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Paroles de ponton (3)

Publie le 13/06/2019

Toutes les explications des solitaires à leur arrivée au ponton du port de Roscoff après cette deuxième étape de 535 milles qui s’est avérée beaucoup plus sélective que prévu.

Lois Berrehar (Bretagne CMB Performance) 26ème à Roscoff

« J’ai mis un peu trop de temps à arriver à Roscoff ! C’est une étape de la diversité : on a eu du gros vent, pas de vent. J’étais en tête la première nuit mais beaucoup de grains et je me suis fait rattraper par Armel Le Cléac’h. Et je suis resté sous un nuage et je ne suis pas reparti. Il y a eu plein de rebondissements et je n’ai pas réussi à prendre le dernier wagon : je suis resté dans la molle de Portsall. C’est un peu décevant… J’ai eu aussi des soucis avec des algues dans le cas, et je me suis fait mal au dos. J’ai pris mon mal en patience. Le bonhomme est fatigué mais le bateau ne va pas trop mal, même si j’ai eu de l’eau à bord. Mais on a eu des moments superbes. »

Benoît Mariette (Génération Sénioriales) 27ème à Roscoff
« Ce fut une super manche. Super variée. Toujours des conditions instables avec des molles, des grains. Ça n’arrête jamais et il y a du rythme tout le temps. J’étais encore dans le bon paquet au passage de l’île de Wight mais je me suis retrouvé bloqué dans le DST Casquets : j’ai dû changer de spi et tout le monde m’a passé… Je me suis régalé ! On a rencontré des conditions que nous n’avions pas connu auparavant, avec du vent fort au débridé la deuxième nuit. Et puis j’apprends à chaque sortie ! »

Éric Delamare (Enjoy to sail) 28ème à Roscoff

« Ça a été, c’était une belle manche, mais depuis Portsall ce n’est pas folichon. J’ai pris un bon départ, j’ai fait un bon début, et je me suis fait arrêter dans une molle avant les Scilly : tout le monde est parti ! J’étais dernier puis il y a eu un gros tri le long des côtes anglaises. Pour ma part, je n’ai rien cassé et pas une goutte d’eau dans le bateau. Je n’ai pas de boulot à faire à Roscoff ! Et dans la descente sous spi en Manche, je n’ai pas arrêté de faire des vracs… mais je suis plutôt en forme. Il va tout de même falloir faire mieux : je suis encore loin de mes attentes. »

Tom Dolan (Smurfit Kappa) 29ème à Roscoff
« C’était un peu dur pour les nerfs… Dans le Sud de l’Angleterre, c’était fou : le bateau volait sur ses foils ! Dans la première nuit, je me suis fait larguer sous deux méchants nuages. Du côté des Scilly, je suis sorti dans la molle et un pigeon était posé sur la bôme : il est resté à bord, à l’intérieur ! Et au DST des Casquets, je me suis posé la question mais c’était trop tard pour moi… Je ne pensais pas que ça passait. Et après, plus de vent à Portsall : c’était la troisième pétole ! »

Damien Cloarec (@damiencloarecskipper) 30ème à Roscoff
« J’ai failli couler : j’ai bombardé, le bateau va vite, mais j’ai commencé à avoir des fuites d’eau par les trappes de foils. Je ne comprenais pas parce que j’avais ralenti et je ne voyais pas d’où ça venait… J’ai fait comme Arthur (Le Vaillant) : on a fait du ralenti. Heureusement, ça a molli au Needles. Le match a été très intéressant, même si parfois tu es sous l’eau ! Mais je commence à m’habituer à l’ergonomie du bateau. Et j’ai la carburation sous gennaker : j’ai dépassé Yann (Éliès) ! Et j’arrive chez moi. Il va falloir se reposer… »

Arthur Le Vaillant (Leyton) 31ème à Roscoff
« J’ai fait une belle baignoire dans mon bateau ! Tout a pris l’eau. J’ai été un peu trop soft dans la brise. Et pourtant, j’ai bourriné… Et je prends dix heures à l’arrivée. J’ai pris un peu de plaisir au début et au portant, mais surtout à l’arrivée au coucher de soleil avec le croissant de lune : c’était beau ! Et puis j’ai eu le temps de voir : je suis resté longtemps devant l’île de Batz. Au final, j’aime bien l’eau mais pas à l’intérieur du bateau. Mais je n’ai pas voulu abandonner. Et je crois que Francis (Le Goff) a bien eu raison de ne pas nous envoyer à l’île de Man ! Et puis j’ai des soucis de vue : j’ai eu des black-out pendant la course avec de gros trous noirs. »

