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Petites histoires de solitaires (5e partie)...

Publie le 29/06/2019

A l'arrivée de la 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, nous avons demandé aux skippers de nous raconter moments marquants, anecdotes et autres souvenirs de leur mois de navigation. Dans cette cinquième partie, la parole est à Tom Dolan, Damien Cloarec, Justine Mettraux, Will Harris, Matthieu Damerval et Benoît Hochart.

Tom Dolan (Smurfit Kappa) : « En allant en Irlande, je me suis retrouvé avec un pigeon à bord. J’ai passé trois jours avec lui, il chiait partout, mais il m’a accompagné dans les moments durs, notamment quand on a pris 35 nœuds, il s’est mis en boule entre les batteries, je l’ai appelé Fluffy, c’est le nom typique d’un chat en Irlande. Ensuite, il est resté quelques jours à Roscoff, après, il s’est barré. »

Damien Cloarec (@DamienCloarecSkipper) : « Je retiens des histoires d’animaux : sur la première étape, en arrivant au Fastnet dans la pétole, une tête sort à dix mètres du bateau, c’était un phoque énorme, il me regarde, il plonge, il me regarde encore. Loïck (Peyron) arrivait juste derrière moi, je l’appelle pour lui dire qu’il y a un phoque qui joue avec moi. Il me répond : « Excellent ! » et je le vois debout sur son pont à regarder lui aussi le phoque. Ensuite, sur la troisième étape : sur l’étape d’avant, Tom Dolan avait eu un pigeon qui était resté avec lui, là, au départ à Roscoff, un pigeon vient se poser exactement au même endroit que pour lui, entre la bôme et la grand-voile, peinard, au portant, il m’a regardé, a fermé les yeux, serein, je me suis demandé si ce n’était pas le même. J’ai appelé Tom pour lui dire qu’il m’avait refourgué son pigeon, je lui fais une description, il me dit qu’il ressemble au sien, me donne quelques recommandations : “Il faut lui donner ça à manger, il va aux toilettes à 20 heures…” Plus tard, j’ai empanné mais je l’ai complètement oublié, je crois que le pauvre pigeon a mal fini. Tom m’a dit : « Mais tu ne lui as pas dit paré à empanner ? » Paix à son âme, RIP pigeon de Tom. »

Justine Mettraux (TeamWork) : « J’écoutais un podcast pas très marrant sur le génocide au Cambodge, et vingt minutes après, je me suis retrouvée avec un sac de riz dans mon foil, il ne devait pas être là depuis très longtemps, c’était un clin d’oeil amusant. »

Will Harris (Hive Energy) : « La deuxième étape après les Needles, quand on a traversé la Manche, on arrive dans 35 nœuds sous spi juste après le DST, je ne savais plus quoi faire, j’étais obligé de rester à la barre, le bateau était complètement gîté, je ne pouvais pas affaler le spi, j’étais à la limite de rentrer dans le DST, je n’arrivais pas à contrôler le bateau. Heureusement, le vent a changé un peu et j’ai réussi à mieux le maîtriser. J’ai atteint sur ce bord une pointe à 21-22 nœuds, je n’ai jamais été aussi vite en Figaro 3. »

Matthieu Damerval (Klaxoon – M) : « Le passage du Fastnet avec Conrad (Colman), on se tirait la bourre sur tout le bord de près, c’était la guerre des nerfs en arrivant sur cette côte irlandaise. On attendait ce Fastnet depuis deux-trois jours et au final, on l’a passé en une minute trente. Je suis passé juste devant lui mais à l’arrivée de l’étape, c’est lui qui passe devant, il n’a rien lâché alors que moi, j’arrivais au bout de mes batteries. »

Benoît Hochart (Gagner le large) : « L’arrivée de la troisième étape, particulièrement dure, avec plein de rebondissements, il a fallu s’accrocher. Au moment du passage de la ligne, je me suis refait tout le film de l’étape, le départ de Roscoff me paraissait super loin, avec tout ce que nous venions d’endurer. En plus, je termine 16e, un super résultat. C’est le point positif que je retiens de cette Solitaire et c’est ce qui va m’encourager à continuer, à progresser pour attaquer l’année prochaine avec l’envie de faire bien. »

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