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La Course

Histoire

En 1970 s’est déroulée la première édition de La Solitaire; elle s’appelait alors la course de l’Aurore car elle était organisée par le journal du même nom. En 1980, Le Figaro rachète l’évènement qui porte maintenant son nom.

Ses fondateurs, Jean-Louis Guillemard et Jean-Michel Barrault ont souhaité créer une course en solitaire avec deux étapes et sans assistance ouverte aussi bien aux meilleurs professionnels qu’aux amateurs. Au fil des années, elle est devenue l’une des plus prestigieuses courses à la voile en France.

Au départ, tout type de bateaux participaient. Cependant, après 1980, la course est passée sur des prototypes Half Tonners dessinés à l’origine pour la course en équipage. En 1991, un nouveau cap est franchi avec l’arrivée du Figaro Bénéteau I, spécialement conçu par Jean-Marie Finot pour la course en solitaire. En 2003, un nouveau bateau, plus long et plus puissant est choisi, c’est le Figaro Bénéteau 2 encore en activité aujourd’hui.

La course prend, historiquement, toujours son départ de France avec un parcours total compris entre 1 500 et 2000 milles. Mais La Solitaire URGO Le Figaro fait escale chaque année dans des pays étrangers, en particulier l’Espagne, l’Irlande, la Grande-Bretagne.

Half-tonners – 1970 à 1990

1970
Ils sont douze au départ de Brest pour la première édition de la Course de l’Aurore, alors en deux étapes. C’est Joan de Kat, surnommé le « barbu excentrique », qui remporte la Course.

1971
Brest est à nouveau le point de départ des solitaires. Michel Malinovsky devance à l’arrivée au total des deux étapes, Pierre Bonnet, de plus d’une demi-heure.

1972
Les concurrents gagnent l’Angleterre pour la première fois, la course passant à trois étapes. C’est un ancien plongeur de combat qui s’impose : Jean-Marie Vidal.

1973
La course, qui compte à présent trois étapes, voit la victoire totale de Gilles Le Baud alors qu’une tempête a décimé les trois quarts de la flotte. Ils ne sont en effet que quatre classés à l’arrivée à Pornic !

1974
L’Irlande accueille pour la première fois la course. Le parisien Eugène Riguidel, celui que l’on appelle le « marin du dimanche », gagne cette cinquième édition sans remporter d’étape.

1975
Guy Cornou, marin de commerce, gagne les deux premières étapes avec cinq et huit heures d’avance. La dernière est enlevée par la seule femme qui a réussi cet exploit, l’Anglaise Clare Francis.

1976
Quatre étapes sont au programme. Guy Cornou, se jouant de la superstition, embarque en Irlande un lapin à son bord. Alors qu’il avait remporté les deux premiers parcours, il drosse son bateau sur les Cardinaux mais réussit, la coque percée, à franchir la ligne d’arrivée en triomphateur.

1977
Malinovsky enlève deux manches mais, englué dans la pétole comme l’ensemble de la flotte, il reste les bras ballants devant l’envolée de Gilles Gahinet. La VHF offre aux coureurs le moyen de prendre leur mal en patience.

1978
La mer d’Irlande impose ses furies. Quatre skippers sont manquants à l’arrivée à Kinsale. S’il n’y a pas de disparu, Pierre Saint-Jalm est hélitreuillé depuis le cap Lizard alors que son bateau est sur les cailloux. Gilles Le Baud double la mise au palmarès.

1979
L’ouragan qui touche dramatiquement l’épreuve du Fastnet, avec quinze morts, décourage pratiquement l’ensemble des concurrents de cette dernière Course de l’Aurore. Pierre Follenfant, dont le bateau a sombré, est miraculeusement sauvé par Olivier Moussy qui aperçoit au sommet d’une vague sa lampe torche. Patrick Eliès gagne avec quatorze heures d’avance.

1980
La Solitaire du Figaro est amputée d’une étape après un mouvement des marins pêcheurs. Gilles Gahinet, sur un prototype révolutionnaire, l’emporte pour la deuxième fois. Alain Gautier, futur vainqueur, a obtenu une dérogation spéciale pour participer, car il est encore mineur.

1981
Sylvain Rosier gagne cette Solitaire ventée. La bataille est superbe sur la troisième étape entre les Fountaine, Caradec et Gahinet qui l’emporte malgré une sciatique, signe précurseur de la maladie qui l’emportera trois ans plus tard.

1982
La Solitaire du Figaro attire de plus en plus de passionnés. La plupart, sponsorisés, sont professionnels, naviguant sur des prototypes de plus en plus pointus et bénéficiant d’une assistance à terre. Philippe Poupon remporte son premier titre face à Damien Savatier et Lionel Péan.

