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Veillée d’armes au Havre

Publie le 25/08/2018

A la veille du départ de La Solitaire URGO Le Figaro, les 36 skippers ont assisté samedi en fin d’après-midi au briefing météo avant d’être présentés au public du Havre, venu en nombre sur le village. Qu’ils soient débutants ou bizuths, la concentration se lisait sur leur visage, d’autant que les conditions pour les 24 premières heures de course seront musclées.

Ils ont bon compter 16 participations pour le premier, 15 pour le second, Thierry Chabagny (Gedimat) et Erwan Tabarly (Armor-Lux) confient sentir toujours une petite pointe de stress à la veille du départ de La Solitaire URGO Le Figaro. “C’est une compétition, donc on a forcément toujours un peu d’appréhension, d‘autant plus qu’on va partir dans du vent assez fort, ça nécessite de l’attention et de la concentration. Tout ça fait qu’il y a un peu de pression, mais c’est normal”, confie le premier samedi à la sortie du briefing météo animé par Cyrille Duchesne de Météo Consult, le spécialiste météo de la course, Francis Le Goff, le directeur de course, et Jean Coadou, président du comité de course. Même son de cloche chez le second : “On a forcément de l’appréhension quand le départ arrive, parce qu’on n’a pas envie de se planter. En plus, un départ, c’est toujours une zone de contact avec beaucoup de bateaux, ça génère une petite tension. Et le parcours en baie qui nous attend dimanche va être compliqué, avec un départ au portant, des manœuvres, des spis à affaler, des marques à contourner, on va transpirer, et ensuite, on va être vite dans le vif du sujet, avec une traversée de la Manche dans du vent au portant”.

Ces conditions musclées annoncées pour le départ, avec une traversée express de la Manche et un début de louvoyage au près dans du vent fort après la tombée de la nuit le long de l’île de Wight, sont finalement la principale source d’inquiétude pour les 36 marins, qu’ils soient aguerris à ce genre de navigation ou novices. “On va d’abord traverser sans une minute de sommeil, à la barre et aux écoutes tout le long, à essayer d’avancer et surtout de ne pas casser. L’erreur serait de trop forcer, de surjouer et de déchirer un grand spi, ce qui serait très pénalisant pour la suite de l’étape, ça va être un compromis entre forcer et la sécurité du matériel et du bonheur”, estime ainsi Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM), rejoint par la Suissesse Justine Mettraux (TeamWork) - “On sait qu’on va avoir 24 heures un peu sportives, donc il y a un peu de stress par rapport à ça, on n’a pas envie de faire d’erreur, d’abîmer le matériel” - et Alexis Loison (Custo Pol), l’un des grands favoris de cette 49e édition : “Les conditions vont être casse-bateau et casse-voiles, ce n’est pas le moment de tout casser, mais en même temps, il faudra tout donner”.

Du côté des plus novices, certains essaient de la jouer plus détaché à l’instar de Calliste Antoine (ImmoNew), vainqueur mercredi du prologue URGO en bizuth : “Je suis très serein, parce que j’avais beaucoup de travail, le bateau n’était pas prêt, il y avait trop de choses à faire pour stresser, je n’ai pas eu le temps de me mettre la pression. Là, je commence à peine à regarder la météo”. La Franco-Américaine Nathalie Criou (Richmond Yacht Club Foundation), qui avait eu le droit l’an dernier à un baptême du feu compliqué sur la première étape de sa première Solitaire dans les conditions musclées du Golfe de Gascogne, alterne entre décontraction et concentration : “La grande différence, c’est qu’on sera au portant, c’est quand même plus agréable, mais ça va mouiller quand même, il s’agira de bien respecter le matériel, de bien garder de l’énergie, en se disant que ce n’est que le début et que la route sera longue”. 543 milles exactement pour cette première étape entre Le Havre et la Baie de Saint-Brieuc qui devrait proposer aux 36 solitaires tout un panel de conditions, une vraie belle étape de Solitaire en perspective…

Ils ont dit :

Corentin Douguet (NF Habitat) : « La pression monte doucement, il y a un départ à gérer et 24 premières heures de navigation qui s’annoncent assez engagées, il ne faudra pas se faire surprendre. Il restera certes du chemin quand on aura passé Owers, ça ne se jouera pas que là, mais il ne faudra pas exploser le spi en deux. Après, cette première étape peut se jouer un peu partout, il n’y a rien de simple ; à chaque fois qu’il y a un tournant dans la Manche, soit ça retasse la flotte, soit ça la fait exploser, on verra ce que ça donnera cette fois ».

Frédéric Duthil (Technique Voile) : « J’ai beau avoir fait dix Solitaires, on est toujours dans le même état de stress à la veille du départ. On aborde la première étape directement avec du vent, il y l’appréhension de la casse, il va falloir partir concentré et vigilant. Ça fait en plus pas mal de temps que je n’ai pas navigué sur le bateau, il me tarde de savoir où j’en suis, je ne suis pas sûr de ma vitesse à 100%, je veux me positionner dans la flotte, faire un constat de mon niveau réel, parce que je n’ai pas fait de courses d’avant-saison. J’ai envie d’accrocher le paquet de tête, de ne pas faire forcément d’options ».

Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) : « La pression monte petit à petit, on a une idée un peu plus claire de ce qui nous attend, au moins pour les trente premières heures de navigation, on sait que ça va être sportif, donc il y a forcément un peu d’appréhension, mais aussi de l’excitation, parce que c’est l’événement-phare de l’année, c’est la course où il faut perfer, on a envie d’y aller. L’objectif, c’est de ne pas tout perdre, un Top 10 dans un temps proche du premier serait une super étape ».

Alexis Loison (Custo Pol) : « Comme pour le parcours, où il y en avait pour tous les goûts avec du côtier et du large, il va y en avoir pour tous les goûts au niveau météo, avec un bon bord de bûcheron au portant pour rejoindre Owers, un long louvoyage avec pas mal d’options, une grosse période de pétole, avant de rependre du vent un peu plus établi à partir de Wolf Rock. Ça fait un an qu’on attend cette course et les conditions font qu’on a forcément un peu d’appréhension, l’objectif est de bien naviguer, d’être devant et au contact des autres ».

Pierre Leboucher (Guyot Environnement) : « Le bateau est prêt, moi aussi, la météo va être bien ventée sur le début, j’ai hâte d’être à demain. Je pense que cette étape va être super importante pour le classement général final, l’objectif est de ne pas prendre un plomb, de ne pas casser le matos ».

Alan Roberts (Seacat Services) : « On va chez moi, en Angleterre, on va avoir un peu de vent fort demain soir, mon objectif est de ne pas perdre trop de temps sur la tête de flotte et surtout de ne pas casser, on risque d’avoir des petites casses la première nuit dans du vent fort, c’est possible que des grands spis se déchirent, il faut éviter ça, après, on verra s’il y a des options à prendre, on a des routages qui nous envoient au nord ou au sud du DST ».

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