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PAROLES // Premiers mots après quatre nuits en mer

Publie le 12/09/2018

Ils le disent tous à l'arrivée. Elle fut dure cette troisième étape, dense, indécise, complexe. Et usante alors que les 24 heures Vendée Massif marine se profilent déjà à l'horizon pour un départ demain à 18h30. En attendant, les skippers racontent.

Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), vainqueur de la troisième étape à Saint Gilles Croix de Vie

« Je suis bien content ! Je suis explosé et je n’ai plus de voix parce que j’ai trop gueulé en arrivant. C’est une étape où il n’ y a pas beaucoup d’écart. Mais ça conforte ma place au général et ça va me permettre d’aborder la dernière étape plus sereinement. C’était une longue étape, bien dure, très différente de celles d’avant et je suis très content de l’avoir emporté. Je me suis bien donné et les quatre nuits en mer, ça commence à faire mal.J’ai vu des baleines, j’ai vu des dauphins, il a fait beau.

Deux victoires d’étape sur trois et trois étapes en cinq ans de Figaro, je sais pas si beaucoup ont fait ça

Et puis c’est pas comme si j’avais pris la tête à la fin de la course. Je me suis retrouvé devant à 250 milles avant l’arrivée, quand on avançait à 4,5 noeuds. Mentalement c’était dur j’ai essayé de pas trop me focaliser sur la course, de prendre du plaisir et ça l’a bien fait.

J’ai eu du mal à partir, c’était pas une situation très confortable. Finalement, avec de petits coups de réussite, j’ai réussi à remonter. J’ai l’impression que c’est que des petits coups de réussite qui permettent de prendre la tête. J’ai l’impression que tout le monde a été bien servi à un moment donné, moi aussi

On peut pas surveiller tout le monde. J’étais avec mes adversaires directs au général, j’étais assez content de ma position. Thierry, il est parti,…, je ne l’ai même pas vu partir de toute façon. Par contre c’est vrai que lorsque j’ai vu ses 20 milles d’avance au classement, je me suis dit c’est quoi ce truc. J’ai essayé de refléchir et c’est parce qu’il était plus proche de la route directe.

La première nuit c’ était compliqué de dormir parce qu’il n’yavait pas de vent. J’ai pas saisi ce qui se passait ; la deuxième nuit, je me suis bien reposé, le bateau était plus stable, c’était plus facile. La troisième nuit par contre, j’ai senti qu’il se passait quelque chose, que c’était pas du tout le moment d’y aller J’avais la tête qui tombait, j’essayais de rester accroché. La dernière, avec l’euphorie de l’arrivée, on reste accroché. Ca a encore molli à l’ile d’Yeu, c’ était pas le moment de se relâcher. La prochaine étape ne fait que 24 heures, ce sera facile. »


Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS), deuxième à Saint-Gilles Croix-de-Vie

« C’était un temps de Méditerranée ! Une étape longue et pleine de rebondissements en mer. Le vent était capricieux… Il en a fait des siennes et il fallait se frayer le bon chemin à travers tout ça. Quand je suis parti vers le Nord après le cap Ortegal, je ne savais pas qu’il y avait Thierry Chabagny mais j’ai pris un énorme plaisir parce que j’ai navigué comme je le voulais, parce que je n’avais personne à côté de moi pour mettre de la pression, parce que j’ai navigué comme je le sentais. Et ça m’a emmené proche de la route directe en faisant abstraction des autres concurrents : je suis content que ça ait payé !

J’ai fait le plus gros yo-yo de l’histoire puisque j’étais en tête la première nuit, puis j’étais vraiment derrière le lendemain matin avec six milles de retard, puis j’ai eu l’opportunité de faire la route directe vers Saint-Gilles ce qui faisait du chemin en moins… Et puis l’avantage de naviguer seul, c’est qu’on peut gérer son rythme et j’ai pas mal dormi, hormis cette dernière nuit. J’arrive donc relativement frais pour une dernière étape courte, mais qui vient rapidement (jeudi soir). »


Gildas Mahé (Breizh Cola), troisième à Saint Gilles Croix de Vie

C’était un truc de dingue car on est tous arrivés en une demi-heure après tant de trucs. Quand tu voie le nombre de virements de bords, le nombre de fois où on a cru prendre un plomb définitif en loupant la risée, la rotation, la bascule, le machin … au final non et ça c’est joué sur le dernier virement au large à 100 mètres près.

J’ai toujours été dans le match ça c’est bien, et puis c’est comme pour les étapes précédentes plein de choses positives j’ai jamais était aussi au point j’ai réussi à doubler Charlie sous voiles plates je leur ai mis un demi miles. Boom du jamais vu ! De toute ma carrière de voileux j’ai jamais fait ça. C’est cool, c’est bien de faire une belle manche car j’en avais ras le bol de prendre des plombs.

Je me suis pas posé de questions avec le paquet avec lequel j’étais, franchement j’avais pas la moindre idée d’où ils étaient, enfin si vaguement mais je sais pas du tout ce que ça aller donner ça distribuait tellement vite que du coup je me suis dit si tu veux gagner il faut déjà être en tête du paquet avec lequel tu es et puis après on verra bien mais on a trouvé plus vite que nous. Sébastien nous a doublé dans une petite transition Charlie, Anthony et moi. Il nous a doublé par dessous et il ne s’est jamais arrêté, on est tombé dans la molle il est parti et il nous a mis un mille et demi comme ça. J’ai bien dormi au près le dernier bord pour aller jusqu’à l’île d’yeu vu que j’allais vite ça tombait bien je voulais pas faire d’erreurs après sur les envois de spis, passage d’îles mais sinon on n’a pas dormi beaucoup. Franchement il fallait mettre du cœur à l’ouvrage en permanence c’était compliqué.

C’est vrai qu’il y a une prochaine étape demain, j’ai un objectif depuis que j’ai cassé une barre de flèche, c’est de gagner une étape. Je sais que je peux le faire et il reste qu’une étape. Sébastien Simon il a mis plus de 24 heures à me doubler donc une étape que de 24 heures, normalement ça peut être bon.


Xavier Macaire (Groupe SNEF), sixième à Saint Gilles Croix de Vie

« Sébastien (Simon) a eu un peu de chance parce qu’une molle nous est arrivée dessus et il a gardé un brin de risée… Il en a profité avec justesse ! Maintenant, il a fait de l’écart, mais ça reste jouable au classement final. C’est chaud parce que le niveau de jeu est impressionnant. L’étape a été dure pour moi parce que j’ai pris un très mauvais départ et je me suis retrouvé planté et avant-dernier à la sortie de la ria de Muros ! J’ai eu jusqu’à six milles de retard… Je me suis refait un peu la première nuit avec une option au large et ensuite j’ai pu rester dans le groupe de tête. J’ai tout de même une pointe de déception parce qu’à l’île d’Yeu, je me fais doubler par deux bateaux à cause d’une petite bascule de vent.

Il s’est passé plein de choses différentes sur cette troisième manche, mais il y avait plus de pression et plus de vent d’Est au fond du golfe. J’ai tout de même hésité à suivre Chabagny… J’ai préféré rester avec le groupe où se trouvait mes concurrents directs. Si je relativise, cette étape est plutôt bonne pour moi puisque je reste deuxième au classement général. »

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