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Paroles de pontons (2)

Publie le 12/06/2019

Après l’arrivée des premiers à Roscoff sur cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro longue de 535 milles et particulièrement variée en termes de conditions météorologiques, les solitaires reviennent sur leur parcours parfois chaotique…

Alexis Loison (Région Normandie) 8ème à Roscoff

« Je m’étais mis comme objectif d’arriver premier du groupe dans lequel je me suis retrouvé aux Needles. Il a vraiment fallu que je mette du charbon car je me suis retrouvé pris en chasse par des gars comme Xavier Macaire et Jérémie Beyou. J’ai profité d’une super carbu et ça m’a bien reboosté. Après, il y a eu ce long bord de portant pour rejoindre la pointe bretonne. Un bord assez fabuleux car le bateau allait super vite sur une mer super plate. On a attaqué comme des dingues sous grand spi et c’est passé. Je suis resté à proximité de Xavier très longtemps. Parfois, on s’est retrouvé tellement proches que si l’un d’entre nous deux était parti au tas, sans doute que l’on se serait touché. En tous les cas, ça a été super de l’avoir avec moi car ça m’a permis de doser et c’est un marin connu pour être très rapide sur ce genre de bord bien costaud. Après, il y a eu des options un peu différentes. En ce qui me concerne, il y a eu du bien et du moins bien. Je n’ai d’ailleurs pas tout compris en fait. »

Pierre Leboucher (Guyot Environnement) 9ème à Roscoff
« C’est presque encore sorti un peu de nulle part cette histoire car il faut bien l’avouer, je n’ai pas super bien débuté ma course. En mer d’Irlande, je suis tombé dans une molle après le passage d’un grain pluvieux. Tous ceux autour de moi se sont barrés, à commencer par Yoann Richomme. Après ça, on a eu une transition à gérer car le vent est passé du Nord au Nord-Est et je n’ai pas super bien négocié le truc. J’aurais dû tirer plus la barre mais je me suis fait avoir car les gars qui étaient à côté de moi m’ont collé trois milles, d’autant qu’à ce moment j’ai été confronté à un black-out électronique. Heureusement, c’est arrivé au reaching et pas au portant, sinon je ne sais pas comment j’aurais fait. J’ai tout débranché puis rebanché et j’ai fini par trouver la panne. Sur le long bord pour rejoindre la Grande Basse de Portsall, j’ai vraiment attaqué. C’est bien de finir une nouvelle fois dans les dix premiers et c’est évidemment super de rester sur le podium après deux étapes mais ce n’est qu’à la fin que l’on pourra réellement faire les comptes. Pas question de s’emballer à ce stade de la course. Il faut réussir à bien récupérer et là, j’avoue que je ne suis pas mécontent d’avoir une nuit de plus que prévu à terre lors de cette escale car la manche qui vient de s’achever a provoqué davantage de fatigue physique que la première… »

Fabien Delahaye (Loubsol) 10ème à Roscoff
« C’est la première fois que l’on a autant de vent, la première fois que l’on fait tous ces bords appuyés rapides au large, et beaucoup de manœuvres que l’on n’avait pas eu l’occasion de faire dans du vent fort… Ça a bien allumé au portant la dernière nuit : je ne m’attendais pas à ça, on se demandait quand ça allait s’arrêter. La nuit d’avant, nous avons également fait de bonnes moyennes, j’ai vu plus de 20 nœuds au compteur ! J’ai eu des rafales à 40 nœuds, c’est sûr qu’on n’a jamais eu l’occasion de vivre ça à l’entraînement… Et puis je suis content de mon étape, je fais un bon bord de dégagement, j’étais dans le bon paquet pendant cette manche. Pour un retour en Figaro après quatre ans d’absence, je suis satisfait. J’ai encore appris plein de choses sur le bateau, pour une reprise c’est bien. Je suis toujours bien placé, à vue des leaders. Le bateau est très exigeant, on se fait mal physiquement et je cherche encore quelques petites astuces en termes de manœuvres. Mais maintenant il va falloir être prêt pour repartir sur la troisième étape dimanche prochain. »

Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) 15ème à Roscoff
« Je me bats pour remonter et je développe une énergie monstrueuse pour grappiller des places petit à petit. À chaque fois ça marche, j’en tire surtout des enseignements. Quand tout se passe normalement, j’ai la vitesse et je suis à l’aise dans les manœuvres… Mais je sais maintenant que je ne joue plus le classement général, alors j’espère vraiment réussir à faire un résultat sur l’une des deux étapes suivantes. »

Tanguy Le Turquais (Quéguiner-Kayak) 19ème à Roscoff

« La belle image qui reste de cette deuxième étape, c’est le long des côtes anglaises ! J’étais à raser la côte et je me suis régalé. On allait vraiment très, très vite et j’ai remonté quelques concurrents. J’avais confiance ans le bateau, alors j’ai tiré dessus : j’étais en phase. Bon, j’ai fait l’étape quasiment sans pilote… Ça ne m’a pas perturbé plus que ça. Et le bord de portant sous spinnaker, c’était top mais j’ai un peu flippé parce que je ne pouvais pas lâcher la barre même quand le vent est monté au-delà de 25 nœuds… »

Clément Commagnac (Grain de sable) 23ème à Roscoff
« Drôle d’étape avec une première nuit de grains. On s’est retrouvé à quatre à ne pas savoir comment ça se passait sur l’eau. Et puis après, au Sud de l’Angleterre, je n’ai pas passé un bon moment : j’avais peur que ma voile d’avant ne déralingue et je suis resté sous génois. Et le retour sous spinnaker en Manche, il ne fallait pas mollir ! J’ai un peu pris l’eau par le tube de jaumière, mais rien de bien méchant. Et j’ai eu un casier à la fin, avant Portsall. Mais j’en tire du positif même si je perds trois places avant Roscoff. Il y a le plaisir d’arriver, mais pour moi, c’était la guerre… Et je suis arrivé pile à temps avant les calmes. »

Michel Desjoyeaux (Lumibird) 25ème à Roscoff
« Ce fut une étape compliquée avec plein de rebondissements. Dès le départ parce que je passe parmi les derniers à la bouée de dégagement et en tête à la bouée Radio France : j’avais révisé mes vents thermiques pour passer à terre. Après, plein de choix délicats pour aller jusqu’aux Scilly. Il y a eu des grains assez compliqués et je sors dans le paquet de dix à Bishop Rock. Le bord sous gennaker dans la brise, je n’ai pas su faire : je les ai vu passer à droite et à gauche. Je n’avais pas la vitesse, j’étais collé à la piste… Et puis j’ai fait des boulettes en arrivant sur les Needles et en ne préparant pas le long bord sous spinnaker dans la brise. Je suis parti deux fois au tapis : je n’avais jamais connu ces conditions ! J’ai mis le petit spi et ça allait tout seul sous pilote. J’ai remis le grand spi quand ça a molli, mais trop tard. »

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