1983
Lionel Péan enlève les trois dernières étapes, Alain Gautier s’étant adjugé la première en Irlande. Mabire et Moussy sont des miraculés : tombés à l’eau dans le golfe de Gascogne, ils ont tous les deux réussi à remonter à bord de leur bateau.

1984
Poupon absent après sa victoire de la Transat Anglaise, de jeunes loups imposent leur rythme. Christophe Cudennec, âgé de 24 ans, gagne alors qu’il n’est qu’à sa deuxième participation. Gilles Gahinet, éreinté par la maladie, participe malgré tout à sa onzième Solitaire.

1985
Une bagarre de titans. Alors que Luc Berthillier, porté disparu pendant cinq jours, est récupéré dérivant dans son radeau de survie par un chalutier espagnol, Jean Le Cam et Philippe Poupon se battent à couteaux tirés. Le « Roi Jean » s’assoupit une heure lors de la troisième étape et voit son adversaire s’envoler vers la victoire. Il se consolera avec le gain de la dernière manche.

1986
Pour la dix-septième édition, le vent est aux abonnés absents. Les journées interminables à la barre consacrent le futur vainqueur du troisième Vendée Globe, le Granvillais Christophe Auguin, qui remporte les deux dernières étapes.

1987
Il avait gagné quinze ans plus tôt. Jean-Marie Vidal, ancien parachutiste et nageur de combat, alors responsable d’une école de voile en Camargue, récidive.

1988
Alain Gautier domine l’épreuve sur les trois premiers tracés. Malheureusement, scotché dans une bulle sans vent, il assiste au hold-up du bizuth Laurent Bourgnon, qui s’offre la victoire pour son unique participation à La Solitaire.

1989
Pour sa dixième tentative, Alain Gautier décroche la timbale. Comme l’année précédente, il domine son sujet lorsque sur la dernière étape, coincé dans un casier, il est obligé de plonger pour se dégager. Il perd la dernière manche mais gagne la course avec 27 minutes d’avance.

1990
Les half-tonners vivent leur ultime Solitaire. Le Figaro Solo des chantiers Bénéteau fait son apparition et impose le respect en dominant la course. Yves Parlier et Michel Desjoyeaux montrent déjà le bout de leur nez. Laurent Cordelle s’offre une belle victoire.

Figaro solo de 1991 à 2002

1991
Bizuth l’année précédente, Yves Parlier, celui que Lionel Péan appelle « l’extra-terrestre » atomise ses concurrents en remportant trois étapes sur quatre en mettant en pratique toutes ses qualités basées sur l’analyse intuitive.

1992
Une renverse de marée à Kinsale décide de tout dès la première étape. Seulement cinq concurrents sur les quarante-six au départ jouent pour la gagne. À l’issue d’un sprint à couper le souffle, Michel Desjoyeaux empoche son premier succès devant Jean Le Cam, celui que l’on appellera après sa victoire deux ans plus tard le « Roi Jean ».

1993
Alors qu’il en est à sa dixième participation, Jean Le Cam espère avoir course gagnée après trois victoires d’étape. Mais un mauvais choix au départ de Kinsale lui enlève ses illusions. Dominic Vittet empoche le titre avec 2 heures et 29 minutes d’avance sans avoir enlevé un seul parcours.

1994
Le « Roi Jean » enfin ! C’est au bout de la souffrance que le Breton gagne son premier titre. Jean Le Cam, aidé par un vent jusque-là absent, passe la ligne vendéenne pour remporter d’un souffle la course qu’il désirait tant.

1995
Philippe Vicariot, amateur passionné, crée la surprise sur la première étape en prenant une heure d’avance. Jusqu’au bout il pense détenir les clés de son paradis. Hélas pour lui, Philippe Poupon, sans gagner une étape, inscrit à son palmarès un troisième triomphe et l’emporte avec 8 minutes d’avance

1996
C’est l’année d’un autre miracle sur La Solitaire. Tombé à l’eau lors de la deuxième étape, Alain Gautier dérive accroché à une planche. Il doit son salut à Nicolas Bérenger passant devant lui quelques longues minutes plus tard. Jean Le Cam s’adjuge la donne pour la seconde fois.

1997
Pour sa deuxième participation, l’ancien « Skipper Elf », le sudiste Franck Cammas, s’offre la première étape. Par la suite, il gère son avance et laisse les autres parcours à Thiercelin, Gautier et Jourdain. Une légende est née.

1998
Encore une première étape qui fait des dégâts. Cinq prétendants à la victoire vont se tirer la bourre. Michel Desjoyeaux, surnommé « le professeur », car peu avare de conseils auprès des jeunes de la Classe Figaro Bénéteau, remporte un deuxième succès avec panache, maturité et simplicité.

