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So far away from Fairway

Publie le 11/06/2019

Il aura fallu quasiment deux jours et deux nuits pour que les premiers solitaires commencent à apercevoir la bouée de Needles Fairway, à l’entrée du Solent, près de l’île de Wight. 315 milles en 48 heures ne résument pas vraiment la diversité des conditions rencontrées par la flotte qui a souffert la nuit dernière au point que trois abandons supplémentaires sont à noter.

Il va falloir y arriver à cette satanée bouée, mouillée en plein dans le courant de marée descendante qui sévit depuis ce midi au large de l’île de Wight ! Car si les conditions météorologiques se sont nettement améliorées depuis le lever du jour, ce n’est pas pour autant que ce virage en épingle à cheveu va être facile à négocier… Et même si la nuit dernière, particulièrement animée par un flux violent de Nord et une mer plutôt forte et désordonnée, a fait un peu le tri parmi les leaders, il faut creuser l’écart pour se mettre à l’abri d’un retour au portant.

Sièges à bascule

Car les places sont chères sur cette deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro : pour l’instant, c’est un fauteuil pour quatre, voire cinq si on compte Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur) qui s’est décalé de trois milles au vent. Toujours en pole position, Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) mène le train comme une locomotive depuis le cap Lizard. Et dans le « tender », ils sont trois à chasser cette petite échappée du leader car ils savent qu’une fois la bouée Needles Fairway débordée, c’est au portant que l’affaire va se jouer jusqu’aux roches de Portsall.

Or le premier qui passe la marque gagne beaucoup de points puisque non seulement il remporte le classement Banque Populaire du Grand Ouest, mais surtout il filera bon vent portant vers le but sous spinnaker et avec le courant favorable, quand ses poursuivants tireront encore des bords contre le reflux… Quelques longueurs d’écart se transforment vite en milles !

C’est donc la bascule du vent au Nord-Est qui a confirmé les deltas importants qui marquent déjà cette fin de louvoyage britannique. C’est vers 10h00 (heure française) que le flux puissant de Nord qui avait certes propulsé la flotte mais surtout l’avait nettoyé au Karcher avec ses 30-35 nœuds et sa mer gonflée, a laissé progressivement place à une brise plus maniable d’une douzaine de nœuds de Nord-Est. Patatras : les gennakers qui avaient fleuri au lever du soleil ont fait place au petit foc, puis au génois pour tirer des bords afin de passer la pointe de Swanage et rentrer dans la baie de Poole. Bien installé comme ouvreur de piste, Yoann Richomme était ainsi suivi à deux milles par Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé) et Morgan Lagravière (Voile d’engagement), avec Adrien Hardy en embuscade au vent.

Un peloton étiré

Derrière, les écarts construits durant la nuit n’ont fait que s’aggraver puisque Fabien Delahaye (Loubsol, 6ème) pointe à plus de huit milles, Éric Péron (French Touch, 12ème) à plus de quatorze milles, Loïck Peyron (Action Enfance, 25ème) et Yann Éliès (St Michel, 26ème) à plus de 18 milles et Henri Leménicier (Eurêka, 37ème) à plus de 27 milles… D’ailleurs avec six abandons depuis le départ de Kinsale, deux avant le coup de canon (Alain Gautier et Sébastien Schwartz) sur abordage, un au large de l’Irlande (Julien Pulvé) pour énergie en faille, et trois pour problèmes d’étanchéité des trappes de foils (Cécile Laguette, Martin Le Pape, Thomas Ruyant), il ne reste plus que 39 solitaires en course…

Et si le final de cette deuxième manche s’annonce aussi délicat que la traversée de la mer Celtique (ce qui est fort possible au vu des fichiers météo qui prévoient une bascule du vent au Nord-Ouest puis à l’Ouest avec molles le long des côtes finistériennes), il va falloir cravacher sec pour revenir sur cette échappée ! Parce que le cumul de ces deux premières étapes pourrait créer des écarts tels que seuls Yoann Richomme et Armel Le Cléac’h s’en sortiraient avec les lauriers… Les choses seront loin d’être acquises à Needles Fairway, mais il y a déjà un petit tremblement de mer qui agite la flotte.

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