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Tapage nocturne

Publie le 12/06/2019

A moins de 50 milles de la Grande Basse de Portsall, les Figaro Bénéteau 3 affolent les compteurs. Si le vent a baissé à partir de 2 heures ce matin, la première partie de nuit a été menée à un train d'enfer avec des moyennes de plus de 15 noeuds. Derrière le leader Yoann Richomme, décidément solide sur cette étape, le peloton s'est densifié et les attaques peuvent venir de toutes parts sur les derniers bords de recadrage avant Portsall.

Fini le club des cinq ! Dix concurrents se tiennent en 5 milles alors que le vent continue de mollir en approche des côtes bretonnes.



“Hier à la même heure, on avait le vent dans la figure, donc on ne va pas se plaindre ! Mais c’est vrai que cette nuit sous grand spi c’était à la limite du raisonnable avec des pointes à 20 noeuds ” s’exclamait Loïs Berrehar d’une voix claire ce matin à la VHF.

Après un petit arrêt buffet pour panne de vent à la bouée des Needles, la flotte est en effet repartie de plus belle. Ce petit intermédiaire a été bénéfique pour les poursuivants du club des cinq qui éclatait au passage. Alors que le gros des troupes partait tribord amures au Nord du DST des Casquets, Gildas Mahé (Breizh Cola Équi’Thé) et Adrien Hardy (Sans Nature, pas de Futur) empannaient pour passer au Sud.


Par la face Nord
Une trajectoire finalement pas idéale puisque les deux compères rétrogradaient sérieusement au classement ce matin, ils accusaient plus de 10 milles de retard. Distancés d’environ 1 heure 30 aux Needles, des poursuivants comme Xavier Macaire (Groupe SNEF), Will Harris (Hive Energy) ou Alan Roberts (Seacat Services) revenaient en revanche très fort et se retrouvaient ce matin au contact des leaders pour un final très indécis. “La flotte est pas mal revenue après les Needles et il faut être vigilant à l’atterrissage sur Portsall, même par petit coefficient de marée, il y a beaucoup de courant” prévenait Armel Le Cléac’h. Toujours en position de chasseur du leader Yoann Richomme, Armel sera-il prophète en son pays ? Il reconnaissait en tous cas que le skipper d’Hellowork est “l’homme en forme, celui qui maitrise bien les choses”.

Mais avec moins de 4 milles d’avance, et alors que les vitesses sont encore proches de 10 noeuds, les écarts peuvent se faire et se défaire rapidement. Ce matin, une dizaine de concurrents peuvent rêver légitimement de podium. Yoann Richomme ne devra donc faire aucune erreur pour conserver la tête jusqu’au bout, d’autant que le vent doit nettement faiblir en approche de la dernière marque avant Roscoff. Pour l’heure, quasiment tous les skippers ont empanné et naviguent bâbord amures, quasiment en layline vers Portsall, bien aidés par le jusant qui les sort de la Manche.


Dénouement dans l’après-midi en baie de Morlaix
Alors qui sera à 100% jusqu’à cette fin d’après midi où sont attendus les premiers en Baie de Morlaix ? Physiquement d’abord, car ces trois nuits n’ont apporté que de maigres tranches de repos. Et techniquement car chacun panse ses plaies. Pour Armel Le Cléac’h, il a fallu faire de la mécanique cette nuit par 30 noeuds pour changer la roue de la pompe à eau du moteur (qui assure son refroidissement). D’autres se plaignent encore d’entrées d’eau et peut-être que certaines gardes robes ne sont pas sorties intactes de ces deux sessions de tapage nocturne. Morgan Lagravière confiait ainsi que le long de l’Angleterre, il “avait frisé la correctionnelle, encore sous génois avec des claques à 48 noeuds!”


Une chose est sûre, le débriefing sera long sur les pontons de Roscoff ce soir après ces 535 milles sans concession depuis Kinsale, qui laisseront des traces sur cette cinquantième Solitaire URGO le Figaro.

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