1999
Un parcours étriqué avec une première étape vers Brest en partant de… Brest, via une bouée en Angleterre. Jean Le Cam s’offre un troisième succès et rejoint Philippe Poupon au palmarès du plus grand nombre de victoires.

2000
Une course particulière avec une arrivée sur Saint-Nazaire qui a déjà scellé les débats. Le bizuth Armel Le Cléac’h a failli créer la surprise, mais c’est le Basque Pascal Bidegorry qui l’emporte pour sa sixième participation.

2001
Sur le plus long parcours de tous les temps, malheureusement amputé d’une manche alors qu’un fort coup de vent balaye le sud de l’Irlande, Eric Drouglazet en cador et pour sa neuvième participation écrase ses poursuivants en arrivant sur ses terres natales où le triomphe d’un Basco-Breton est fêté comme il se doit.

2002
Quatre vainqueurs différents aux étapes et un Méditérrannéen sur la plus haute marche du podium. Kito de Pavant fait un beau vainqueur. Sa gentillesse et son sens marin en font un exemple de ce sport de haut niveau.

Figaro Bénéteau 2

2003
Avec l’avènement du Figaro Bénéteau 2, nombre d’anciens ténors du circuit reviennent sur la course. Alain Gautier et Lionel Péan s’offrent une victoire d’étape, le dénouement final est digne d’une dramaturgie. Armel Le Cléac’h s’offre La Solitaire Afflelou Le Figaro en coiffant Alain Gautier avec le plus petit écart enregistré depuis la création de l’épreuve : 13 secondes pour l’éternité.

2004
La 35e édition est un jeu de chat et de souris entre deux skippers : Yann Eliès (deux victoires d’étapes) et Charles Caudrelier (une victoire d’étape). Deux navigateurs tenaces, qui s’imposent face à leurs cinquante concurrents. À Quiberon, Charles Caudrelier est le grand vainqueur avec 52 minutes et 35 secondes d’avance sur le second.

2005
La 36e Solitaire Afflelou Le Figaro consacre Jérémie Beyou, Michel Desjoyeaux et Kito de Pavant. L’obstiné Jérémie Beyou se propulse dans la lumière des grands. Gildas Morvan, Pietro D’Ali, Laurent Pellecuer, vainqueurs d’étape et tous un temps leaders, ont eux aussi marqué cette édition ventée. Eole n’a pas quitté la flotte pour imprimer un rythme soutenu de la Manche au Golfe de Gascogne en passant par la mer Celtique.

2006
Cette 37e Solitaire Afflelou Le Figaro restera l’édition de tous les records. Écarts historiques, météo capricieuse, les nerfs des quarante-quatre concurrents ont été mis à rude épreuve. Dans ces conditions, Nicolas Troussel et Thierry Chabagny remportent le jackpot sur la deuxième étape en s’octroyant près de 4 heures sur Armel Le Cléac’h et jusqu’à 16 heures sur le reste de la flotte. Gildas Morvan, l’un des ténors de la classe, s’octroie quand à lui la 1ère étape. Nicolas Troussel remporte cette Solitaire.

2007
Des conditions météo dantesques et 50 navigateurs prêts à tout pour accrocher leur nom à ce célèbre palmarès. Le plus grand fut incontestablement Michel Desjoyeaux qui en remportant sa troisième Solitaire, est entré dans la légende. Et pourtant la concurrence était rude ! Les jeunes loups de la classe ont étonné par leurs talents et leur volonté. à commencer par Frédéric Duthil, en remportant le Prologue et deux étapes, il monte sur la 2e marche du podium, suivit de près par Corentin Douguet qui s’offre la 3e place après seulement deux participations.

2008
Météo capricieuse et réduction de parcours pour cette édition 2008. Nicolas Troussel s’adjuge le général après avoir remporté haut la main la première étape avec 5 heures 36 minutes d’avance sur son dauphin Chritian Bos. Ce fut sans compter sur le talent de Gildas Morvan et la tenacité de Frédéric Duthil qui complète le podium de cette Solitaire en trois étapes.

2009
Cinquante-deux marins au départ, cinquante-deux à l’arrivée. Aucun abandon. De jeunes talents qui se révèlent, des stars de la voile qui ont fait honneur à leur rang, de belles histoires, un podium magnifique, des bizuths enthousiastes et surtout un suspense insoutenable qui a tenu jusqu’aux derniers milles de la dernière ligne d’arrivée. La 40e édition a tenu ses promesses avec la belle victoire du jeune Nicolas Lunven devant Yann Eliès qui a réalisé un incroyable retour en Figaro et Frédéric Duthil qui monte sur le podium pour la troisième année consécutive !

