FRENG

Actualités

Petites histoires de solitaires (7e partie)...

Publie le 30/06/2019

A l'arrivée de la 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, nous avons demandé aux skippers de nous raconter moments marquants, anecdotes et autres souvenirs de leur mois de navigation. Dans cette septième et dernière partie, la parole est à Morgan Lagravière, Yoann Richomme, Alexis Loison, Tom Laperche, Clément Commagnac et Eric Delamare.

Morgan Lagravière (Voile d’engagement) : « La fin de la dernière étape, il m’est arrivé un truc assez atypique : j’étais plutôt bien positionné pour la fin de course, voire potentiellement en tête de flotte à 24 heures de l’arrivée. Mais la dernière nuit, j’ai ratissé deux casiers coup sur coup, le deuxième est resté dans la quille pendant pas mal de temps, à tel point que quand la bouée du casier est apparue sur le côté du bateau au bout de 10-15 minutes, je me suis précipité pour la récupérer et couper le bout, mais avec la fatigue, je me suis complètement vautré dans le fond du cockpit et j’ai percuté la barre d’écoute au niveau du thorax, résultat, j’ai les cartilages au niveau des côtes et les muscles bien abîmés, j’ai douillé sur la fin de course et j’ai encore mal quatre jours plus tard, heureusement qu’il n’y a pas de cinquième étape ! »

Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) : « A l’arrivée au ponton à Dieppe, Antho (Marchand) vient me voir et me dit : « Yoyo, je fais troisième ! » et tous les deux, on se dit « Oh merde ! », parce qu’on était tous les deux déçus pour Alexis (Loison) qu’il ne finisse pas sur le podium. Ça illustre bien finalement la bonne ambiance qui existe sur cette Solitaire entre tous les marins, ça vaut de l’or. »

Alexis Loison (Région Normandie) : « Dernière étape, on est au portant à caler des empannages dans un brouillard « bien anglais ». À chaque croisement, on se retrouve avec Morgan (Lagravière) en route de collision, égalité parfaite. Lors du dernier croisement, il arrive à passer juste devant et se moque de moi. Je fais alors semblant d’être fou de rage et je prends une manivelle de winch pour la lancer sur le pont. Grâce à une jolie maladresse de ma part, j’ai réussi à d’abord me la lancer sur le pied pour qu’elle rebondisse ensuite et fasse un joli trou dans le gel-coat du bateau. J’avais l’air malin… »

Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir) : « Mon meilleur souvenir, c’est mon arrivée sur les côtes irlandaises lors de la première étape, ensuite toute la bagarre le long de l’Irlande que je ne connaissais pas, c’était super joli. Et au final, je réussis à finir à peine plus d’une minute derrière le vainqueur, Yoann, goûter à ça pour une première étape de Solitaire, c’était chouette. »

Clément Commagnac (Grain de sable) : « C’est la première étape quand je pars tout seul avec Thomas Ruyant. Lors de la vacation juste avant, quand on me demande ce que je vais faire, je dis que comme c’est ma première Solitaire, je vais rester avec le groupe, mais en fait, je suis allé tout droit avec Thomas. Je me suis dit qu’il y avait du vent nulle part, donc autant tenter un truc et jouer l’ouest ne me semblait pas une mauvaise idée, car le vent rentrait là-bas. On est restés longtemps collés, mais Thomas s’en sort bien, puisqu’il passe premier quand il recroise avec le peloton, moi pas loin d’être dernier, comme quoi, il ne fallait pas le lâcher. Un mètre, c’est un mètre. »

Eric Delamare (Enjoy to Sail) : « Le passage à Aurigny : je me suis retrouvé bloqué contre le courant au Raz Blanchard. J’étais 8e à 5 milles devant le groupe de derrière et je me suis retrouvé 3 heures après avec les derniers, mais toujours au même endroit ! C’était un passage dur pour les nerfs mais qui reste gravé dans nos souvenirs de cette Solitaire. »

Share