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Petites histoires de solitaires (3e partie)...

Publie le 29/06/2019

A l'arrivée de la 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, nous avons demandé aux skippers de nous raconter moments marquants, anecdotes et autres souvenirs de leur mois de navigation. Dans cette troisième partie, la parole est à Armel Le Cléac'h, Henri Leménicier, Arthur Le Vaillant, Alan Roberts, Martin Le Pape et Achille Nebout.

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « Sur la première étape, quand j’étais dans mon option à l’est, je ne savais pas trop où étaient mes concurrents, j’ai réussi à joindre Francis Le Goff par Iridium après plusieurs essais, je lui demande mon classement, j’étais persuadé que j’étais derrière avec beaucoup de mecs aussi dans l’est, il me répond que je suis 18e à 8 milles du premier, je me dis alors que ça va bien se finir. Mais ce qui était marrant, c’est que pour démarrer cette Solitaire, je me suis retrouvé 36 heures complètement seul, ça faisait drôle pour une Solitaire du Figaro, je crois que ça ne m’est pas arrivé souvent, on a plus l’habitude de naviguer en paquet. »

Henri Leménicier (Eurêka) : « A la deuxième escale à Roscoff, le bateau est vraiment dans un sale état, il y a énormément de boulot à faire dessus, mais je n’ai pas de préparateur. Je lance alors un appel à l’aide sur les réseaux sociaux à ma bande de Ministes. Et là, le réseau, s’est mobilisé, il y a un commando qui est arrivé le samedi, hyper efficace, ils ont pris en charge toute ma job-list qui était longue comme un jour sans fin. Ils ont tout fait, un boulot de dingue, du coup, le bateau était nickel pour la suite de la Solitaire. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur, parce que c’est quand même dur d’aller bricoler aux escales quand on n’a pas de préparateur. »

Arthur Le Vaillant (Leyton) : « Le moment qui m’a marqué, c’est sur l’étape 2 au large de Wolf Rock quand le bateau s’est rempli d’eau, je t’avouerai que mon seul objectif après était juste de finir la course, ce que j’ai réussi à faire. En plus, Martin Le Pape venait juste d’appeler à la VHF pour dire que ça n’allait pas du tout et qu’il arrêtait, moi, le bateau se remplissait d’eau, avec un black-out électronique, c’était dur à vivre. »

Alan Roberts (Seacat Services) : « Mon meilleur souvenir, c’est à chaque fois que je suis arrivé au Sud de l’Angleterre, j’ai réussi à naviguer super vite. La première fois, j’ai mis le gennak, j’étais à Mach 2, deux nœuds plus vite que tout le monde. C’est peut-être le fait d’être près de la maison, tu sens ta terre, ça te donne de l’énergie. »

Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) : « Le moment où, sur l’étape 3, on se barre avec Mich (Desjoyeaux) à Aurigny, c’était top. Quand tu passes d’un courant contre à un courant favorable après plusieurs heures d’effort et que tu vois tout le monde s’éloigner, c’est génial, avec en plus Mich à tes côtés. »

Achille Nebout (Le Grand Réservoir) : « On a eu très froid pendant cette Solitaire, et la seule technique qu’on trouvait pour se réchauffer, c’était d’allumer le moteur, d’ouvrir les portes du compartiment moteur et de s’allonger à côté en boule. Pendant l’étape 2 vers Kinsale, j’ai dormi comme ça quasiment tout le temps. Après, comme meilleur moment, j’ai eu un incroyable coucher de soleil sur la dernière étape après Wolf Rock avec 50 dauphins qui jouaient autour du bateau pendant trois heures. »

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