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Retroussage de Manche

Publie le 09/06/2019

Les 45 solitaires en course pour cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro ont pris le départ devant Kinsale à 18h00 (heure française) dans une brise de secteur Ouest modérée. Devant les étraves, tout de même 535 milles suite à la modification du parcours qui ne passe plus par l’île de Man mais par les Needles, devant l’île de Wight. Yann Éliès enroulait en tête la bouée de dégagement au large de Head of Kinsale…

Il va falloir se retrousser les manches pour cette deuxième étape qui laisse encore très ouvert le jeu avec ses 535 milles de Kinsale à Roscoff ! Certes, les solitaires ne verront pas encore l’île de Man que l’on décrit comme un paysage sublime vu de la mer. Mais la mer d’Irlande et surtout le canal Saint-Georges annonçaient des conditions de navigation à la limite de la sécurité : un flux très puissant de Nord doit balayer la zone mardi, de l’Écosse à Ouessant avec des rafales à plus de 40 nœuds et une mer forte.

Or il y a moult dangers à parer entre le pays de Galles et l’Irlande avec un resserrement d’une petite trentaine de milles, après des bancs de sable, des puits de pétrole et des champs d’éoliennes… Dans une zone que peu de navigateurs connaissent et sur un bateau que les marins n’ont pas encore testé dans ces conditions de mer et de vent. Raisonnablement, un nouveau tracé s’imposait pour préserver le sens de la course tout en proposant un parcours technique qui permette de privilégier l’endurance et la stratégie.

Des Manche à suivre

Certes d’aucuns souligneront que cette cinquantième édition de La Solitaire URGO Le Figaro donne une grande importance à la connaissance de la Manche puisqu’une fois paré le phare de Bishop Rock (aux îles Scilly) soit à 125 milles de Kinsale, les 45 solitaires vont piquer sur l’île de Wight à 190 milles de la pointe de la Cornouaille britannique. La bouée des Needles n’est alors pas la plus simple à contourner avec les courants de marée qui sévissent dans le Solent ! Puis ce sont 180 milles à courir pour traverser obliquement la Manche en direction des roches de Portsall, à la pointe bretonne et enfin, un sprint final vers Roscoff de 40 milles…

Il y aura donc de quoi se refaire pour certains, de quoi enfoncer le clou pour d’autres, de quoi titiller les meilleurs ou de quoi jouer au yo-yo dans le classement pour d’autres encore… Bref avec un passage des Scilly lundi soir dans une brise mollissante, puis des Needles mardi dans des calmes révélateurs d’une phase de transition, puis sur un long bord vers la pointe bretonne dans un flux d’Est modéré s’écroulant à la côte, pour finir dans les petits airs vers la baie de Morlaix ! Il y aura donc des passages à niveau qui peuvent créer des écarts conséquents, surtout la dernière nuit le long du Léon…

Ainsi ce nouveau parcours donne le ton avec ses côtes anglaises et une Manche que les concurrents vont retrouver lors de la troisième étape de Roscoff à Roscoff (460 milles) en passant par les abords de Sein, Plymouth et Saint-Malo ; et lors de la quatrième étape entre Roscoff et Dieppe (500 milles) via Wolf Rock, Owers et Saint Marcouf ! Avec des coefficients de marée en hausse…

Yann Éliès en ouvreur

C’est donc dans une brise modérée d’Ouest à Sud-Ouest d’une bonne douzaine de nœuds que la flotte s’est élancée devant la ria de Kinsale, deux solitaires étant absents pour réparation de leur monture : Cassandre Blandin (Klaxoon-C) après son abordage d’un cargo au large de Ouessant, et Gildas Morvan (Niji) suite à la percussion violente d’une roche à l’île d’Yeu. Un navire de la Marine irlandaise sonnait le canon à 18h00 pétantes et ce fut Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) qui prenait le meilleur pour cette entame vers Head of Kinsale. La droite du plan d’eau, côté terre, semblait plus favorable pour Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Arthur Levaillant (Leyton) mais ce sont les partisans du large qui sortaient du lot !

Malheureusement, Benjamin Schwartz (Action contre la faim) rentrait au port suite à une collision avec Alain Gautier (Merci pour ces 30 ans) avant le départ. Un abordage violent puisque le vainqueur du Vendée 1992 était contraint de jeter l’éponge et de rentrer directement vers Roscoff pour réparer un trou dans sa coque. Pendant ce temps sur l’eau, la flotte descendait sous spinnaker vers l’entrée de la ria dans le sillage de Yann Éliès (St Michel).

Passage à la bouée de dégagement
1-Yann Éliès
2-Fabien Delahaye
3-Tanguy Le Turquais
4-Éric Péron
5-Arthur Levaillant
6-Gildas Mahé…

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