Loïck Peyron (Action Enfance) 32ème à Roscoff

« Une complète ! Une étape de misère, enfin pas pour tout le monde ! Ils sont malades : on est obligé de suivre, couché sur la portière… Je n’ai pas rangé ma chambre. Je n’ai plus de grand spinnaker et une fois que tu n’es pas dans le truc, c’est foutu. C’est un métier ! Il n’y a pas grand monde derrière… J’ai fait des siestes mais malgré ça, je suis fatigué. Et depuis Portsall, j’ai continué à m’auto-flageller. Je dois avouer que je me pose des questions… Je suis à des années lumières de ce que font les premiers. »

Achille Nebout (Le grand réservoir) 33ème à Roscoff
« J’étais dans le match, mais quand le vent fort est rentré, j’ai déchiré mon spi. Un enchaînement de vracs qui m’a fait rétrograder. Et puis après, le scénario cauchemar dans plus de vent. J’ai fait de belles choses au début mais là, ces deux premières étapes ont été vraiment dures pour la tête. Même si je me suis reposé, je suis atteint au moral. J’ai fait une grosse boulette qui m’a coûté cher. Les premiers sont impressionnants, mais on voit que l’expérience paye. Il faut encore que j’apprenne ! »

Matthieu Damerval (Klaxoon-M) Abandon

« Une deuxième étape qui ne démarre pas si mal, mais après aux Scilly, je n’avais plus de mode vent pour mon pilote. Et dans la première partie de la deuxième nuit, mon gennaker a lâché et s’est déchiré sur la chute : je me fais larguer. Et puis j’espérais revenir à la fin, mais ce ne fut pas le cas… Je suis tombé dans des calmes et en appelant la Direction de Course, on s’est aperçu que j’aurais eu du mal à franchir la ligne avant 6h06 ce jeudi : il valait mieux abandonner pour résoudre pas mal de petits soucis techniques à Roscoff. Il faut se préparer pour la troisième étape. Ce n’est pas toujours facile, cette Solitaire : c’est magique, mais c’est dur ! Heureusement, il y a eu des phases superbes au portant dans la brise. J’aurais pu faire mieux… »

Conrad Colman (Ethical Power) 35ème à Roscoff

« Physiquement, c’est dur. Mentalement, c’est dur. Mais dans la baston, j’étais très content ! Le bateau va bien parce que je n’ai rien abîmé. J’ai eu de bonnes sensations sous gennaker avec beaucoup de brise : j’ai découvert plein de choses. La Solitaire URGO Le Figaro reste une légende, une course incroyable ! Et sur cette deuxième étape, on a tout eu comme conditions… J’ai adoré naviguer sur ce bateau, même si le résultat n’est pas au rendez-vous. Je suis venu ici pour me jauger. »

Benoît Hochart (Gagner le large) 36ème à Roscoff
« J’ai été content de passer la bouée de dégagement parmi les premiers, et de me faire plaisir. Il y avait une option dans l’Est que je sentais bien mais il me manque encore de la lucidité sur les choix de voiles. Je fais trop de manœuvres… Il y a du positif, mais j’ai encore du boulot ! Ça va beaucoup mieux dans les petits airs où il ne faut pas perdre patience. Et le grand bord sous spinnaker en Manche, c’était sport, on a allumé : j’ai fait la bêtise de descendre trop sur la route et je n’ai pas eu de marge pour me recaler. J’apprends plein de choses mais je continue à me faire plaisir : c’était mon objectif ! Ça va dans le bon sens. Maintenant, il faut que je fasse de meilleurs résultats. »

Henri Leménicier (Eurêka) 37ème à Roscoff
« Pas mal de problèmes techniques : j’ai commencé à défaire un nœud qui s’était fait dans l’enrouleur… Une heure de boulot. Mais le pompon, c’est quand le bateau s’est rempli d’eau : j’ai carrément un trou dans le puits de foil ! Dommage parce que ce bord sous gennaker était super. Et puis après l’île de Wight sous grand spi, c’était top ! 16-17 nœuds… Mais je suis arrivé trop tard pour passer sous le DST des Casquets. Quant à la fin, il ne faut pas être en retard à Portsall. Je ne voulais pas être hors temps : être classé, c’est important. Et puis de belles lumières, ici à l’arrivée et aux Scilly : c’est super beau ! J’ai fait du tourisme en fait… »

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