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PAROLES // Pierre Quiroga : « Le Figaro 3, j’en rêve la nuit ! »

Publie le 15/09/2018

Pour sa troisième Solitaire URGO Le Figaro, Pierre Quiroga fait partie de ces skippers qui ont clairement franchi un cran, jouant régulièrement aux avant-postes et auteurs de trajectoires inspirées . Bilan avec le skipper Espoir CEM-CS qui termine sixième de cette édition et projection sur le proche avenir…

Quels étaient tes objectifs avant de partir du Havre cette année ?

On dit souvent aux jeunes skippers : La première année, on voit si tu as un petit talent. La deuxième, les résultats sont en dents de scie et c’est seulement à la troisième participation que tu peux espérer faire quelque chose. La course au large est un sport à maturité tardive. Il faut beaucoup d’expérience dans plein de domaines. Je le ressens clairement. Je vis beaucoup mieux, je mange mieux, je suis moins stressé, c’est tout un ensemble qui donne de la sérénité et te permet de prendre tes propres initiatives, d’être lucide.

Les top et les flops de ta Solitaire ?

Je n’ai pas vraiment eu de réussite sur la première étape. La seconde, j’étais avec le groupe de tête à la pointe de Bretagne et je me suis fait décrocher bêtement ; ensuite, j’ai cassé un safran et puis mon spi, donc c’était assez catastrophique, mais je sentais que ça pouvait le faire. La troisième étape a été mon meilleur résultat, c’est là que j’ai pu le mieux m’exprimer du début à la fin. Je parlais de sérénité tout à l’heure. Typiquement sur la troisième étape, en atterrissant sur Yeu, j’étais serein car à l’entraînement, on avait bien repéré comment ça se passait par vents de secteur Nord. Et puis connaître les feux, la topographie de la côte, ce sont pleins d’éléments qui permettent d’être plus tranquille quand la fatigue est là.

Comment t’entraines-tu au sein du CEM ?

En fait, je navigue en Méditerranée de Novembre à Mars au sein du Centre d’Entrainement Méditerranée de la Grand Motte. Mais lorsque la saison commence, mon Figaro est stocké en Atlantique et c’est au sein du Team Vendée que je m’entraîne, à Saint Gilles Croix de Vie. C’est ma famille d’accueil !

Tu termines 6ème cette Solitaire URGO Le Figaro. Qu’est ce qui te manque encore pour briguer un podium ?

Il m’a manqué un peu de réussite, le petit truc qui fait que tu arrives à rester dans le paquet. Ça tient aussi à l’expérience. Et puis j’ai eu un peu de casse aussi ce qui empêche rapidement de te maintenir au niveau des meilleurs. Regarde Gildas qui casse sa barre de flèche alors qu’il est très expérimenté.. Moi, mon safran qui s’ouvre en deux dans le golfe de Gascogne, ce n’était pas prévu au programme non plus. Mon hauban qui se décroche hier non plus. On fait un sport mécanique…

Je fais un podium d’étape, juste derrière le vainqueur de la Solitaire. C’était un des objectifs et au final c’est une bonne saison avec ma troisième place en Normandie, le Tour de France à la Voile et cette Solitaire bien remplie.

Combien de temps es-tu prêt à passer dans la classe pour arriver au sommet ?

Le Figaro n’est pas une finalité, ce n’est qu’une étape pour moi. Je m’étais même dit au départ que je ne ferai pas plus de trois éditions. Maintenant, il ya un changement de bateau et ça remet un peu les compteurs à zéro. Par contre, je ne referai pas plus de saison dans les conditions financières actuelles. Cette année, je n’avais que 40 000 euros de budget annuel en plus du bateau qui m’est prêté. Ca fait trois ans que je n’ai pas fait de chantier. C’est aussi pour çà que je casse un peu trop. Le budget fait partie de la performance en sport mécanique. C’est aussi un élément de sérénité. Pour pouvoir performer, il faut pouvoir se lever tous les matins en se demandant juste ce que tu peux faire de mieux sur l’eau. Moi, ce n’est pas forcément la préoccupation à chaque instant…

Comment vois-tu la prochaine saison en Figaro 3 ?

Le Figaro 3, j’en rêve la nuit ! Aujourd’hui, il faut avouer que certains Figaros 2 sont vraiment très rapides, intenables quand les bords sont longs. On se suit énormément pendant les courses sur des trajectoires très proches. Quand tu as 3 à 4% de performance en plus, tu es presqu’assuré de finir dans les 5 à chaque étape… Avec le Figaro 3, les cartes vont être redistribuées. Moi, j’ai fait beaucoup de supports différents, olympisme, match race, bateaux volants, je m’adapte assez rapidement. J’ai passé ma première nuit en mer le 12 février 2016. J’étais tétanisé et en fait, j’y ai pris goût. Alors j’ai vraiment hâte de pouvoir me battre à armes égales sur ce nouveau bateau. Nous n’avons pas finalisé la décision d’achat avec mes partenaires, mais j’espère pouvoir boucler le projet très bientôt.

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