2010
La 41e édition de La Solitaire du Figaro réunissait un plateau très prometteur : quarante-cinq concurrents dont huit bizuths et cinq étrangers. Tous les ingrédients étaient réunis pour que cette Solitaire 2010 soit une belle réussite avec un parcours typique de 1717 milles nautiques. Ce que l’on retiendra de cette édition 2010 c’est avant tout l’incroyable domination d’un Armel Le Cléac’h solide comme un roc, qui, en remportant trois des quatre étapes, s’offre sa deuxième sur l’épreuve qu’il avait déjà gagné en 2003 !

2011
Jérémie Beyou, comme Armel Le Cléac’h l’année précédente, remporte sa deuxième Solitaire en signant trois victoires d’étapes.

2012
Mercredi 11 juillet à 09h18, dans la grande rade de Cherbourg, Yann Eliès est sacré vainqueur de La Solitaire. Sa toute première victoire pour sa treizième participation ! Une victoire acquise avec le style et la manière.

2013
Yann Eliès annonce au départ de cette 44e édition à Bordeaux : « Mon objectif, c’est vraiment le doublé, essayer de faire quelque chose qui n’a jamais été réalisé ». Alors qu’il est à deux doigts de faire demi-tour suite à une rupture d’étai lors de la troisième étape, il remporte deux étapes sur quatre et arrive en grand vainqueur à Dieppe. En évoquant le célèbre dicton « Jamais deux sans trois » à l’arrivée, Yann Eliés confirme sa volonté de participer en 2014

2014
Jusqu’au raz Blanchard à 20 milles de l’arrivée finale, l’issue de cette 45e édition de La Solitaire est incertaine : Jérémie Beyou a les atouts en main mais de jeunes loups restent embusqués à quelques encablures, prêts à bondir à la moindre incartade du leader… Au fil des quatre étapes sacrant quatre vainqueurs à chaque escale, le déroulé de la course a mis sur la touche plusieurs des grands prétendants à la victoire !

2015
Intense, imprévisible, douloureuse, inoubliable : une vraie Solitaire ! Au terme de quatre étapes, 1661 milles parcourus, les trente-neuf skippers ont vécu leur lot d’aventure, et c’est Yann Eliès qui remporte sa troisième Solitaire, rejoignant le club restreint des triples vainqueurs : Jérémie Beyou, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam et Philippe Poupon.

2016
Une édition mémorable par ses quatre étapes compliquées en terme de parcours, mais aussi par sa météo des plus variée, et par le talent qu’a démontré une poignée de marins aux avant-postes. Yoann Richomme, confiant, en pleine forme, a su réunir tous ses talents pour l’emporter. Il arrache la victoire 5 minutes et 5 secondes seulement devant Charlie Dalin.

2017
Une 48e édition qui restera probablement dans les annales de la course au large en solitaire. Et un vainqueur méritant. Nicolas Lunven dès la première étape entre Bordeaux et Gijon démontre un savoir-faire, une expérience et une aisance à mener sa monture dans la grosse brise. 50 à 55 nœuds sur le plateau de Rochebonne, une grosse mer, des avaries multiples et au final une première place juste devant Adrien Hardy pour le bateau rouge et son skipper Morbihannais. Une toute première victoire d’étape pour Nicolas Lunven après huit participations à La Solitaire !

2018
Une édition de toutes les surprises qui n’aura épargné personne, en particulier les plus affutés des concurrents, avec une première étape aux conditions météo éprouvantes et une dernière boucle de 24h qui aura su maintenir le suspense. Deux victoires d’étapes pour Anthony Marchand qui ne font que mettre en valeur la grande victoire de Sébastien Simon qui aura su maintenir l’ascendant psychologique sur ses adversaires tout au long de l’épreuve.

Edition 2019

Etape 1

Nantes - Kinsale





Etape 2

Kinsale - Baie de Morlaix





Etape 3

Baie de Morlaix - Baie de Morlaix






Etape 4

Baie de Morlaix - Dieppe






Le Bateau

fb3 plan

LE FIGARO BÉNÉTEAU 3

Longueur coque Hull length : 9.75 m
Longueur flottaison Waterline length : 9 m
Largeur max Max beam : 3,47 m
Tirant d’eau Deep : 2,5 m
Déplacement lège Light displacement : 2 900 kg

SURFACES DE VOILES SAIL AREA
Grand voile Mainsail :
39,5 m²
Genois Genoa : 30,5 m²
Solent Solent : 24m²
Grand spi asymétrique Large spinnaker area : 105 m²
Spi asy capelage Large top rigging spinnaker area : 78 m²
Gennak code 5 Gennak code 5 : 65 m²
Mat Mast : 13,76 m