles-là ?

Quant à moi, j’ai accroché un bon feeling sur la première étape mais je me suis pris les pieds dans le tapis après Ouessant sur une erreur d’appréciation géométrique : j’ai fait une énorme bourde en allant me recaler à l’Ouest, à 90° de la route ! Ça m’a mis le doute dans le feeling parce que je fonctionne comme ça, au ressenti : quand tu t’es fait taper sur les doigts, quand tu as le sentiment de ne pas avoir percuté, forcément ça remet en cause l’approche pour la deuxième étape. Surtout qu’il fallait faire parler son feeling entre l’Irlande et Roscoff : on a été prévenu du parcours très tard, donc avec peu de préparation, et tout s’est joué sur le premier bord de portant en mer Celtique.

Il fallait laisser parler le corps, attaquer sous gennaker et voir après. Et là, je me dis non : la dernière fois, ton feeling t’a joué des tours, soit plus cartésien ! Suis le routage. On voit bien que La Solitaire n’est pas une course facile parce que tu peux avoir toutes les compétences du monde mais si à un moment donné, les cubes ne s’emboîtent pas, à la fin ça fait quelque chose qui ne fonctionne pas…

Là pour la troisième étape, on part sur un format un peu différent, avec plutôt un parcours côtier, plus proche de ce que j’aime bien. Il y a des écarts monumentaux qui laissent à penser que tout va rester figé tel quel : il faut aller chercher la belle étape. Mais je n’ai plus de certitudes : je ne suis plus dans l’optique d’un podium final. Que je fasse 13ème ou 8ème au classement final à Dieppe, ce n’est pas très important. Mais j’ai encore des victoires d’étape à aller chercher ! Il faut se refaire la cerise comme Adrien (Hardy) : je suis super content pour lui et Xavier (Macaire) qui revient très fort aussi. »

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