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Quatre à quatre avec Jérémie Beyou et Yann Eliès

Publie le 01/06/2017

Triples vainqueurs de La Solitaire URGO Le Figaro, Jérémie Beyou (Charal) – 15 participations - et Yann Eliès (Queguiner-Leucémie Espoir) – 16 participations - tentent sur la 48e édition d’être les premiers à décrocher une quatrième victoire. Les deux skippers se sont livrés au jeu de l’interview croisée.

4 mots pour définir La Solitaire URGO Le Figaro ?
Jérémie Beyou :
Vitesse parce que sans la vitesse, tu ne peux pas gagner, lucidité, parce que c’est également un ingrédient indispensable pour performer sur la durée, motivation, car c’est elle qui permet de revenir à chaque fois, et résistance.
Yann Eliès : Plaisir, parce qu’on n’y revient pas une 17e fois sans prendre un minimum de plaisir, joie, même si ça a mis du temps à venir, peine, car on vit aussi des moments atroces, et difficulté.

4 souvenirs marquants de La Solitaire URGO Le Figaro ?
Jérémie Beyou : Forcément mes trois victoires : la première en 2005, que j’attendais tant, c’était une grosse délivrance, une grande fierté parce que derrière moi, c’était Michel Desjoyeaux, ça m’avait aussi mis le pied à l’étrier pour partir sur le circuit Imoca ; en 2011, c’est clairement la plus aboutie, j’avais d’ailleurs oublié que j’avais gagné trois étapes sur cette édition, j’étais vraiment au sommet de mon art ; la troisième en 2014, elle est un peu plus dans le combat, mais ça reste une victoire, c’est comme un match de foot, il n’y a pas de mauvais 1-0. Le quatrième souvenir, c’est une victoire d’étape à Dingle en 2009 : je n’avançais vraiment pas au portant, je m’étais fait décrocher, du coup j’étais allé dormir avant l’arrivée à Dingle en me disant que ça pouvait prendre feu, ça m’avait permis d’avoir un peu plus de fraîcheur pour contourner les gars de devant qui avaient « marqué » la zone sans vent pour les poursuivants. J’étais content de la gagner parce que ça m’était souvent arrivé par le passé de me faire avoir dans l’autre sens.
Yann Eliès : D’abord ma première victoire d’étape en 2002 pour la naissance de mon fils Titouan. Il devait naître pendant l’escale à Gijon, je m’étais tâté pour rentrer, mais c’était le bout du monde, donc je décide de rester, je me dis que je m’arrache et je gagne ! C’est là que j’ai vraiment senti qu’on pouvait aller chercher des choses incroyables rien qu’avec la tête ; ensuite, il y a un souvenir difficile, en 2005, une étape vers Cork, je n’avais plus d’antenne VHF, je ne savais pas où étaient les autres, mais j’étais persuadé d’être premier, du coup je lève les bras, j’exulte, et au moment où j’arrive au port, un mec arrive en zodiac pour me dire où me placer et enlever le plomb, il me dit : « Va te mettre à côté de Laurent Pellecuer », je le regarde, je lui dis : « Ah ouais, il a abandonné ? C’est dommage… » Et le mec me répond : « Ah non, il est arrivé premier il y a un quart d’heure ». J’ai été très humilié… Il y a aussi ma première victoire en 2012 qui est une vraie délivrance, parce que j’ai douté, et le naufrage de Bruno Jourdren au Pays de Galles en 1998, on a passé du temps à le chercher, on ne savait pas où il était, on a appris finalement qu’il avait grimpé la falaise à la force de son bras pour trouver le premier pub du coin et appeler !

4 mots pour définir l’autre ?
Jérémie Beyou : Talent, loyauté, expérience, amitié.
Yann Eliès : Travail, respect mutuel, amitié, abnégation.

4 rivaux principaux en plus sur cette 48e édition ?
Jérémie Beyou :
Charlie Dalin, Nicolas Lunven, Sébastien Simon, Erwan Tabarly.
Yann Eliès : Les mêmes !

Une 4ème victoire, ce serait…
Yann Eliès : Avoir son nom accolé à ceux de Philippe Poupon, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam et Jérémie, c’est déjà une sacrée fierté, si je gagne une quatrième fois, je pourrai peut-être dire qu’à un moment donné, j’ai été un petit peu meilleur qu’eux. Ce serait aussi un bon moyen de m’aider à me présenter au départ du Vendée Globe 2020 pour me battre avec Jérémie.
Jérémie Beyou : Ce serait une victoire de plus sur La Solitaire URGO Le Figaro, tout simplement. Ce n’est pas la gagner une quatrième fois qui m’intéresse, mais la gagner tout court.

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