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Petites histoires de solitaires (2e partie)

Publie le 29/06/2019

A l'arrivée de la 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, nous avons demandé aux skippers de nous raconter moments marquants, anecdotes et autres souvenirs de leur mois de navigation. Dans cette deuxième partie, la parole est à Clarisse Crémer, Sébastien Marsset, Eric Péron, Alain Gautier, Julien Pulvé et Conrad Colman.

Clarisse Crémer (Everial) : « Sur l’avant-dernière nuit, juste après avoir passé Owers, on tombe dans une énorme pétole avec du vent qui tourne dans tous les sens : 6 nœuds d’un côté, puis 10 dans un autre, puis 3 encore dans un autre, on faisait des 360 sur nous-mêmes, on se faisait embarquer à l’envers de la piste, il fallait changer de voile tout le temps. Je ne comprenais plus rien, j’allais à chaque fois regarder mes chiffres à l’intérieur du bateau, parce que j’avais l’impression que mon cerveau était sorti de ma tête. J’avais tous les petits feux de mât, tous les petits points rouges et verts autour de moi, j’étais persuadée que c’étaient des yeux de chauve-souris qui me regardaient et allaient me fondre dessus, comme dans les dessins animés, j’étais à la limite de la folie. »

Sébastien Marsset (Handicap Agir Ensemble) : « C’est la première fois que je descendais du bateau en course pour retirer des algues, ça ne m’était jamais arrivé. La première fois, c’était à l’île d’Yeu sur la première étape, après, ça s’est reproduit trop de fois. J’ai aussi fait un paquet de marches arrière, j’ai passé des heures avec la corde à nœuds, avec la caméra sous l’eau, c’était assez problématique. »

Eric Péron (French Touch) : « Mon préparateur ronfle tellement que cette année, je mettais des boules Quiès pour dormir aux escales, et finalement, grâce à ça, je n’ai jamais aussi bien dormi sur une Solitaire du Figaro, donc merci Eneour de m’avoir permis de bien dormir ! »

Alain Gautier (Merci pour ces 30 ans) : « Mon tout droit à Wolf Rock sur la dernière étape qui m’a coûté cher en énergie, 20 minutes de bagarre avec mon spi. Le bateau est part au tas jà cause d’un problème de télécommande de pilote, ensuite, je tape dans le bloqueur de drisse de spi que j’avais pré-ouvert pour préparer la manœuvre, le spi tombe à l’eau et chalute, je ne voulais pas couper la drisse, car sans drisse de spi, c’est mort, je ne voulais pas non plus que le spi se déchire, donc j’ai pris lutté pour le rentrer, c’était infernal. J’ai cramé beaucoup d’énergie dans cette histoire, j’ai pris un gros coup au moral, même si ça s’est bien fini, puisque j’ai gardé tous mes atouts pour la suite. »

Julien Pulvé (Team Vendée Formation) : « J’ai fait une sieste surprise quelques heures après le passage de Wolf Rock, alors que je n’avais pas prévu de dormir du tout. Je me suis réveillé au fond du bateau, j’avais l’impression d’avoir dormi dix ans, alors que ce n’étaient que quelques minutes, mais ça fait toujours bizarre de se réveiller comme ça, tu ne sais pas trop où tu es. »

Conrad Colman (Ethical Power) : « Les algues sur la dernière étape. J’ai plongé cinq fois, la dernière une fois que le vent était déjà rentré, j’étais au taquet au près, le bateau avançait bien, à 7,5 nœuds, j’ai atterri sur un banc de sable, la vitesse du bateau a chuté à 2,5 nœuds, j’étais posé sur une île d’algues, j’ai plongé, ça m’a pris plusieurs minutes pour tout dégager, je me suis coupé la main, il y avait du sang partout sur le bateau quand je suis remonté. »

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