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Petites histoires de solitaires (4e partie)...

Publie le 29/06/2019

A l'arrivée de la 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, nous avons demandé aux skippers de nous raconter moments marquants, anecdotes et autres souvenirs de leur mois de navigation. Dans cette quatrième partie, la parole est à Loïck Peyron, Pierre Quiroga, Thomas Ruyant, Benoît Mariette, Robin Marais, Benjamin Schwartz et Xavier Macaire.

Loïck Peyron (Action Enfance) : « C’est Corentin (Douguet) qui m’a appelé en VHF lorsqu’on passait au large de Penzance pour me demander si quand j’avais fait la Mini-Transat, elle partait encore de Penzance. Je lui ai dit oui, parce qu’elle partait effectivement encore de là, c’était la deuxième édition. Ça a réveillé quelques souvenirs, j’ai regardé cette jolie baie en me remémorant le départ de cette Mini en 1979. Ça fait un peu ancien combattant ! »

Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) : « Un des moments marquants de ma Solitaire, c’est sur la première étape, quand j’ai appris au classement de 15 heures que j’avais 30 milles de retard au Fastnet alors que je pensais jouer le podium de l’étape, j’en ai pleuré au fond du bateau. J’ai demandé plusieurs fois, parce que je ne comprenais pas, je ne pensais pas qu’on pouvait prendre autant et j’étais persuadé d’être devant, j’avais fait une super nav’ au milieu de mon paquet. »

Thomas Ruyant (Advens – La Fondation de la mer) : « La plus grosse bêtise de ma part dans les Héaux de Bréhat, je fais une super nav dans les cailloux avec Adrien Hardy et Pierre Leboucher, et, chose que je ne fais jamais, j’envoie mon gennak au mât pour aller plus vite au lieu de l’envoyer derrière. On était dans la pétole, tout allait bien et en fait, j’oublie de reprendre la drisse à l’arrière, mon gennak tombe à l’eau, ce n’était pas un moment drôle, mais je m’en suis sorti. Sinon, comme anecdote plus sympa, c’est la deuxième journée de la Solitaire. Au classement du matin, je suis avant-dernier à 47 milles, et là, je touche le vent en premier, je fais un bord de folie sous gennak et je me retrouve en tête le soir, une remontada qui m’a fait bien plaisir. »

Benoît Mariette (Génération Senioriales) : « Les algues, je m’étais juré de ne jamais plonger sur le bateau parce que ce n’est pas raisonnable, mais comme les autres, je l’ai fait plusieurs fois. Sinon, j’ai vraiment apprécié le départ de Nantes, les départs dans les grandes villes avec toute l’animation qu’il y a autour, ça donne une autre dimension à la course. »

Robin Marais (Ma Chance et Moi) : « Un moment fou dans la première étape juste avant d’arriver au Fastnet dans la pétole, je croise un rorqual de 8-9 mètres qui est venu tourner autour du bateau. Il avait un bout de filet ou je ne sais quoi coincé dans la gueule, je pense qu’il cherchait quelqu’un pour lui enlever, j’ai hésité à me mettre à l’eau pour le faire, mais je me suis dit que ce n’était pas très sérieux. C’était en tout cas un moment magique de rester plus d’une heure avec cette baleine. »

Benjamin Schwartz (Action Contre la Faim) : « J’ai plusieurs moments, un par étape : le passage du Fastnet sur la première, le carton avec Alain sur la deuxième, le contournement d’Ouessant dans la brume sur la troisième, c’était féérique de jouer contre le courant le long des cailloux et de la Jument. Et sur la quatrième, le coucher de soleil après Saint-Marcouf qui était exceptionnel. C’est l’un des plus beaux que j’aie jamais vu, avec quarante bateaux arrêtés dans la pétole, les voiles qui prenaient feu avec le rouge du soleil, c’était magique. »

Xavier Macaire (Groupe SNEF) : « Le dernier jour de la quatrième étape, la météo pour l’arrivée nous prédisait une baston d’anthologie avec 25-30 nœuds de nord-est, rafales à 40. Moi au petit matin, quand je prends une première rafale à 20 nœuds, je mets mon solent, je matosse tout, je mets le ciré, ambiance casque lourd et mode combat, mais en fait, au bout d’une heure ou deux, le vent retombe à 12 nœuds et adonne plein nord, on se retrouve vent de travers à 80-90 degrés du vent au lieu de tirer des bords, je me retrouve avec mon solent sur la mauvaise drisse, je ne peux plus envoyer le gennaker, parce que ça me prendrait trop de temps, le bateau n’avance plus… Je m’étais préparé à la guerre, et en fait, c’était la paix. »

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