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PAROLES // Un « bleu » dans les yeux

Publie le 15/09/2018

Thomas Cardrin termine dixième au classement général et surtout premier « bizuth » de cette 49ème édition de La Solitaire URGO Le Figaro. Le jeune Vendée a impressionné par sa régularité et sa technique, particulièrement lors de la deuxième étape dans la brise au portant…

Thomas Cardrin, d’où venez-vous ?

Je suis originaire d’une petite ville à trente kilomètres des Sables d’Olonne, Vendéen pure souche. J’ai toujours fait de la voile parce que mon père a un bateau aux Sables et j’ai commencé en Optimist au club, puis sur un Moth Europe. Ensuite j’ai poursuivi mes études à l’Institut Nautique de Bretagne (INB) de Concarneau dans la technique et le technico-commercial, ce qui correspond à un BTS. À l’issue de cette formation, j’ai travaillé dans un petit chantier qui fait de voiliers de course et de croisière : j’ai bossé pendant quatre ans comme technicien et commercial tout en m’occupant des développements des nouveaux bateaux. Cela m’a permis de naviguer avec l’architecte Pierre Rolland pendant deux saisons en double, en Mini-Transat : c’est là que j’ai mis le pied à l’étrier en course au large (Mini-Fastnet, Transgascogne)…

Et tu as continué à travailler dans le milieu nautique…

J’ai aussi bossé pour le Tour de France à la Voile pendant quatre ans dans une société qui faisait de la location de M-34 tout en participant à quelques étapes. Jusqu’en 2014. Avec l’arrivée du Diam 24 OD, j’ai monté un projet « Dynamique Voile » pour faire le Tour Voile et à suivre, je suis parti en Nouvelle-Zélande pendant deux ans. J’ai pu travailler pour Team New Zealand qui préparait la Coupe de l’America aux Bermudes, comme technicien à Auckland pour la construction des foils : j’ai réalisé tous les foils, du premier au dernier pour les Kiwis…

Une superbe expérience !

Absolument, dans le secteur du composite, c’était très instructif. Et très enrichissante parce que c’était une super équipe. Il y avait plusieurs Français autour de l’architecte Guillaume Verdier et d’Alix de Lamotte, et des Suisses, des Anglais, des Italiens et des néo-Zélandais bien sûr ! Une expérience de vie. On a continué jusqu’à la fin des duels à faire des pièces pour le catamaran.

Et après cette Coupe de l’America ?

Je suis rentré en Vendée et je suis très copain avec Benjamin Dutreux. Il m’a informé que le Team Vendée cherchait quelqu’un pour s’occuper du développement du Figaro Bénéteau 3 à Saint-Gilles Croix-de-Vie. J’ai ainsi intégré le team pendant un an et demi pour superviser la logistique, les essais en mer, la mise au point technique… Et en décembre 2017, le team cherchait un skipper parce que Julien Pulvé ne voulait pas replonger malgré ses bons résultats : j’ai accepté avec beaucoup d’envies ce challenge.

Mais tu n’avais quasiment jamais fait de solitaire !

J’avais fait deux courses en Mini-Transat et du double au large. Mais je savais que cela me plairait. C’était difficile nerveusement parce que j’ai vécu un mois compliqué mais une fois dans le bain de la première étape, cela m’a révélé et surtout remis de la confiance. Je termine 17ème de cette première manche, 9ème pour la deuxième (magique !), 20ème à la troisième mais pas très loin des leaders, et 21ème pour l’ultime étape.

Quel objectif t’étais-tu donné ?

Au départ de La Solitaire URGO Le Figaro, je visais plutôt le « top 15 » et premier « bizuth ». Là j’ai la dixième place ! Mais j’ai toujours navigué libéré, sans stress et sans pression. Pour autant, il ne faut jamais rien lâcher : c’est une course de morts de faim ! On court après un nonosse et c’est le premier qui l’attrape qui le garde et qui gagne… Je ne réalise pas vraiment la performance que j’ai faite mais je prendrais du temps après pour comprendre. L’important, c’est de naviguer propre, de faire de belles trajectoires, sans faire d’options extrêmes. Rester serein.

Tu as fait très peu de Figaro Bénéteau 2 avant La Solitaire !

J’ai été désigné en décembre, j’ai récupéré le bateau de Julien Pulvé en janvier et j’ai tout de suite fait un chantier pour connaître ce monotype jusqu’en février pour avoir confiance dans mon bateau. Puis j’ai fait des sessions d’entraînement avec Xavier Macaire, Benjamin Dutreux et Romain Baggio à Saint-Gilles Croix-de-Vie avec Étienne Saïz comme coach. J’ai ainsi pu vite rentrer dans le bain, m’apercevoir que j’avais la vitesse et on a tous attaqué la Maître CoQ qui s’est avérée très rude ! Et j’ai enchaîné avec le Tour de France à la Voile avec Benjamin Dutreux…

Après cette Solitaire, que vas-tu faire ?

Je me pose des questions mais je ne ferai pas coureur au large professionnel : j’aime trop la technique et travailler avec mes mains. J’aimerais rentrer dans une équipe de la Coupe de l’America ou au sein d’un team pour préparer un Vendée Globe.

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