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Manche courte

Publie le 12/06/2019

A une dizaine milles de la bouée de Portsall, les deux options de la nuit se sont regroupées à l’avantage des partisans du Sud, Adrien Hardy et Gildas Mahé suivis par l’Italien Alberto Bona un peu en retrait. Il restera ensuite 35 milles à effectuer sur un seul bord dans un vent de Nord-Ouest modéré mollissant. Mais une grande partie de la Manche a été avalée très rapidement la nuit dernière : des moyennes à plus de quinze nœuds et des surfs à plus de vingt !

Sea, sail, surf ! Les Figaristes ont pris leur pied la (courte) nuit dernière dans une belle brise portante qui a accéléré le tempo jusqu’au petit matin. Des glissades spectaculaires à plus de quinze nœuds, voire vingt pour certains à l’occasion d’une belle vague. Car la Manche s’est réveillée avec ce flux de Nord-Est qui a certes tardé à s’installer du côté de la bouée Needles Faiway mardi après-midi, mais qui a fini par s’imposer en fin de journée.

Une molle britannique a en effet permis un regroupement, à tout le moins un recollage des premiers du peloton sur les leaders. Mais il faut surtout retenir l’option radicale de Gildas Mahé (Breizh Cola Equi’Thé) et d’Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur), suivis à plusieurs milles par l’Italien Alberto Bona (Sebago), puis loin derrière par l’Irlandaise Joan Mulloy (Beleive in Grace-Bussinesspost.ie).

Un Dispositif de Séparation de Trafic

Car c’est le DST des Casquets qui est à l’origine de cette scissiparité : au large de Cherbourg, une zone était interdite à la navigation pour les Figaro Bénéteau 3 et il fallait choisir entre la route assez directe adoptée par le leader Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) et la voie du Sud par l’île d’Aurigny. Au final, les « Sudistes » ont bénéficié une bonne pression au large des côtes finistériennes pour non seulement inquiéter les leaders du Nord, mais carrément, leur passer devant l’étrave ! Ainsi à quelques milles du virage en épingle à cheveu de Portsall, Adrien Hardy re-pointait à la deuxième place juste derrière Yoann Richomme, et Gildas Mahé à la quatrième, dans la poupe de Xavier Macaire (Groupe SNEF)…

Or depuis 8h06, la marée monte devant Portsall et il va falloir composer avec ces veines de courants même si les intensités restent raisonnables (coefficient 61) : certains comme Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Alexis Loison (Région Normandie), Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) ou Justine Mettraux (TeamWork) se sont ainsi décalés au large pour être moins affectés par ce flux. Mais il va de toutes façons falloir y aller au moment où le jus est le plus fort (entre 10h30 et 12h00) !

L’ourlet de Portsall

Alors après cette Manche courte (180 milles en 20h00), le final s’annonce plus lissé : une fois enroulée la bouée de Portsall, c’est un point droit qu’il faudra tirer jusqu’au Nord de l’île de Batz. Et ce avec la marée montante qui favorisera encore les premiers à tailler la route vers l’Ouest. La reprise après l’ourlet de la pointe bretonne ne devrait pas sensiblement modifier la hiérarchie : c’est donc au virage de la Grande Basse que les écarts vont réellement se fixer, à tout le moins pour les leaders.

Car derrière, le peloton risque fort de s’étirer lorsqu’il faudra refouler le courant de marée qui s’inverse à 14h59 à Roscoff, terme de cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro. Plus le solitaire tarde à franchir la ligne d’arrivée, plus le courant au Nord de l’île de Batz et devant Brignogan sera un boulet…

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